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Un cadre d'Apple avait suggéré de réduire la commission de l'App Store à 20 % dès 2011,
Apple devrait modifier sa structure tarifaire « en position de force plutôt que de faiblesse »

Le , par Stan Adkens

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Depuis lundi, le procès d’Apple contre Epic Games a commencé devant la justice californienne. Epic, éditeur du jeu Fortnite, l’accuse d’abuser de sa position dominante sur son App Store en imposant une commission exorbitante de 30 %. Dans l’affaire qui pourrait redéfinir l’économie des plateformes numériques, nous savons maintenant – grâce aux preuves présentées par Epic Games contre le fabricant d'iPhone – qu’un cadre d’Apple en charge de l'App Store avait émis l’idée de réduire cette commission sur les gains des développeurs à 20 %, lorsque la boutique en ligne a atteint un milliard de dollars de bénéfices, il y a 10 ans.

Phil Schiller, le cadre d'Apple en charge de l'App Store, a évoqué la possibilité que l'entreprise réduise son taux de commission de 30 % à 25, voire 20 %, dès 2011, en réponse à la concurrence. Schiller a lancé cette idée dans un courriel adressé à Steve Jobs, alors PDG d'Apple, et à Eddy Cue, responsable des services Apple. Cet e-mail a été rendu public dans le cadre de la bataille juridique qui oppose la société à Epic Games.


Selon les documents, Schiller a commencé son courriel en demandant : « Pensons-nous que notre répartition 70/30 durera toujours ? » L'e-mail continue en disant : « Je pense qu'un jour, nous verrons suffisamment de défi de la part d'une autre plateforme ou de solutions basées sur le Web pour vouloir ajuster notre modèle ». Schiller poursuit en suggérant que si Apple devait un jour modifier sa structure tarifaire, elle devrait le faire « en position de force plutôt que de faiblesse » et en lançant l'idée qu'Apple abandonne son taux de commission lorsque l'App Store aura généré plus d'un milliard de dollars de bénéfices annuels.

« Je sais que cette idée est controversée, mais je la présente comme une autre façon de considérer la taille de l'entreprise, ce que nous voulons réaliser et comment nous restons compétitifs », a écrit Schiller. « Juste de la nourriture pour la réflexion ». Schiller a ajouté en annexe de son e-mail un article du Wall Street Journal de 2011 qui évoquait la possibilité pour les développeurs d'utiliser des applications Web pour contourner les frais de l'App Store d'Apple.

La commission de 30 % prélevée par Apple sur de nombreux achats in-app est au cœur de sa bataille juridique avec Epic Games, qui a accusé l'App Store lié aux iPhone et iPad d'être un monopole. Epic est tenu d'utiliser le mode de paiement d'Apple pour les achats in-app dans Fortnite (et donc de payer une commission de 30 %), et c'est le fait que la société ait décidé de proposer son propre système de paiement in-app qui a poussé Apple à retirer le jeu de l'App Store.

Epic fait valoir que l'App Store ne fournit aucun service réel, mais permet simplement à Apple de puiser de l'argent des développeurs. Epic poursuit Apple pour violations des lois antitrust pour ces motifs, après avoir lancé un système de paiement in-app non autorisé pour Fortnite plus tôt cette année. Mais Apple insiste sur le fait que le processus d'examen de l'App Store est un élément central des efforts plus larges de sécurité de la plateforme autour d'iOS.


La question de savoir combien de bénéfices Apple tire de l'App Store sera débattue au cours de ce procès. Un témoin d'Epic Games a déclaré que l'App Store d'Apple avait des marges d'exploitation supérieures à 70 % au cours des exercices 2018 et 2019, selon des documents judiciaires. Des informations du groupe de planification et d'analyse financière d'entreprise d'Apple ont confirmé ces informations en montrant que l'App Store avait une marge opérationnelle de 77,8 % en 2019 et de 74,9 % en 2018, selon Ned Barnes.

