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Pour l'inventeur du web, forcer les géants du numérique à payer les médias pour relayer leurs articles, comme voulu par l'Australie, est irréalisable
Sans saper un principe fondamental d'Internet

Le , par Patrick Ruiz

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6  0 
L’Australie pourrait dès cette année être le premier pays au monde à forcer les géants du numérique à rémunérer les éditeurs de presse pour relayer leurs articles. La France est sur une lancée similaire dans le cadre du « droit voisin » qui impose à l’ensemble des plateformes, réseaux sociaux et autres sites internet de verser une rémunération aux médias dont ils utilisent les articles desquels ils tirent des revenus. L’inventeur du web, Tim Berners-Lee, est d’avis que cela relève de l’irréalisable sans saper un principe fondamental d’Internet.

C’est son avis dans le cadre d’une enquête du Sénat australien en lien avec l’initiative qui est en train de déboucher sur un code de conduite. D’un point de vue technique, portent sur l’un des éléments clés du web : les liens hypertextes.

« Sur le web, le partage de contenu repose sur la capacité des utilisateurs à faire deux choses : créer du contenu, généralement du texte mais aussi d'autres médias ; et faire des liens dans ce contenu vers d'autres parties du web. Ceci est conforme au discours humain en général, dans lequel il existe un droit, et souvent un devoir, de faire des références. Un article académique est nécessaire pour énumérer les références à d'autres articles qui sont liés. Un journaliste est normalement tenu de faire référence à leurs sources. Le discours des blogueurs implique des liens d'un blog à l'autre. La valeur du blog réside à la fois dans le texte et dans les liens soigneusement choisis.

Avant que les moteurs de recherche ne soient effectifs sur le web, suivre les liens d'une page à l'autre était le seul moyen de trouver du contenu. Les moteurs de recherche rendent ce processus beaucoup plus efficace, mais ils ne peuvent le faire qu'en utilisant la structure des liens du web comme principale entrée. Les liens sont donc fondamentaux pour le web.

D'après ce que je comprends, le code proposé vise à exiger de certaines plateformes numériques qu'elles doivent négocier et éventuellement payer pour établir des liens vers des contenus d'actualité provenant d'un groupe particulier de fournisseurs d'informations.

Le fait d'exiger une redevance pour un lien sur le web bloque un aspect important de la valeur du contenu web. À ma connaissance, il n'existe actuellement aucun exemple d'exigence légale de paiement pour les liens vers d'autres contenus. La possibilité d'établir des liens librement - c'est-à-dire sans limitations concernant le contenu du site lié et sans frais - est fondamentale pour le fonctionnement du web, son essor jusqu'à présent et sa croissance future dans les décennies à venir.

Comme beaucoup d'autres, je soutiens le droit des éditeurs et des créateurs de contenu à être correctement récompensés pour leur travail. C'est sans aucun doute une question qui doit être abordée, tant en Australie que dans le monde entier. Cependant, je suis fermement convaincu que les contraintes sur l'utilisation des liens hypertextes ne sont pas la bonne façon d'atteindre cet objectif. Cela porterait atteinte au principe fondamental de la possibilité de créer librement des liens sur le web, et est incompatible avec la façon dont le web a pu fonctionner au cours des trois dernières décennies. Si ce précédent était suivi ailleurs, il pourrait rendre le web inutilisable dans le monde entier. Je demande donc respectueusement à la commission de supprimer ce mécanisme du code de conduite en gestation », indique-t-il.

En d’autres termes, le fait pour des pays comme l’Australie ou la France de forcer les géants du numérique à rémunérer les éditeurs de presse pour relayer leurs articles est irréalisable sans saper un principe fondamental d’Internet.

La sortie de Tim Berners-Lee fait suite à celle de Mel Sylva de Google sur la question : « Cette disposition du code de conduite en cours de gestation créerait un précédent intenable pour notre entreprise et l'économie numérique. Elle n'est pas compatible avec le fonctionnement des moteurs de recherche ou d'Internet. Google n’est seul à penser ainsi. Le principe de la liberté d'établir des liens entre les sites web est fondamental pour les moteurs de recherche. Combiné au risque financier et opérationnel ingérable si cette version du code devenait une loi, cela ne nous donnerait pas vraiment d'autre choix que de cesser de rendre Google Search disponible en Australie. »

Fait notable de l’intervention de Tim Berners-Lee : elle ne fait pas mention des snippets – une technique plus récente qui double un lien d’une reprise, d’un extrait ou de tout autre élément de nature à expliciter le contenu du lien. Il apparaît qu’une bonne partie des internautes se contente de cette information, sans éprouver le besoin d’aller cliquer sur le lien et donc de visiter le site, qui par la suite ne peut monétiser ses contenus sous forme d’abonnement ou de publicité.


Les snippets sont l’un des points d’achoppement les plus importants de Google avec les autorités tant de la France que de l’Australie. En effet, Google a menacé de bloquer son moteur de recherche en Australie s’il est obligé de payer pour les extraits d’actualité lisibles au travers de ces derniers. En France, le géant de la technologie a cherché à éviter de payer les éditeurs pour la réutilisation de bribes de contenu dans ses produits d'agrégation de nouvelles et de recherche en ne les affichant plus dans le pays. En avril 2020, l’Autorité française lui a donc porté plainte pour abus de position dominante et obtenu gain de cause en octobre dernier. Ces tractations ont débouché sur un accord relatif à l’utilisation des publications de presse (via les snippets) avec l’Alliance de la presse d’information générale (APIG).


Cet accord fixe les principes selon lesquels Google négociera des accords individuels de licence avec les membres de l’Alliance dont les publications sont reconnues « d'Information Politique et Générale », ce, tout en reflétant les principes fixés par la loi. Ces accords individuels de licence couvriront les droits voisins et ouvriront l’accès à News Showcase – un nouveau programme de licence de publications de presse lancé récemment par Google, qui permettra aux lecteurs d’accéder à un contenu enrichi.

La rémunération prévue dans les accords de licence entre chaque éditeur de presse et Google est basée sur des critères tels que, par exemple, la contribution à l'information politique et générale, le volume quotidien de publications ou encore l’audience Internet mensuelle.

Pierre Louette, PDG du Groupe Les Echos - Le Parisien et, Président de l’Alliance de la Presse d’Information Générale, déclare : « Après de longs mois de négociations, cet accord est une étape importante, qui marque la reconnaissance effective du droit voisin des éditeurs de presse et le début de leur rémunération par les plateformes numériques pour l’utilisation de leurs publications en ligne ».

Sébastien Missoffe, Directeur Général de Google France déclare : « Cet accord est une étape majeure pour Google. Il confirme notre engagement auprès des éditeurs de presse dans le cadre de la loi française sur le droit voisin. Il ouvre de nouvelles perspectives pour nos partenaires, et nous sommes heureux de contribuer à leur développement à l’ère du numérique et soutenir le journalisme. »

Source : Sir Tim Berners-Lee

Et vous ?

Partagez-vous l'avis de Tim Berners-Lee ?
Reste-t-il extensible au cas des snippets ? Qui de lui ou des régulateurs qui demandent aux géants technologiques de payer pour l'affichage des extraits de publications a raison ?

Voir aussi :

Droit voisin : L’Autorité de la concurrence donne raison aux éditeurs de presse et enjoint ainsi à Google de lancer des négociations, sur la rémunération de la reprise des contenus protégés
Droit voisin : la presse française s’attaque à Google devant l’Autorité à la concurrence, espérant forcer le moteur de recherche à proposer une offre tarifaire pour la reprise des contenus
La position de Google sur la rémunération des éditeurs de presse pour l’affichage d’extrait n’est « ;pas acceptable ;», selon le ministre de la Culture
Les moteurs de recherche devraient-ils rémunérer les éditeurs de presse pour afficher leurs articles ;? Un projet adopté par les ambassadeurs de l’UE
Google News ferme en Espagne, les éditeurs inquiets, le gouvernement temporise

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Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 03/02/2021 à 20:11
Microsoft soutient le projet de loi de l'Australie qui vise à forcer Google à payer les médias pour relayer leurs articles
Bing pourrait ainsi y remplacer Google search

L’Australie pourrait dès cette année être le premier pays au monde à forcer les géants du numérique à rémunérer les éditeurs de presse pour relayer leurs articles. La France est sur une lancée similaire dans le cadre du « droit voisin » qui impose à l’ensemble des plateformes, réseaux sociaux et autres sites internet de verser une rémunération aux médias dont ils utilisent les articles desquels ils tirent des revenus. Microsoft soutient la loi australienne y relative en cours de gestation. L’enjeu : positionner son moteur de recherche Bing en lieu et place de Google search en Australie.

La Commission australienne de la concurrence a publié un projet de code obligatoire qui va définir un cadre qui permettra « aux entreprises de médias d’information de négocier individuellement ou collectivement avec Google et Facebook sur le paiement de l’inclusion de contenus » sur leur plateforme respective. Dans ce projet de loi, il est stipulé que « si les entreprises de presse et les plateformes numériques ne peuvent pas conclure un accord dans le cadre d’un processus formel de négociation et de médiation de trois mois, un arbitre indépendant choisirait alors l’offre finale des deux parties la plus raisonnable dans un délai de 45 jours ouvrables. » « Des accords de paiement pourraient être conclus dans les six mois suivant l’entrée en vigueur du code si un arbitrage est nécessaire », ajoute-t-elle.

Le 22 janvier, Google a déclaré qu'il bloquerait son moteur de recherche en Australie si le gouvernement venait à valider son projet de loi qui l'obligerait, ainsi que Facebook, à payer les entreprises de médias pour le droit de relayer leurs articles. Y faisant suite, Microsoft a manifesté son intérêt pour l'opportunité de marché qu'offrirait la sortie de Google. Le PDG de Microsoft a pris contact avec le Premier ministre australien pour des échanges y relatifs. L’entreprise se positionne même en soutien de la loi australienne en cours de gestation. « Bien que Microsoft ne soit pas soumis à la législation en cours de gestation, nous serions prêts à respecter ces règles si le gouvernement nous désignait », indique le géant technologique.

En France, le géant de la technologie a cherché à éviter de payer les éditeurs pour la réutilisation de bribes de contenu dans ses produits d'agrégation de nouvelles et de recherche en ne les affichant plus dans le pays. En avril 2020, l’Autorité française lui a donc porté plainte pour abus de position dominante et obtenu gain de cause en octobre dernier. Ces tractations ont débouché sur un accord relatif à l’utilisation des publications de presse (via les snippets) avec l’Alliance de la presse d’information générale (APIG).

Cet accord fixe les principes selon lesquels Google négociera des accords individuels de licence avec les membres de l’Alliance dont les publications sont reconnues « d'Information Politique et Générale », ce, tout en reflétant les principes fixés par la loi. Ces accords individuels de licence couvriront les droits voisins et ouvriront l’accès à News Showcase – un nouveau programme de licence de publications de presse lancé récemment par Google, qui permettra aux lecteurs d’accéder à un contenu enrichi. La rémunération prévue dans les accords de licence entre chaque éditeur de presse et Google est basée sur des critères tels que, par exemple, la contribution à l'information politique et générale, le volume quotidien de publications ou encore l’audience Internet mensuelle.


L’avis de l’inventeur du web - Tim Berners-Lee - sur la question :

Sur le web, le partage de contenu repose sur la capacité des utilisateurs à faire deux choses : créer du contenu, généralement du texte, mais aussi d'autres médias ; et faire des liens dans ce contenu vers d'autres parties du web. Ceci est conforme au discours humain en général, dans lequel il existe un droit, et souvent un devoir, de faire des références. Un article académique est nécessaire pour énumérer les références à d'autres articles qui sont liés. Un journaliste est normalement tenu de faire référence à leurs sources. Le discours des blogueurs implique des liens d'un blog à l'autre. La valeur du blog réside à la fois dans le texte et dans les liens soigneusement choisis.

Avant que les moteurs de recherche ne soient effectifs sur le web, suivre les liens d'une page à l'autre était le seul moyen de trouver du contenu. Les moteurs de recherche rendent ce processus beaucoup plus efficace, mais ils ne peuvent le faire qu'en utilisant la structure des liens du web comme principale entrée. Les liens sont donc fondamentaux pour le web.

D'après ce que je comprends, le code proposé vise à exiger de certaines plateformes numériques qu'elles doivent négocier et éventuellement payer pour établir des liens vers des contenus d'actualité provenant d'un groupe particulier de fournisseurs d'informations.

Le fait d'exiger une redevance pour un lien sur le web bloque un aspect important de la valeur du contenu web. À ma connaissance, il n'existe actuellement aucun exemple d'exigence légale de paiement pour les liens vers d'autres contenus. La possibilité d'établir des liens librement - c'est-à-dire sans limitations concernant le contenu du site lié et sans frais - est fondamentale pour le fonctionnement du web, son essor jusqu'à présent et sa croissance future dans les décennies à venir.

Comme beaucoup d'autres, je soutiens le droit des éditeurs et des créateurs de contenu à être correctement récompensés pour leur travail. C'est sans aucun doute une question qui doit être abordée, tant en Australie que dans le monde entier. Cependant, je suis fermement convaincu que les contraintes sur l'utilisation des liens hypertextes ne sont pas la bonne façon d'atteindre cet objectif. Cela porterait atteinte au principe fondamental de la possibilité de créer librement des liens sur le web, et est incompatible avec la façon dont le web a pu fonctionner au cours des trois dernières décennies. Si ce précédent était suivi ailleurs, il pourrait rendre le web inutilisable dans le monde entier. Je demande donc respectueusement à la commission de supprimer ce mécanisme du code de conduite en gestation.

Source : Microsoft

Et vous ?

Que pensez-vous de l’approche Microsoft sur cette question ?
Voyez-vous Google abandonner le marché australien ?

Voir aussi :

Droit voisin : L’Autorité de la concurrence donne raison aux éditeurs de presse et enjoint ainsi à Google de lancer des négociations, sur la rémunération de la reprise des contenus protégés
Droit voisin : la presse française s’attaque à Google devant l’Autorité à la concurrence, espérant forcer le moteur de recherche à proposer une offre tarifaire pour la reprise des contenus
La position de Google sur la rémunération des éditeurs de presse pour l’affichage d’extrait n’est « ;pas acceptable ;», selon le ministre de la Culture
Les moteurs de recherche devraient-ils rémunérer les éditeurs de presse pour afficher leurs articles ;? Un projet adopté par les ambassadeurs de l’UE
Google News ferme en Espagne, les éditeurs inquiets, le gouvernement temporise
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Avatar de Nancy Rey
Chroniqueuse Actualités https://www.developpez.com
Le 01/02/2021 à 18:44
« Bing de Microsoft pourrait remplacer Google search », affirme le Premier ministre australien,
si Google met à exécution sa menace de retirer son moteur de recherche d'Australie

L’Australie pourrait dès cette année être le premier pays au monde à forcer les géants du numérique à rémunérer les éditeurs de presse pour relayer leurs articles. L’année dernière, le gouvernement australien, à travers la Commission australienne de la concurrence et des consommateurs (ACCC), a annoncé qu’il allait contraindre Facebook et Google à payer une rémunération aux groupes de presse du pays pour les contenus qui sont relayés sur leurs plateformes. Google a menacé de se retirer d'Australie en raison de cette nouvelle réglementation. Le Premier ministre australien, Scott Morisson, affirme que Bing pourrait remplacer Google. Le Premier ministre australien déclare que Microsoft est confiant de pouvoir combler le vide si Google met à exécution sa menace de retirer son moteur de recherche d'Australie

En effet, la Commission australienne de la concurrence a publié un projet de code obligatoire qui va définir un cadre qui permettra « aux entreprises de médias d’information de négocier individuellement ou collectivement avec Google et Facebook sur le paiement de l’inclusion de contenus » sur leur plateforme respective. Dans ce projet de loi, il est stipulé que « si les entreprises de presse et les plateformes numériques ne peuvent pas conclure un accord dans le cadre d’un processus formel de négociation et de médiation de trois mois, un arbitre indépendant choisirait alors l’offre finale des deux parties la plus raisonnable dans un délai de 45 jours ouvrables ». « Des accords de paiement pourraient être conclus dans les six mois suivant l’entrée en vigueur du code si un arbitrage est nécessaire », souligne la Commission australienne de la concurrence australienne.


Les élus planchent pour une application cette année, l’Australie deviendrait ainsi le premier pays à obliger Google et Facebook à payer les éditeurs pour les contenus dès qu'ils sont affichés sur leurs vitrines en ligne. En outre, si le projet de code ne s’applique qu’à Google et Facebook pour l’instant, d’autres plateformes numériques pourraient être ajoutées si elles atteignent à l’avenir un déséquilibre du pouvoir de négociation avec les entreprises de médias d’information australiennes.