Mais le témoin expert d'Apple, Richard Schmalensee, a contesté les chiffres de Barnes, selon les documents judiciaires. « L'estimation de Barnes de la marge opérationnelle de l'App Store n'est pas fiable, car elle examine isolément un segment de l'écosystème iOS d'une manière qui augmente artificiellement la marge opérationnelle apparente de ce segment », a déclaré Schmalensee dans son témoignage écrit. « Lorsque l’on considère l’écosystème des appareils et des services d’Apple dans son ensemble, la marge d’exploitation tombe à un niveau insignifiant ».

Un taux de profit de l’App Store qui pourrait avoisiner les 80 %

En réponse à l'e-mail, Apple a déclaré qu'il n'y a aucune preuve que les frais de l'App Store sont liés à son bénéfice, et que l'e-mail de 2011 ne confirmait pas que le magasin faisait 1 milliard de dollars de bénéfices, d’après les documents judiciaires. Selon une analyse de Sensor Tower, les commissions perçues par l'App Store en 2020 s'élèvent à environ 22 milliards de dollars, et Epic cite un témoin qui affirme que son taux de profit est d'environ 80 %.

Apple a ajusté sa structure de commissions au fil des ans, mais n'a jamais abaissé son taux standard à 25 ou 20 %. En 2016, elle a ramené sa commission à 15 % pour les abonnés ayant souscrit à un service depuis plus d'un an. Puis, l'année dernière, elle a abaissé son taux à 15 % pour tous les développeurs qui réalisent moins d'un million de dollars de ventes sur sa boutique.

Les critiques d'Apple se sont élevées contre cette décision, le PDG d'Epic, Tim Sweeney, la qualifiant de « manœuvre calculée d'Apple pour diviser les créateurs d'applications et préserver son monopole sur les magasins et les paiements, rompant une nouvelle fois la promesse de traiter tous les développeurs de la même manière ».

Alors qu’Apple va tenter de justifier sa commission de 30 % pendant un procès de 3 semaines, un autre propriétaire de boutique en ligne est accusé de comportement anticoncurrentiel. Wolfire Games, le studio indépendant créateur de la première vitrine numérique Humble Indie Bundle, poursuit Valve Software pour violation des règles antitrust. « Valve abuse de son pouvoir de marché pour s'assurer que les éditeurs de jeux n'ont pas d'autre choix que de vendre la plupart de leurs jeux sur Steam Store, où ils sont soumis au péage de 30 % de Valve », a affirmé Wolfire Games dans une plainte déposée mardi.

L’action en justice, qui porte sur les jeux sur PC et qui comporte une longue liste d'abus de pouvoir de Valve contre plusieurs autres entreprises, se concentre sur ce qu'elle considère comme une liaison illégale entre la plateforme de jeux Steam (qui permet de gérer la bibliothèque de jeux, les réseaux sociaux, le suivi des succès, les mods Steam Workshop, etc.) et la boutique de jeux Steam (qui traite les paiements en ligne et livre une copie du jeu).

« L'échec de ces entreprises à concurrencer de manière significative la plateforme de jeux Steam montre qu'il est pratiquement impossible, d'un point de vue économique, de concurrencer la plateforme de jeux Steam », affirme la plainte. « La plateforme de jeux Steam a bien consolidé sa domination sur le marché des plateformes de jeux pour PC de bureau et, compte tenu de ses effets de réseau uniques et puissants, il est peu probable que cela change ».

Selon un commentateur, même si Apple réduisait à 20 %, cela ne résoudrait pas le problème. « S'ils réduisent leur commission à 25 % ou même 20 %, les gens continueront à se plaindre que c'est trop », a-t-il écrit. « Cela ne résoudra rien et pourrait même aggraver la situation, car certains se diront que s'ils peuvent vraiment réduire leur commission de 5 ou 10 %, cela montre qu'ils ont exploité leur position pendant tout ce temps et qu'il n'y a aucune raison de penser qu'ils ne le font toujours pas et qu'ils pourraient raisonnablement la réduire encore plus ». Et vous, qu’en pensez-vous ?