Pour mieux comprendre les motivations du gouvernement australien, il faut savoir que depuis 2018, l’ACCC a publié un rapport sur la santé du marché de la presse et la puissance des plateformes numériques américaines. Dans son rapport, ACCC déclare avoir identifié un déséquilibre fondamental du pouvoir de négociation entre les entreprises de médias d’information australiennes et Google et Facebook. Comme recommandations, le régulateur australien a préconisé l’introduction de codes de conduite pour réguler les rapports de force inégale entre les deux partis. Le 12 décembre 2019, le gouvernement australien a demandé à l’ACCC de travailler avec Google et Facebook et les entreprises des médias d’information pour mettre en œuvre des codes de conduite volontaires. Les discussions n’ayant pas abouti, le gouvernement australien a demandé le 20 avril dernier à l’ACCC d’élaborer un code de conduite obligatoire, avec un projet de code pour consultation publique avant la fin de juillet 2020, ainsi qu’un code final à définir peu après. C’est ce projet de code qui a été mis à la disposition du public.

Google a déclaré vendredi le 22 janvier qu'il bloquerait son moteur de recherche en Australie si le gouvernement venait à valider son projet de loi qui l'obligerait, ainsi que Facebook, à payer les entreprises de médias pour le droit d'utiliser leur contenu. La menace de Google fait monter d'un cran la tension dans la bataille contre des éditeurs tels que News Corp, bataille qui est étroitement surveillée à l'international. La grande enseigne de la recherche avait averti que ses 19 millions d'utilisateurs australiens seraient confrontés à des expériences de recherche et de YouTube dégradées si le nouveau code était appliqué.

« Associé au risque financier et opérationnel ingérable si cette version du Code devenait loi, cela ne nous donnerait pas d'autre choix que d'arrêter de rendre Google Search disponible en Australie », a déclaré Mel Silva, directeur général de Google pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande, devant un comité sénatorial. Silva n'a fait aucune mention de YouTube dans les remarques préparées, car le service vidéo devrait être exempté en raison des révisions du code le mois dernier. Google a qualifié le code de trop large et a déclaré que sans révisions, offrir même un outil de recherche limité serait trop risqué. La société ne divulgue pas les ventes en Australie, mais les annonces de recherche sont son principal contributeur aux revenus et aux bénéfices à l'échelle mondiale.

La menace de Google de limiter ses services en Australie est intervenue quelques heures seulement après que le géant de l'internet a conclu un accord de paiement de contenu avec certains éditeurs de presse français dans le cadre d'une action de 1 milliard de dollars sur trois ans pour soutenir les éditeurs. Cette menace est la dernière en date d'une prise de bec entre le gouvernement australien et Google, le premier essayant de forcer le géant de la recherche à payer pour afficher des nouvelles locales dans ses résultats. Le ministre des Communications, Paul Fletcher, est intervenu pour dire que Microsoft est « très intéressé » par l'opportunité de marché qu'offrirait la sortie de Google. « Le PDG de Microsoft a pris contact avec le Premier ministre et lui a proposé une réunion, accompagné de cadres supérieurs. J'ai pu me joindre à cette réunion, et nous avons eu une discussion très instructive sur l'intérêt de Microsoft pour le marché australien », a-t-il déclaré.


Le Premier ministre australien a déclaré lundi que Microsoft est confiant de pouvoir combler le vide si Google met à exécution sa menace de retirer son moteur de recherche d'Australie. Le Premier ministre Scott Morrison a déclaré qu'il s'était entretenu avec le PDG de Microsoft, Satya Nadella, au sujet de son moteur de recherche, Bing, qui remplirait l'espace. « Je peux vous dire, Microsoft est assez confiant. Ce sont de grandes entreprises technologiques et ce qui est important pour l'Australie, je pense, c'est que nous fixions les règles qui sont bonnes pour notre peuple, les Australiens ne seraient pas plus mal lotis », a déclaré Morrison. « Le fait d'avoir dans ce pays un environnement de l'information qui soit durable et soutenu commercialement est vital pour le fonctionnement des démocraties », a-t-il ajouté.

Une déclaration de Microsoft a confirmé que la réunion en ligne avait eu lieu la semaine dernière, mais n'a donné aucun détail sur la conversation. « Nous reconnaissons l'importance d'un secteur des médias dynamique et d'un journalisme d'intérêt public dans une démocratie et nous sommes conscients des défis auxquels le secteur des médias est confronté depuis de nombreuses années en raison de l'évolution des modèles commerciaux et des préférences des consommateurs… En ce qui concerne la controverse actuelle sur un éventuel code de conduite régissant Google et Facebook, Microsoft n'est pas directement impliqué et nous ne voudrions pas commenter ce processus en cours impliquant l'ACCC et ces sociétés », a déclaré Microsoft.

Google a subi des pressions de la part des autorités d'autres pays pour payer les informations. Le mois dernier, la société a signé un accord avec un groupe d'éditeurs français, ouvrant la voie au paiement des droits d'auteur numériques. Dans le cadre de cet accord, Google négociera des accords de licence individuels avec les journaux, les paiements étant basés sur des facteurs tels que le montant publié quotidiennement et le trafic mensuel du site internet.

Mais Google résiste au plan australien, car il aurait moins de contrôle sur le montant à payer. Selon le système australien, si une plateforme en ligne et une entreprise de presse ne parviennent pas à s'entendre sur le prix des informations, un groupe d'arbitrage prendra une décision contraignante sur le paiement. Morrison a déclaré qu'il aimerait voir « plus d'alignement entre les économies mondiales » sur ces questions de politique antitrust et de concurrence.

Source : Prime Minister Scott Morrison

Et vous ?

Quels commentaires faites-vous de cette situation ?
À votre avis Google mettra-t-il ses menaces exécution ?

Voir aussi :

Droit voisin : L’Autorité de la concurrence donne raison aux éditeurs de presse et enjoint ainsi à Google de lancer des négociations, sur la rémunération de la reprise des contenus protégés

Droit voisin : la presse française s’attaque à Google devant l’Autorité à la concurrence, espérant forcer le moteur de recherche à proposer une offre tarifaire pour la reprise des contenus

La position de Google sur la rémunération des éditeurs de presse pour l’affichage d’extrait n’est « ;pas acceptable ;», selon le ministre de la Culture
8  0 
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 08/02/2021 à 13:35
Google lance News Showcase en Australie dans lequel il affiche des actualités pour lesquelles il a payé,
dans le but de montrer que la législation proposée par le pays est inutile

Fin juillet, le gouvernement australien, à travers la Commission australienne de la concurrence et des consommateurs (abrégée ACCC en anglais), a annoncé qu’il allait contraindre Facebook et Google à payer une rémunération aux groupes de presse du pays pour les contenus qui sont relayés sur leurs plateformes.

Pour ce faire, la Commission australienne de la concurrence a publié un projet de code obligatoire qui va définir un cadre qui permettra « aux entreprises de médias d’information de négocier individuellement ou collectivement avec Google et Facebook sur le paiement de l’inclusion de contenus » sur leur plateforme respective. Dans ce projet de loi, il est stipulé que « si les entreprises de presse et les plateformes numériques ne peuvent pas conclure un accord dans le cadre d’un processus formel de négociation et de médiation de trois mois, un arbitre indépendant choisirait alors l’offre finale des deux parties la plus raisonnable dans un délai de 45 jours ouvrables ». « Des accords de paiement pourraient être conclus dans les six mois suivant l’entrée en vigueur du code si un arbitrage est nécessaire », souligne la Commission australienne de la concurrence australienne.

Les élus planchent pour une application cette année, l’Australie deviendrait ainsi le premier pays à obliger Google et Facebook à payer les éditeurs pour les contenus dès qu'ils sont affichés sur leurs vitrines en ligne. En outre, si le projet de code ne s’applique qu’à Google et Facebook pour l’instant, d’autres plateformes numériques pourraient être ajoutées si elles atteignent à l’avenir un déséquilibre du pouvoir de négociation avec les entreprises de médias d’information australiennes.

Pour mieux comprendre les motivations du gouvernement australien, il faut savoir que depuis 2018, l’ACCC a publié un rapport sur la santé du marché de la presse et la puissance des plateformes numériques américaines. Dans son rapport, ACCC déclare avoir identifié un déséquilibre fondamental du pouvoir de négociation entre les entreprises de médias d’information australiennes et Google et Facebook. Comme recommandations, le régulateur australien a préconisé l’introduction de codes de conduite pour réguler les rapports de force inégale entre les deux partis. Le 12 décembre 2019, le gouvernement australien a demandé à l’ACCC de travailler avec Google et Facebook et les entreprises des médias d’information pour mettre en œuvre des codes de conduite volontaires. Les discussions n’ayant pas abouti, le gouvernement australien a demandé le 20 avril dernier à l’ACCC d’élaborer un code de conduite obligatoire, avec un projet de code pour consultation publique avant la fin de juillet 2020, ainsi qu’un code final à définir peu après. C’est ce projet de code qui a été mis à la disposition du public.

Le 22 janvier 2021, Google a déclaré qu'il bloquerait son moteur de recherche en Australie si le gouvernement venait à valider son projet de loi qui l'obligerait, ainsi que Facebook, à payer les entreprises de médias pour le droit de relayer leurs articles. Y faisant suite, Microsoft a manifesté son intérêt pour l'opportunité de marché qu'offrirait la sortie de Google. Le PDG de Microsoft a pris contact avec le Premier ministre australien pour des échanges y relatifs. L’entreprise se positionne même en soutien de la loi australienne en cours de gestation. « Bien que Microsoft ne soit pas soumis à la législation en cours de gestation, nous serions prêts à respecter ces règles si le gouvernement nous désignait », indique le géant technologique.


Google News Showcase revient à l'ordre du jour

En octobre 2020, Google a annoncé qu'il prévoyait de payer 1 milliard de dollars aux éditeurs du monde entier pour leurs actualités au cours des trois prochaines années. Par le biais de son PDG Sundar Pichai, l'entreprise a expliqué que :

« News Showcase est composé de panneaux d'histoire qui apparaîtront initialement dans Google Actualités sur Android. Le produit sera bientôt lancé sur Google Actualités sur iOS, et viendra à l'avenir sur Google Discover and Search. Ces panneaux permettent aux éditeurs participants de regrouper les articles qui apparaissent dans les produits d’actualité de Google, en fournissant une narration plus approfondie et plus de contexte grâce à des fonctionnalités telles que des chronologies, des puces et des articles connexes. D'autres éléments comme la vidéo, l'audio et les briefings quotidiens viendront ensuite.

« Cette approche est distincte de nos autres produits d'information, car elle s'appuie sur les choix éditoriaux que font les éditeurs individuels concernant les articles à montrer aux lecteurs et la manière de les présenter. Elle commencera à être déployée aujourd'hui auprès des lecteurs au Brésil et en Allemagne, et s'étendra à d'autres pays dans les mois à venir où des cadres locaux soutiennent ces partenariats ».

En clair, dans le cadre de ce partenariat, les médias vont disposer d’un outil pour personnaliser les articles qu’ils envoient à Google News Showcase. Dans un premier temps, il s’agira d’une ligne temporelle du déroulé des événements, des listes à puce récapitulatives et des articles de contexte liés à l’article en cours de lecture. Par la suite, Google envisage d’incorporer du contenu vidéo, audio ainsi que du direct.


Plusieurs accords avec des éditeurs ont été signés à cet effet, y compris avec des éditeurs australiens (accords qui ont été ratifiés en juin). Mais l'entreprise envisage de geler ce programme en Australie, au motif que le projet de code de négociation des médias d'information était « irréalisable » :

« Les accords que nous avons signés en Australie et dans le monde montrent que non seulement nous sommes prêts à payer pour obtenir une licence de contenu d'actualité pour un nouveau produit, mais que nous sommes en mesure de conclure des accords avec des éditeurs sans le cadre de négociation onéreux et normatif du projet de code et un modèle d'arbitrage latéral.

« Nous ne nous opposons pas à un code et à un système de résolution des litiges entre les parties. Mais le système d'arbitrage décrit dans le projet est irréalisable. Outre les problèmes que nous avons soulevés le 27 septembre, nous sommes préoccupés par ses conditions de paiement injustes et ses définitions et obligations peu claires.

« Nous pensons que ces conditions pourraient être modifiées pour en faire un code juste et réalisable : un code qui peut fonctionner avec des accords commerciaux et des programmes comme News Showcase ».

Néanmoins, vendredi 5 février 2021, Google a choisi une autre approche : l'entreprise a lancé sa plateforme en Australie offrant des informations pour lesquelles elle a payé, concluant ses propres accords de contenu avec des éditeurs dans le but de montrer que la législation proposée par Canberra pour appliquer les paiements, une première mondiale, est inutile.

Uniquement déployée auparavant au Brésil et en Allemagne, la plateforme News Showcase devait initialement être lancée en juin dernier. Mais Google, propriété d'Alphabet Inc, a retardé ses projets lorsque Canberra a décidé d'en faire une obligation légale pour Google et Facebook de payer les entreprises de médias australiennes pour le contenu, sans précédent ailleurs dans le monde.

La société de technologie, qui continue de faire pression sur le gouvernement australien lors de réunions privées, a précédemment déclaré que le projet de loi la forcerait à se retirer complètement du pays si elle était mise en œuvre. Le projet de loi étant maintenant devant le Parlement, le lancement vendredi de News Showcase en Australie lui permettra de payer sept médias nationaux, dont le Canberra Times, pour utiliser leur contenu.

Les détails financiers des accords de contenu n'ont pas été divulgués et l'éditeur de Canberra Times, Australian Community Media, n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire. Google a déclaré vendredi dans un communiqué qu'il attendait avec impatience la conclusion d'accords avec davantage d'éditeurs australiens, dont la position a été renforcée par la riposte agressive de Canberra contre Facebook et Google.

« Cela constitue une alternative au modèle proposé par le gouvernement australien », a déclaré Derek Wilding, professeur au Centre for Media Transition de l’université de technologie de Sydney. « Ce qui reste à voir, c'est si les grands éditeurs signent le produit », a déclaré Wilding.

Le 21 janvier 2021, l’Alliance de la Presse d’Information Générale et Google ont annoncé un accord portant sur la rémunération des droits voisins au titre de la loi française, une première pour l'Europe. Cet accord fixe les principes selon lesquels Google négociera des accords individuels de licence avec les membres de l’Alliance dont les publications sont reconnues ‘d'Information Politique et Générale’, tout en reflétant les principes fixés par la loi. La rémunération prévue dans les accords de licence entre chaque éditeur de presse et Google est basée sur des critères tels que, par exemple, la contribution à l'information politique et générale, le volume quotidien de publications ou encore l’audience Internet mensuelle.

En vertu de la législation proposée par Canberra, Google et Facebook devraient également payer les éditeurs et les diffuseurs australiens pour le contenu inclus dans les résultats de recherche ou les fils d’actualité. S'ils ne parviennent pas à conclure un accord avec les éditeurs, un arbitre nommé par le gouvernement décidera du prix.

Alors que la position publique de Google sur la possibilité de quitter le pays reste ferme, le trésorier australien Josh Frydenberg a déclaré que l'approche de Google avait été « constructive » ces derniers jours lors de réunions privées.

Source : communiqué de Google

Et vous ?

Que pensez-vous de la stratégie de Google ?
8  0 
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 19/02/2021 à 8:32
Le Canada promet d'obliger Facebook à payer pour les actualités relayées sur sa plateforme
et s'engage à ne pas reculer même si Facebook venait à bloquer les actualités au Canada comme en Australie

En vertu d'un projet de loi sur les médias en Australie, Facebook et Google seraient tenus de négocier « de bonne foi » avec les sites d'information australiens pour obtenir des licences pour l'extrait de contenu et le lien vers ce contenu, ce qu'ils font actuellement gratuitement. Les règles de non-discrimination exigeraient que Google et Facebook traitent les sites de la même manière. Si les négociations échouaient, les différends seraient réglés par un arbitrage où chaque partie mettrait une offre sur la table et une partie neutre déciderait quelle offre est la plus raisonnable.

En bref, Facebook et Google seront tenus de payer les sites d'informations australiens lorsqu'ils leur envoient du trafic. Les grandes enseignes de l'internet ne sont pas autorisées à tenter d'éviter de payer la facture en évitant par exemple de référencer les sites d'informations (pour le cas de Google).

En réponse à ce nouveau projet de loi concernant la négociation avec les médias, Facebook empêchera les éditeurs et les personnes en Australie de partager ou de visionner du contenu d’actualité australien et international.

Facebook bloque toutes les actualités en Australie

Facebook estime que le projet de loi comprend fondamentalement mal la relation entre sa plateforme et les éditeurs qui l'utilisent pour partager du contenu d'actualité. Dans un billet, William Easton, Managing Director, Facebook Australia & New Zealand précise que « Cela nous a laissé face à un choix difficile : tenter de se conformer à une loi qui ignore les réalités de cette relation, ou arrêter d'autoriser le contenu d'actualité sur nos services en Australie. Le cœur lourd, nous choisissons ce dernier ».

Parlant du contexte des discussions autour du projet de loi, il avance que :

« Cette discussion s'est concentrée sur les entreprises technologiques américaines et sur la manière dont elles tirent parti du contenu des actualités sur leurs services. Nous comprenons que beaucoup se demanderont pourquoi les plateformes peuvent répondre différemment. La réponse est que nos plateformes ont des relations fondamentalement différentes avec les actualités. La recherche Google est inextricablement liée aux actualités et les éditeurs ne fournissent pas volontairement leur contenu. D'autre part, les éditeurs choisissent volontiers de publier des actualités sur Facebook, car cela leur permet de vendre plus d'abonnements, d'élargir leur audience et d'augmenter leurs revenus publicitaires.