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Une réduction du taux de commission d’Apple de 30 % à 25, voire 20 %, serait satisfaisante, selon vous ?
Pensez-vous que ce procès pourrait redéfinir l’économie des plateformes numériques ?

Voir aussi :

La justice rejette les demandes de réparation d'Apple découlant de sa bataille contre Epic sur Fortnite, elle estime qu'Apple doit présenter des faits et non se contenter de lancer des affirmations
L'App Store donne à Apple un « pouvoir de monopole » sur les applications iOS, lui permettant de réaliser des profits démesurés, selon le rapport antitrust de la Chambre des représentants US
L'App Store avait des bénéfices de près de 78 % au cours de l'exercice 2019, selon le témoignage d'un expert-comptable en faveur d'Epic Games Inc
Le créateur de Humble Bundle intente un procès antitrust contre Valve au sujet de Steam, qui est accusé de constituer un véritable monopole pour les jeux sur PC

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Avatar de Bruno
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 07/06/2021 à 20:41
L'action en justice entre Apple et Epic Games révèle les inquiétudes d'Apple,
concernant le passage des utilisateurs au système d'exploitation Android

En conflit avec Apple, donc les politiques obligent les développeurs à utiliser son système de paiement, qui prélève une commission de 15 à 30 %, Epic Games, le développeur de Fortnite, qui a également développé le moteur de jeu Unreal Engine, a lancé en 2018 sa propre plateforme de distribution de jeux. Son argument de vente pour attirer les développeurs : prélever 12 % seulement des revenus de ventes sur la plateforme, ce qui laisse effectivement 88 % aux gens qui bossent dur pour développer les jeux. L'action en justice entre Apple et Epic Games révèle les inquiétudes d'Apple concernant le passage des utilisateurs au système d'exploitation Android. En 2019, un mémo interne indiquait qu'environ 19 % des utilisateurs d’Apple finissent par opter pour Android.

Rappelons qu’en mars de cette année, Epic Games a déposé une plainte contre Apple auprès du régulateur britannique. Epic a noté que lorsqu'il a donné aux utilisateurs de son application Fortnite le choix de la façon dont ils pouvaient faire des achats, Apple a riposté en supprimant Fortnite de son App Store. Puis, quand Epic a poursuivi Apple pour s’attaquer à son abus supposé de position dominante sur les magasins d'applications et les paiements intégrés, Apple a riposté avec férocité. En effet, en août de l’année dernière, Apple a supprimé le compte des développeurs Epic Games, privant ainsi les utilisateurs sur iOS et macOS des téléchargements du jeu Epic Games et de recevoir des mises à jour.

Plus tôt le mois dernier, Epic a révélé que l’Epic Games Store (EGS) pourrait être responsable de 35 à 50 % du marché des jeux sur PC d'ici 2024. Ce qui serait un énorme succès, si l'on considère que Steam détient actuellement environ 75 % de ce marché. « Étant donné que nous sommes nous-mêmes développeurs, nous avons toujours voulu une plateforme avec une bonne économie qui nous met directement en relation avec nos joueurs », a expliqué Tim Sweeney, le PDG d'Epic Games. « Grâce au succès de Fortnite, nous avons cela désormais et nous sommes prêts à le partager avec les autres développeurs ».

Le procès qui oppose Apple au créateur de Fortnite, Epic Games, révèle qu'Apple a tendance à prendre note du nombre d'utilisateurs qui changent de téléphone à un moment donné. Selon le constructeur d’iPhone, un utilisateur d'Apple s'en tiendra aux iPhone et les utilisateurs d'Android s'en tiendront aux téléphones qui prennent en charge leur système d'exploitation.

Des documents internes d'Apple montrent des preuves de changement de fournisseur


La manière dont Apple procède est assez subtile selon la documentation qui a été révélée au tribunal pendant le traitement de l'affaire. En 2019, un mémo interne impliquait qu'Apple partait du principe qu'environ 81 % de ses utilisateurs allaient rester fidèles à ses produits, et bien que cela ne soit pas mentionné explicitement, cela semble indiquer qu'Apple s'attendait à ce qu'environ 19 % de ses utilisateurs finissent par passer à une autre option, et puisque Android est la seule autre option viable sur le marché, on peut dire sans risque de se tromper que la grande majorité de ce changement aurait bénéficié à Google dans une certaine mesure.