« En fait, et comme nous l'avons clairement indiqué au gouvernement australien pendant de nombreux mois, l'échange de valeur entre Facebook et les éditeurs fonctionne en faveur des éditeurs - ce qui est l'inverse de ce que la législation obligerait l'arbitre à assumer. L'année dernière, Facebook a généré environ 5,1 milliards de références gratuites à des éditeurs australiens d'une valeur estimée à 407 millions de dollars australiens ».

Il n’a pas manqué de souligner que le partage des actualités représente une infime partie du trafic de Facebook, par conséquent le gain commercial est minime :

« Pour Facebook, le gain commercial des actualités est minime. Les actualités représentent moins de 4 % du contenu que les internautes voient dans leur fil d'actualité. Le journalisme est important pour une société démocratique, c'est pourquoi nous construisons des outils dédiés et gratuits pour aider les agences de presse du monde entier à innover leur contenu pour le public en ligne ».

Et d’indiquer que l’entreprise a, « malgré tout », travaillé avec le gouvernement pour trouver une solution qui « reconnaît les réalités du fonctionnement de nos services », regrettant l’établissement d’un projet de loi qui « cherche à pénaliser Facebook pour le contenu qu’il n’a pas pris ou demandé » :

« Au cours des trois dernières années, nous avons travaillé avec le gouvernement australien pour trouver une solution qui reconnaît les réalités du fonctionnement de nos services. Nous travaillons depuis longtemps à des règles qui encourageraient l'innovation et la collaboration entre les plateformes numériques et les organes de presse. Malheureusement, ce projet de loi ne fait pas cela. Au lieu de cela, il cherche à pénaliser Facebook pour le contenu qu'il n'a pas pris ou demandé.

« Nous étions prêts à lancer Facebook News en Australie et à augmenter considérablement nos investissements auprès des éditeurs locaux, mais nous n'étions prêts à le faire qu'avec les bonnes règles en place. Cette législation crée un précédent où le gouvernement décide qui conclut ces accords sur le contenu des actualités et, en fin de compte, combien la partie qui reçoit déjà de la valeur du service gratuit est payée. Nous allons maintenant donner la priorité aux investissements dans d'autres pays, dans le cadre de nos plans d'investissement dans de nouveaux programmes et expériences de nouvelles de licence ».


Le Canada promet d'être le prochain pays qui va obliger Facebook à payer pour les actualités

Le Canada a promis jeudi de faire en sorte que Facebook Inc. paie pour les actualités relayées sur sa plateforme, cherchant des alliés dans la bataille médiatique avec les grandes enseignes de la technologie et s'engageant à ne pas reculer si la plateforme de médias sociaux venait à bloquer la publication d'actualités sur sa plateforme dans le pays comme elle l'a fait en Australie.

Le ministre du Patrimoine canadien (responsable de la politique en matière de culture, de communications et des sports au sein du gouvernement fédéral du Canada), Steven Guilbeault, chargé d’élaborer une loi similaire qui sera dévoilée dans les mois à venir, a condamné l’action de Facebook et a déclaré que cela ne dissuaderait pas Ottawa. « Le Canada est à l'avant-garde de cette bataille... nous sommes vraiment parmi le premier groupe de pays du monde à faire cela », a-t-il déclaré aux journalistes.

L'année dernière, les médias canadiens ont mis en garde contre une éventuelle défaillance du marché sans intervention du gouvernement. Ils ont déclaré que l'approche australienne permettrait aux éditeurs de récupérer 620 millions de dollars canadiens par an.


Guilbeault a déclaré que le Canada pourrait adopter le modèle australien, qui oblige Facebook et Google à conclure des accords pour payer les médias dont les liens stimulent l'activité sur leurs services, ou convenir d'un prix par arbitrage exécutoire. Une autre option est de suivre l'exemple de la France, qui oblige les grandes plateformes technologiques à ouvrir des discussions avec des éditeurs en quête de rémunération pour l'utilisation de contenus d'actualité.

« Nous travaillons pour voir quel modèle serait le plus approprié », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il avait parlé la semaine dernière à ses homologues français, australien, allemand et finlandais de travailler ensemble pour garantir une compensation équitable pour le contenu Web. « Je soupçonne que bientôt cinq, 10, 15 pays adopteront des règles similaires... Facebook va-t-il couper les liens avec l'Allemagne, avec la France ? » a-t-il demandé, affirmant qu'à un moment donné, l'approche de Facebook deviendrait « totalement insoutenable ».

La professeure Megan Boler de l'Université de Toronto, spécialisée dans les médias sociaux, a déclaré que l'action Facebook marquait un tournant qui nécessiterait une approche internationale commune. « Nous pourrions effectivement voir une coalition, un front uni contre ce monopole, qui pourrait être très puissant », a-t-elle déclaré lors d'un entretien téléphonique.

Cette semaine, Facebook a déclaré que les actualités représentaient moins de 4% du contenu que les gens voient sur la plateforme, mais a affirmé que cela avait aidé les éditeurs australiens à générer environ 407 millions de dollars australiens l'année dernière.

Google a signé 500 accords d'une valeur d'environ 1 milliard de dollars sur trois ans avec des éditeurs du monde entier pour son nouveau service News Showcase et est en pourparlers avec des entreprises canadiennes.

Guilbeault a déclaré que Google serait toujours soumis à la nouvelle loi canadienne, car Ottawa voulait une approche juste, transparente et prévisible. « Qu’est-ce qui garantit que Google, demain, dans six mois, dans un an, ne change pas d'avis et dit qu'il ne veut plus faire cela ? ».

Lauren Skelly, une porte-parole de Google au Canada, a refusé de commenter les remarques de Guilbeault, affirmant que la société ne connaissait pas les détails de la législation.

Michael Geist, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit de l’Internet et du commerce électronique à l’Université d’Ottawa, a déclaré que le Canada devrait aspirer à l’approche de Google, dans laquelle les entreprises investissent de l’argent dans des contenus à valeur ajoutée.

« Si nous suivons le modèle australien ... nous nous retrouverons à peu près au même endroit », a-t-il déclaré par téléphone. « Tout le monde perd. Les organisations médiatiques perdent... Facebook perd. »

Kevin Chan, responsable des politiques publiques de Facebook au Canada, a déclaré qu'il y avait « d'autres options pour soutenir les médias au Canada qui profiteront plus équitablement aux éditeurs de toutes tailles ».

Source : Ministre du Patrimoine canadien
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Le 23/02/2021 à 7:26
Microsoft et des groupes de médias européens exhortent les régulateurs de l'UE à s'inspirer de l'exemple australien,
estimant que les règles sur le droit d'auteur adoptées par l'UE ne sont pas suffisantes

Microsoft et les groupes de médias européens ont exhorté lundi les régulateurs de l'UE à exiger des plateformes en ligne qu'elles recherchent un arbitrage en cas de désaccord sur la manière de partager les revenus avec les éditeurs de nouvelles, un point de friction dans la dispute entre Facebook et l'Australie.

Les règles de droit d'auteur révisées de l'UE en 2019, qui obligent l'unité Alphabet Google et d'autres plateformes en ligne à signer des accords de licence avec des musiciens, des auteurs et des organes de presse pour utiliser leur travail, ne sont pas suffisantes, ont déclaré Microsoft et les éditeurs. « Cette initiative est une prochaine étape logique », a déclaré le vice-président de Microsoft, Casper Klynge, ajoutant que la société partageait déjà les revenus avec les éditeurs via son produit Microsoft News.

En Europe, la réforme européenne du droit d’auteur de 2019 a instauré notamment un « droit voisin » au profit des éditeurs de presse et agences de presse. Cette mesure est censée les aider à se faire rémunérer pour la reprise de leurs contenus par les plateformes en ligne et autres agrégateurs, en compensant ainsi l'effondrement de leurs recettes publicitaires traditionnelles au profit des géants de l’Internet, comme Facebook et Google.

Du côté de la France, en novembre 2019, le Syndicat des éditeurs de la presse magazine (SEPM), l’Alliance de la presse d’information générale (APIG), l’Agence France-Presse (AFP) et la Fédération nationale de la presse d’information spécialisée (FNPS), ont déposé chacun une plainte auprès de l’Autorité de la concurrence pour dénoncer un abus de position dominante de Google, espérant forcer le leader mondial de la recherche en ligne à négocier le droit voisin, conformément à la loi publiée fin juillet 2019, imposant à l’ensemble des plateformes, réseaux sociaux et autres sites internet de verser une rémunération aux médias dont ils utilisent les articles et dont ils tirent des revenus.

Google a alors décidé de ne pas payer pour l’affichage de contenus en France et a notamment affirmé que dès l’entrée en vigueur de la loi, il reprendrait uniquement des liens avec titres, sans contenu, sauf accord des sites. Le leader mondial de la recherche en ligne estimait à l’époque rendre service aux médias en leur apportant une audience plus élevée, via un service gratuit pour les éditeurs. De la perspective de ces derniers, Google et les autres plateformes qui partagent leur contenu ne partageaient pas suffisamment la richesse créée.

Le 9 avril 2020, l’Autorité a donné raison aux éditeurs de presse. Elle a ainsi ordonné à Google, « dans un délai de trois mois, de conduire des négociations de bonne foi avec les éditeurs et agences de presse sur la rémunération de la reprise de leurs contenus protégés ».


Après des mois de négociations, l'Alliance de la Presse d’Information Générale et Google ont annoncé le 21 janvier 2021 être parvenus à un accord portant sur la rémunération des droits voisins au titre de la loi française. Cet accord fixe les principes selon lesquels Google négociera des accords individuels de licence avec les membres de l’Alliance dont les publications sont reconnues « d'Information Politique et Générale », tout en reflétant les principes fixés par la loi. Ces accords individuels de licence couvriront les droits voisins, et ouvriront l’accès à News Showcase, un nouveau programme de licence de publications de presse lancé récemment par Google, qui permettra aux lecteurs d’accéder à un contenu enrichi.

La rémunération prévue dans les accords de licence entre chaque éditeur de presse et Google est basée sur des critères tels que, par exemple, la contribution à l'information politique et générale, le volume quotidien de publications ou encore l’audience Internet mensuelle.

Alphabet, la maison mère de Google, est convenue de verser 76 millions de dollars (62,7 millions d’euros) au groupe d’éditeurs de presse français, d'après deux documents.

L’un des deux documents est un accord-cadre stipulant que Google est prêt à verser 22 millions de dollars par an pendant trois ans à un groupe de 121 publications nationales et locales, qui signeront chacune un accord individuel de licence. Le second document, baptisé « protocole transactionnel », prévoit le versement par Google de 10 millions de dollars au même groupe d’éditeurs en échange duquel ces derniers s’engagent à mettre fin à tout litige, actuel ou futur, concernant les droits voisins sur une durée de trois ans. Pour donner un ordre d'idée, Le Monde va récupérer 1,3 million de dollars chaque année, La Voix de la Haute Marne 13 741 dollars. En plus de ces sommes, Le Monde, Le Figaro et Libération et leurs groupes respectifs sont également parvenus à négocier d’environ 3 millions d’euros chacun par année en acceptant en novembre dernier de s’associer avec Google pour vendre des abonnements via un service offert par le géant du numérique, a indiqué une source proche du dossier.

Facebook bloque toutes les actualités en Australie

Facebook et Google seront tenus de payer les sites d'informations australiens lorsqu'ils leur envoient du trafic. Les grandes enseignes de l'internet ne sont pas autorisées à tenter d'éviter de payer la facture en évitant par exemple de référencer les sites d'informations (pour le cas de Google).

En réponse à ce nouveau projet de loi concernant la négociation avec les médias, Facebook empêchera les éditeurs et les personnes en Australie de partager ou de visionner du contenu d’actualité australien et international.

Facebook estime que le projet de loi comprend fondamentalement mal la relation entre sa plateforme et les éditeurs qui l'utilisent pour partager du contenu d'actualité. Dans un billet, William Easton, Managing Director, Facebook Australia & New Zealand précise que « Cela nous a laissé face à un choix difficile : tenter de se conformer à une loi qui ignore les réalités de cette relation, ou arrêter d'autoriser le contenu d'actualité sur nos services en Australie. Le cœur lourd, nous choisissons ce dernier ».

Parlant du contexte des discussions autour du projet de loi, il avance que :

« Cette discussion s'est concentrée sur les entreprises technologiques américaines et sur la manière dont elles tirent parti du contenu des actualités sur leurs services. Nous comprenons que beaucoup se demanderont pourquoi les plateformes peuvent répondre différemment. La réponse est que nos plateformes ont des relations fondamentalement différentes avec les actualités. La recherche Google est inextricablement liée aux actualités et les éditeurs ne fournissent pas volontairement leur contenu. D'autre part, les éditeurs choisissent volontiers de publier des actualités sur Facebook, car cela leur permet de vendre plus d'abonnements, d'élargir leur audience et d'augmenter leurs revenus publicitaires.

« En fait, et comme nous l'avons clairement indiqué au gouvernement australien pendant de nombreux mois, l'échange de valeur entre Facebook et les éditeurs fonctionne en faveur des éditeurs – ce qui est l'inverse de ce que la législation obligerait l'arbitre à assumer. L'année dernière, Facebook a généré environ 5,1 milliards de références gratuites à des éditeurs australiens d'une valeur estimée à 407 millions de dollars australiens ».

Il n’a pas manqué de souligner que le partage des actualités représente une infime partie du trafic de Facebook, par conséquent le gain commercial est minime :

« Pour Facebook, le gain commercial des actualités est minime. Les actualités représentent moins de 4 % du contenu que les internautes voient dans leur fil d'actualité. Le journalisme est important pour une société démocratique, c'est pourquoi nous construisons des outils dédiés et gratuits pour aider les agences de presse du monde entier à innover leur contenu pour le public en ligne ».

Et d’indiquer que l’entreprise a, « malgré tout », travaillé avec le gouvernement pour trouver une solution qui « reconnaît les réalités du fonctionnement de nos services », regrettant l’établissement d’un projet de loi qui « cherche à pénaliser Facebook pour le contenu qu’il n’a pas pris ou demandé ».


Microsoft avait déjà fait entendre sa voix, exhortant l'UE et les USA à suivre l'exemple australien

Dans un billet de blog, Brad Smith, responsable des affaires juridiques de Microsoft, a déclaré qu'il estimait que la règle australienne « méritait une considération sérieuse, y compris aux États-Unis » :

« Au début du XXIe siècle, Internet a érodé le secteur de l'information, car des dotcoms comme Craigslist ont perturbé les revenus publicitaires, les agrégateurs d'actualités ont attiré les lecteurs et les moteurs de recherche et les géants des médias sociaux ont dévoré les deux. De nombreux autres facteurs sont à l'œuvre et il existe un besoin urgent d'innovation dans le secteur de l'information. Mais une chose est claire : Internet et les médias sociaux n'ont pas été gentils avec la presse libre.

« Alors que quelques-uns des plus gros journaux ont résisté à la tempête, la plupart des médias ont été durement touchés. Depuis 2000, les revenus des salles de rédaction aux États-Unis ont chuté de 70 % et l'emploi a été réduit de moitié. Plus de 2000 journaux ont été entièrement fermés. Dans de nombreux endroits, les nouvelles locales ont été décimées. Les déserts d'actualités (des communautés sans journal local du tout) se sont répandus à travers le pays, avec des effets terribles. Comme un citoyen l'a dit avec émotion à propos de sa ville de Floride qui n'avait plus de journal : "Après des années sans voix locale forte, notre communauté ne se connaît pas".

« La démocratie a toujours commencé au niveau local. Aujourd'hui, beaucoup trop de communautés locales doivent entretenir la démocratie sans quatrième pouvoir ».

L'appel de Microsoft, de l'European Magazine Media Association, de l'European Newspaper Publishers Association, du European Publishers Council et de News Media Europe de ce lundi 22 février intervient alors que les législateurs de l'UE se préparent à des pourparlers avec la Commission européenne et les pays de l'UE sur des règles visant à diminuer l'influence des grandes enseignes américaines de la technologie.

« Même si les éditeurs de presse ont un droit voisin, ils n'ont peut-être pas la force économique de négocier des accords justes et équilibrés avec ces entreprises technologiques de contrôle, qui pourraient autrement menacer de se retirer des négociations ou de quitter complètement les marchés », ont-ils déclaré dans un communiqué.

Source : Microsoft
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Le 25/02/2021 à 21:07
L'Australie adopte une nouvelle loi sur les médias qui obligera Google et Facebook à payer pour les actualités
diffusées sur leurs plateformes ou dans les résultats de recherche

Le Parlement australien a adopté une version finale de la législation visant à forcer Google et Facebook à payer pour créer des liens vers des articles de presse. L'adoption du code de négociation des médias d'information marque la fin d'une négociation controversée de plusieurs mois entre le gouvernement australien et les deux géants de la technologie, qui sont mentionnés dans le code.