Tout cela étant dit et maintenant hors de propos, il est important de noter qu'il est probable que l'échange se fasse dans les deux sens. Bien qu'il n'existe pas de données officielles indiquant le nombre d'utilisateurs qui passent d'Android à Apple, le nombre de personnes qui s'attendent à rester avec Apple est tombé à 76 % en 2020 et est maintenant remonté à 88 %. Il y a donc clairement beaucoup de changement à cet égard et on ne peut pas vraiment dire qu'une entreprise s'en tire actuellement beaucoup mieux que l'autre.

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?

Voir aussi :

Epic Games dépose une plainte contre Apple auprès du régulateur britannique, pour cause Apple oblige à utiliser son système de paiement qui prélève des commissions de 15 à 30 %

Apple supprime le compte développeur Epic Games : les utilisateurs sur iOS et macOS ne peuvent ni télécharger de jeux Epic Games ni recevoir des mises à jour

Epic Games Store est lancé avec une sélection très limitée de jeux, certains titres seront disponibles à la fin de ce mois

« Epic Games va cesser de faire des exclusivités si Steam offre aux développeurs plus d'argent », a annoncé Tim Sweeney, PDG d'Epic Game
17  0 
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 25/05/2021 à 7:21
À la fin du procès Epic c Apple, le juge s’interroge sur les implications d'une modification des règles de l'App Store
ainsi que sur la possibilité d'ouvrir des vitrines concurrentes sur iOS

Les éditeurs d'applications et les régulateurs du monde entier regardent le procès opposant Apple à Epic avec attention. Durant cet exercice, la juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers a laissé entendre dans des questions pointues à Apple qu'elle pourrait être réceptive à certaines des allégations de l’éditeur du jeu Fortnite selon lesquelles Apple abuse de son contrôle sur l'App Store et blesse les développeurs.

La semaine dernière, la juge fédérale a déclaré que les bénéfices de l'App Store d'Apple auprès des éditeurs de jeux semblaient « disproportionnés ». Dans une longue série de questions, elle a interrogé le PDG d’Apple, Tim Cook, sur le modèle économique de l'App Store et sur la nature même de sa relation avec les développeurs, mettant Cook au pied du mur sur la concurrence de l'App Store. Au début de son interrogatoire, elle a fait admettre à Cook que les jeux, et en particulier les achats in-app pour les jeux mobiles sur l'iPhone, génèrent la majorité des revenus de l'App Store. À partir de là, Gonzalez Rogers a forcé Cook à répondre à une série de questions de plus en plus inconfortables sur la problématique de savoir si la conduite d'Apple à l'égard des développeurs de jeux est juste et n’est pas anticoncurrentielle.

Sur une hypothétique situation dans laquelle la monnaie V-Bucks du jeu Fortnite était disponible à un prix plus bas sur le Web que dans l'application iOS elle-même, « Quel est le problème de permettre aux utilisateurs d'avoir le choix, en particulier dans un contexte de jeu, de trouver une option moins chère pour le contenu ? » a-t-elle demandé à Cook.

Il a répondu que « si vous autorisez les gens à établir un lien de ce type, vous renoncez essentiellement au rendement total de notre propriété intellectuelle ». Plus tôt dans son témoignage, Cook a déclaré, par analogie, que le fait de permettre aux applications de diriger les consommateurs vers des options d'achat sans commission en dehors de l'App Store « reviendrait à ce qu'Apple aille chez Best Buy, mette un panneau indiquant que vous pouvez aller de l'autre côté de la rue dans l'Apple Store pour acheter un iPhone. Si l'on s'efforce d'effectuer une transaction avec le client [dans l'application], il semble que cela doive se faire dans l'application ».

Selon Cook, les utilisateurs ont « un choix entre de nombreux modèles Android différents et un iPhone » s'ils recherchent un choix. « S'ils voulaient aller chercher un Battle Pass ou des V-Bucks moins chers, et qu'ils ne savent pas qu'ils ont cette option, quel est le problème si Apple leur donne cette option ? ». Les directives de l'App Store d'Apple interdisent aux développeurs d'informer les utilisateurs des options de paiement alternatives, bien que Cook ait clarifié que les développeurs peuvent demander l'adresse e-mail d'un utilisateur et lui vendre ces options par e-mail.

La sécurité mise en avant

Apple a fait valoir que le contrôle de son App Store, le seul moyen pour les consommateurs d'installer des logiciels sur les iPhone, est essentiel pour les promesses de sécurité et de confidentialité de l'entreprise à ses utilisateurs, et un gage de qualité sur un marché aussi concurrentiel. « Nous ne pourrions plus faire la promesse de confidentialité, de sûreté et de sécurité si Epic Games l'emporte », a déclaré Cook. De son côté, Epic Games soutient que la sécurité est une excuse pour prélever des frais et garder un contrôle sur les fabricants de logiciels.

Confronté à des questions sur le niveau de profit que l'App Store génère à partir des 30 % de commission qu'il prélève sur les ventes, il a déclaré : « Nous n'avons pas de compte de résultat séparé pour l'App Store ». Au lieu de cela, il a dit qu'il avait « le sentiment » que c'était rentable – mais qu'il ne pouvait pas partager les chiffres avec le tribunal.

Cook était interrogé sur sa surveillance des décisions de haut niveau concernant les politiques de l'App Store. La juge Yvonne Gonzalez Rogers a également interrogé Cook, posant des questions sur une enquête qui a montré que 39 % des développeurs sont insatisfaits de l'App Store. Cook a déclaré qu'il n'était pas familier avec l'enquête, mais a déclaré qu'il y avait une « friction » parce qu'Apple rejetait 40% des applications chaque semaine.

La juge lui a également demandé s'il était un joueur, ce à quoi il a répondu par la négative.

L'homologue de Cook dans l'affaire (le chef d'Epic Games, Tim Sweeney) était déjà passé à la barre dans les premiers jours de la longue bataille juridique.

Une décision qui est attendue dans quelques mois

Lundi, la juge a demandé à Epic s'il y avait un moyen de répondre à ses préoccupations sans forcer Apple à ouvrir l'iPhone aux magasins d'applications rivaux, comme Epic l'a proposé. Ce serait un changement radical et « les tribunaux ne dirigent pas les entreprises », a-t-elle déclaré. Elle a également noté l'aubaine qu'un changement signifierait pour Epic, dont les propres efforts pour démarrer une boutique d'applications payante concurrente ont été discutés au cours du procès.

« Soyons clairs. Epic est là parce que si une aide est accordée, elle passe d'une entreprise de plusieurs milliards de dollars à une entreprise de plusieurs billions de dollars. Mais elle ne le fait pas par bonté de cœur », a-t-elle déclaré.

L'avocat d'Epic, Gary Bornstein, a maintenu la demande d'Epic depuis le dépôt de l'affaire l'année dernière : forcer Apple à ouvrir l'iPhone aux magasins d'applications concurrents et l'empêcher d'exiger des développeurs qu'ils utilisent son système de paiement intégré. Gonzalez Rogers a déclaré que dans le cadre des changements proposés par Epic, il est probable que la société ne paierait rien à Apple, un fait qui l'a « préoccupée » tout au long du procès.

Le PDG d'Epic, Tim Sweeney, qui a dirigé la stratégie juridique de l'entreprise et a assisté à l'ensemble du procès, « attaque la manière fondamentale dont Apple génère des revenus », a déclaré Gonzalez Rogers. « Il y a un argument raisonnable selon lequel (Apple) utilise ces bénéfices au profit de l'ensemble de l'écosystème ».