Google et Facebook soutiennent depuis longtemps qu'ils ne devraient pas avoir à payer un sou pour créer des liens vers des articles de presse, car les liens envoient un trafic précieux vers les sites d'informations. Au cours de la dernière décennie, Google a réussi à repousser les efforts visant à saper le principe des liens gratuits.

Mais au cours des deux dernières années, l'Australie et l'Europe sont devenues plus déterminées à forcer les géants américains de la technologie à soutenir financièrement leurs industries d'information nationales.

La version initiale de la loi australienne était encore plus agressive. Elle allait non seulement obliger les géants de la technologie à négocier avec les sites d'information, mais elle a proposé un processus d'arbitrage où chaque partie (un éditeur australien et un géant de la technologie, respectivement) présenterait une proposition, puis un arbitre indépendant déciderait quelle proposition était plus « raisonnable ». Cela a été largement considéré comme augmentant le pouvoir de négociation des sites d'information.

En janvier, Google a menacé de fermer son moteur de recherche australien si la loi entrait en vigueur. La semaine dernière, Facebook est allé encore plus loin en empêchant les utilisateurs de partager des articles de presse australiens. Microsoft a saisi l'opportunité de saper ses rivaux, approuvant fortement l'approche australienne et soutenant le concept de paiement pour le contenu d'actualités.

Après plusieurs jours d'intenses négociations, Facebook et l'Australie ont conclu un accord qui leur a permis de sauver la face. Facebook a accepté de réactiver le partage d'articles de presse. En échange, le gouvernement australien a autorisé Facebook à se retirer du processus d'arbitrage forcé s'il pouvait convaincre le gouvernement qu'il avait déjà « apporté une contribution significative à la durabilité de l'industrie australienne de l'information en concluant des accords commerciaux avec les entreprises de médias d'information ». Google et Facebook ont ​​tous deux conclu des accords avec des sociétés de médias australiennes dans le but de montrer que des mesures plus coercitives n'étaient pas nécessaires.

La loi révisée donne aux entreprises technologiques un délai plus long pour conclure des accords volontaires avant d'être contraintes à un processus d'arbitrage.

Bien que ces changements aient été des gains tactiques pour Facebook et Google par rapport à la proposition originale sévère de l'Australie, il est clair que les géants de la technologie ont abandonné leur position antérieure selon laquelle ils ne devraient pas avoir à payer du tout. À ce stade, il semble y avoir peu de chances que Google soit en mesure de résister à des propositions similaires dans les États membres de l'UE, bien qu'ils puissent obtenir des accords édulcorés sur les bords.


Une décision susceptible de servir d'exemple à d'autres pays

Le Canada et d'autres pays envisagent une législation similaire. Facebook et Google s'empressent de déjouer ces lois en concluant des accords volontaires avec des agences de presse du monde entier.

En Europe, la réforme européenne du droit d’auteur de 2019 a instauré notamment un « droit voisin » au profit des éditeurs de presse et agences de presse. Cette mesure est censée les aider à se faire rémunérer pour la reprise de leurs contenus par les plateformes en ligne et autres agrégateurs, en compensant ainsi l'effondrement de leurs recettes publicitaires traditionnelles au profit des géants de l’Internet, comme Facebook et Google. Il faut noter que les États membres de l'Union ont encore jusqu'en juin 2021 pour adopter les lois pertinentes relatives à cette réforme dans leur propre pays.

Du côté de la France, l’Alliance de la Presse d’Information Générale et Google ont annoncé ce 21 janvier un accord portant sur la rémunération des droits voisins au titre de la loi française.

Alphabet, la maison mère de Google, est convenue de verser 76 millions de dollars (62,7 millions d’euros) au groupe d’éditeurs de presse français, d'après deux documents.

L’un des deux documents est un accord-cadre stipulant que Google est prêt à verser 22 millions de dollars par an pendant trois ans à un groupe de 121 publications nationales et locales, qui signeront chacune un accord individuel de licence. Le second document, baptisé « protocole transactionnel », prévoit le versement par Google de 10 millions de dollars au même groupe d’éditeurs en échange duquel ces derniers s’engagent à mettre fin à tout litige, actuel ou futur, concernant les droits voisins sur une durée de trois ans. Pour donner un ordre d'idée, Le Monde va récupérer 1,3 million de dollars chaque année, La Voix de la Haute Marne 13 741 dollars. En plus de ces sommes, Le Monde, Le Figaro et Libération et leurs groupes respectifs sont également parvenus à négocier d’environ 3 millions d’euros chacun par année en acceptant en novembre dernier de s’associer avec Google pour vendre des abonnements via un service offert par le géant du numérique, a indiqué une source proche du dossier.


Microsoft et les groupes de médias européens ont exhorté lundi les régulateurs de l'UE à exiger des plateformes en ligne qu'elles recherchent un arbitrage en cas de désaccord sur la manière de partager les revenus avec les éditeurs d'actualités.

Dans un billet de blog, Brad Smith, responsable des affaires juridiques de Microsoft, a déclaré qu'il estimait que la règle australienne « méritait une considération sérieuse, y compris aux États-Unis » :

« Au début du XXIe siècle, Internet a érodé le secteur de l'information, car des dotcoms comme Craigslist ont perturbé les revenus publicitaires, les agrégateurs d'actualités ont attiré les lecteurs et les moteurs de recherche et les géants des médias sociaux ont dévoré les deux. De nombreux autres facteurs sont à l'œuvre et il existe un besoin urgent d'innovation dans le secteur de l'information. Mais une chose est claire : Internet et les médias sociaux n'ont pas été gentils avec la presse libre.

« Alors que quelques-uns des plus gros journaux ont résisté à la tempête, la plupart des médias ont été durement touchés. Depuis 2000, les revenus des salles de rédaction aux États-Unis ont chuté de 70 % et l'emploi a été réduit de moitié. Plus de 2000 journaux ont été entièrement fermés. Dans de nombreux endroits, les nouvelles locales ont été décimées. Les déserts d'actualités (des communautés sans journal local du tout) se sont répandus à travers le pays, avec des effets terribles. Comme un citoyen l'a dit avec émotion à propos de sa ville de Floride qui n'avait plus de journal : "Après des années sans voix locale forte, notre communauté ne se connaît pas".

« La démocratie a toujours commencé au niveau local. Aujourd'hui, beaucoup trop de communautés locales doivent entretenir la démocratie sans quatrième pouvoir ».

L'appel de Microsoft, de l'European Magazine Media Association, de l'European Newspaper Publishers Association, du European Publishers Council et de News Media Europe de ce lundi 22 février intervient alors que les législateurs de l'UE se préparent à des pourparlers avec la Commission européenne et les pays de l'UE sur des règles visant à diminuer l'influence des grandes enseignes américaines de la technologie.

« Même si les éditeurs de presse ont un droit voisin, ils n'ont peut-être pas la force économique de négocier des accords justes et équilibrés avec ces entreprises technologiques de contrôle, qui pourraient autrement menacer de se retirer des négociations ou de quitter complètement les marchés », ont-ils déclaré dans un communiqué.

Source : ABC Australie

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Avatar de Itachiaurion
Membre averti https://www.developpez.com
Le 25/01/2021 à 15:29
Citation Envoyé par Anselme45 Voir le message
Dire que cette idée "sape le principe fondamental d’Internet", c'est un peu faire dans la "tarte à la crème" au goût 68-ard!

Est-ce que le "principe fondamental d’Internet" est de voler le travail des autres pour s'enrichir sans rémunérer ses auteurs?

Jusqu'à preuve du contraire, les médias ne "livrent" pas leur travail sur la base d'une licence "que tout le monde se serve gratuitement de notre travail", non?
Parce que Google s'introduit dans les journaux pour en voler le contenue et le publier à leur place? Les articles sont déjà disponible sur le net il suffit de faire une recherche pour les avoir, Google en met certains en avant et ce serait du vol? Oui il y a tout le débat sur "les gens ne lisent que le titre et ne vont pas voir le reste." Premièrement si c'est le cas cela veut dire qu'ils n'aurait sans doute pas lu l'article par d'autre moyen et n'aurais donc pas fait gagner de sous d'une façon où d'une autre au journal. Deuxièmement, c'est de plus en plus triste à dire mais les articles sont de plus en plus pauvre que le titre peut servir à résumé, ce n'est pas le cas de tout les journaux en ligne (je ne parle pas du papier) mais on ne peut pas dire que la qualité s'améliore pour ce point précis. Enfin, quand les journaux se recopie la plupart du temps entre eux et qu'ils s'alimentent tous à l'AFP est-ce qu'on peut vraiment parler de journalisme? Je parle encore une fois des articles en lignes qui sont souvent de simple copier coller plat et parfois sans relecture. Est-ce que cela mérite vraiment de faire un article de loi pour protéger un secteur qui n'arrive pas à se renouveler?

Je n'ai rien contre le fait de taper sur les doigts de Google et les autre, mais dans le cas présent on prend les jumelles dans le mauvais sens et on s'étonne après que cela ne fonctionne pas. On pourrait leur demander de rendre des comptes sur le traitement des données, de laisser plus de choix sur ce qu'ils font au lieu d'un simple: "si vous utilisez nos services vous renoncer a votre âme et en céder l'utilisation perpétuel a la société Alphabet." ; je pense qu'il y a des choses à améliorer là-dessus. Cependant vu que les journalistes sont un peu plus bruyant que les gens en général et bien on épuise des ressources pour régler une fraction des problèmes.

résumé: Il n'y a plus de valeur ajouté au article de presse en ligne, on perd du temps a régler des problèmes mineurs quand il y en a d'autre sans doute plus importants concernant Google.
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Avatar de Arya Nawel
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 01/02/2021 à 20:32
Vous inquiétez pas, Google va vite revenir à la table des négociations. Pas sûr qu'ils laissent le marché australien à la concurrence, surtout que d'autres pays doivent suivre avec intérêt ce qui se passe là-bas pour suivre le mouvement. Un acte de résistance contre Google? Ça serait possible ?
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Avatar de Kulvar
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 03/02/2021 à 21:34
Autant je déteste Google, mais obliger quelqu'un à faire quelque chose et le lui facturer, c'est inacceptable.
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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 16/02/2021 à 18:38
L'Australie veut conclure un accord avec Google et Facebook concernant les revenus du contenu d'actualité
cela pourrait adoucir le projet de loi visant à les obliger à payer les médias d'actualité australiens

Après plusieurs mois d'investigation, et en dépit des protestations de Google et de Facebook, le parlement australien est sur le point d'adopter une loi qui les obligera à payer les éditeurs de contenus d'actualité avant d'afficher leurs contenus. Les députés australiens soutiennent que la loi est nécessaire pour stimuler le journalisme d'intérêt public, mais le gouvernement a déclaré lundi que les trois parties sont proches d'un terrain d'entente. À travers l'accord, Google et Facebook s'engageraient à traiter avec les principaux médias australiens pour payer les nouvelles.

Journalisme d'intérêt public : la réglementation était-elle nécessaire ?

La bataille qui oppose le gouvernement australien à Google et Facebook a débuté il y a environ deux mois, l'Australie avait demandé dans un premier temps à Google de verser à l'organisme de presse concerné une partie des revenus qu'il tire de la publicité en ligne. Mais avant cela, l'ACCC, la Commission australienne de la concurrence et de la consommation, a mené une enquête de 18 mois qui a révélé un énorme déséquilibre de pouvoir entre les plateformes, comme Google et Facebook, et les entreprises d'information qui menaçait la viabilité de ces dernières.



À la suite de ce constat, l'ACCC a proposé une loi pour garantir que les entreprises de médias d'information soient rémunérées équitablement pour le contenu qu'elles produisent. Cela signifie que, quels que soient les revenus qu'il tire de ses informations et de ses publicités en ligne, une partie de ces revenus sera versée à l'organisme de presse associé à l'information. Selon le gouvernement australien, Google tire la plupart de ses revenus les plus importants des publicités et des informations en ligne, une chose que plusieurs rapports ont confirmée ces dernières années.

À titre d'exemple, un rapport sur la situation estime que, pour chaque tranche de 100 dollars de dépenses publicitaires en ligne, 53 dollars vont à Google, 28 dollars à Facebook et 19 dollars à tous les autres. Les infractions au code, y compris le fait de ne pas négocier de bonne foi, seraient punies d'une amende de 10 millions de dollars ou l'équivalent de 10 % du chiffre d'affaires annuel en Australie. Mais les entreprises de médias ont été encouragées à conclure des accords commerciaux avec Facebook et Google en dehors du code, et plusieurs ont été annoncés et d'autres sont imminents.

À la suite de l'annonce de la loi, Google et Facebook l'ont rejetée. Par le biais de Mel Silva, directeur général de Google en Australie, l'entreprise a annoncé qu'il est en total désaccord avec la loi et a menacé de fermer le moteur de recherche dans le pays si la loi est promulguée. Facebook a menacé d'empêcher les Australiens de partager des informations et Google a mené une campagne publique contre le code des médias, arguant qu'il était injuste et qu'il "briserait la recherche". Silva a déclaré que la loi était intenable et créerait un "dangereux précédent" de paiement de liens.

Toutefois, le gouvernement a tenu bon face à la menace et a continué à faire passer la loi par une commission et au Parlement. La loi australienne est distincte d'un accord que Facebook a conclu pour payer les grands médias britanniques des millions de livres sterling par an pour qu'ils autorisent leurs articles, mais elle a une motivation similaire. La législation, qui sera débattue cette semaine, est conçue pour soutenir le journalisme d'intérêt public australien et est soutenue par toutes les entreprises médiatiques du pays, grandes et petites.

Pourquoi Google et Facebook font-ils route vers un accord avec l'Australie ?

Il est difficile pour une entreprise d'abandonner un marché, même pour des géants comme Facebook et Google. Ainsi, les deux entreprises cherchent des moyens pour contourner la loi qui devrait être débattue au cours de la semaine, ce qui a donné lieu au probable accord que le gouvernement australien a annoncé lundi. Selon les critiques, l'accord va aider Facebook et Google à éviter les parties les plus sévères de la législation qui est de s'assurer qu'ils n'utilisent pas leur duopole de publicité en ligne pour dicter les conditions dans les accords avec les agences de médias.

En effet, le gouvernement australien a déclaré que Google et Facebook sont sur le point de conclure des accords pour payer les sociétés de médias nationales pour les nouvelles, ce qui est un signe qu'une impasse réglementaire pourrait s'adoucir. Le trésorier australien Josh Frydenberg s'est entretenu avec le directeur général de Facebook, Mark Zuckerberg, et son homologue de Google, Sundar Pichai, le week-end dernier. « Nous sommes très proches de certains accords commerciaux très importants », a déclaré Frydenberg à l'Australian Broadcasting Corp. lundi.

« Nous avons fait de grands progrès », a-t-il ajouté. Facebook n'a pas voulu commenter le sujet et a déclaré dans un communiqué : « Nous nous sommes engagés avec le gouvernement australien pour exposer nos préoccupations concernant la législation ». Un porte-parole de Google a également refusé de commenter. Si les deux entreprises ne parviennent pas à conclure des accords, la loi australienne sur le paiement des informations risque de devenir un modèle pour les régulateurs d'autres juridictions, y compris le Canada et l'Union européenne qui suivent la bataille.

Une première tentative de Google pour dédommager les éditeurs est son produit "News Showcase" qu'il a introduit fin 2020. L'entreprise a ensuite déclaré que de nombreux petits éditeurs ont immédiatement adhéré au programme, et a affirmé que ces têtes de mât ont eu un million de vues de leur contenu en huit jours. En outre, il a signé cette semaine un contrat de 30 millions de dollars par an avec l'une des quatre grandes sociétés de médias, Seven West Media qui édite le West Australian. Seven a décrit l'accord comme un "paiement équitable" pour un journalisme original.

Selon le Sydney Morning Herald, le gouvernement australien est prêt à permettre aux entreprises technologiques d'éviter de payer pour des extraits de nouvelles si les entreprises médiatiques s'inscrivent à Google Showcase et Facebook News. Dans ce cas, le trésorier conserverait la possibilité de désigner la recherche comme le service couvert par la loi à l'avenir si Google n'était pas perçu comme négociant de manière équitable avec les entreprises de médias. Mais tout le monde ne s'est pas encore inscrit Google Showcase, comme News Corp. Australia et l'éditeur du Herald, Nine Entertainment Co.

D'un autre côté, Australian Community Media et Guardian Australia sont toujours en négociations avec Google. Facebook est resté discret ces derniers temps, mais aurait engagé des discussions "positives" avec au moins une société de médias au sujet de son produit sous licence Facebook News, une section d'information au sein de sa principale application mobile, qui serait utilisée pour conclure des accords commerciaux avec des sociétés de médias. Elle est gérée par des journalistes et donne la priorité aux histoires originales.

Par ailleurs, une fois la loi adoptée, le trésorier examinera le fonctionnement du code dans 12 mois pour vérifier que les revenus sont bien dépensés pour le journalisme d'intérêt public australien et ne remplissent pas seulement les poches des actionnaires. Selon Frydenberg, l'intention du gouvernement est "d'uniformiser les règles du jeu et de garantir un paysage médiatique australien durable et viable". Un examen permettra de s'assurer que les entreprises de technologie et de médias agissent de bonne foi et que l'argent afflue dans les salles de rédaction.

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