À certains moments, Gonzalez Rogers a remis en question d'autres problèmes, comme une règle Apple interdisant aux développeurs d'utiliser les adresses e-mail collectées auprès des utilisateurs d'iPhone pour commercialiser des moyens d'éviter le système d'achat intégré d'Apple. « Le fait de cacher ces informations par Apple d'une manière qui ne soit pas directement reflétée au consommateur semble être anticoncurrentiel », a-t-elle déclaré.

Tout au long de la journée, les avocats d'Apple ont fait valoir que les demandes globales d'Epic mettraient Apple au même niveau que le système Android, ce qui réduirait essentiellement le choix des consommateurs. « Apple veut garder son produit différencié », a déclaré l'avocate d'Apple Veronica Moye. Quiconque veut des boutiques d'applications tierces "est libre de sortir et d'acheter un appareil Android. La demande est de forcer Apple à retirer un produit concurrent du marché ».

Pour prendre sa décision, la juge devra parcourir 4500 pages de témoignages, un processus qui, selon elle, pourrait prendre des mois.

De quoi est-il question ?

Deux choses principales sont au centre de l'affaire : la commission de 30% qu'Apple prend sur les achats intégrés et le fait qu'aucun autre magasin d'applications n'est autorisé à exister sur l'iPhone et l'iPad pour offrir une alternative.

Epic's Fortnite est l'un des jeux les plus populaires au monde et gagne de l'argent grâce à des achats in-app de costumes de personnages et d'autres objets numériques. Une commission de 30 % sur des millions de ces achats représente beaucoup – mais les règles d'Apple interdisent à l'entreprise de contourner ses méthodes de paiement si une vente est effectuée dans l'application iPhone.

En août de l'année dernière, Fortnite a offert aux joueurs une réduction de 20 % s'ils payaient directement Epic Games, en violation directe des règles d'Apple. Apple a rapidement supprimé l'application de son magasin – tout comme Google, qui applique une politique similaire.

Epic s'était clairement attendu à ce que cela se produise. La firme a immédiatement lancé une guerre médiatique pour mobiliser ses fans et gagner du soutien, dépeignant Apple comme une force dominante qui supprime la liberté de choix. En quelques heures, Epic a déposé des plaintes juridiques préparées aux États-Unis contre Apple et Google.

Mais le débat va au-delà de la réduction de 30 %, évoquant des questions plus larges sur la compétitivité. Epic n'a pas caché le fait qu'il aimerait gérer ses propres magasins d'applications sur iOS et Android, en évitant complètement les systèmes de paiement et de livraison d'Apple et de Google.

Source : Procès antitrust Epic contre Apple

Et vous ?

Êtes-vous pour ou contre la possibilité d'ouvrir des vitrines concurrentes sur iOS ?
Êtes-vous pour ou contre la possibilité de procéder au paiement par son propre système de facturation et d'éviter ainsi de payer une commission à Apple ?
Le modèle commercial de l'App Store devrait-il être revu dans ces cas ?
Les éditeurs d'applications et les régulateurs du monde entier regardent le procès opposant Apple à Epic avec attention. Durant cet exercice, la juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers a laissé entendre dans des questions pointues à Apple qu'elle pourrait être réceptive à certaines des allégations de l’éditeur du jeu Fortnite selon lesquelles Apple abuse de son contrôle sur l'App Store et blesse les développeurs.

La semaine dernière, la juge fédérale a déclaré que les bénéfices de l'App Store d'Apple auprès des éditeurs de jeux semblaient « disproportionnés ». Dans une longue série de questions, elle a interrogé le PDG d’Apple, Tim Cook, sur le modèle économique de l'App Store et sur la nature même de sa relation avec les développeurs, mettant Cook au pied du mur sur la concurrence de l'App Store. Au début de son interrogatoire, elle a fait admettre à Cook que les jeux, et en particulier les achats in-app pour les jeux mobiles sur l'iPhone, génèrent la majorité des revenus de l'App Store. À partir de là, Gonzalez Rogers a forcé Cook à répondre à une série de questions de plus en plus inconfortables sur la problématique de savoir si la conduite d'Apple à l'égard des développeurs de jeux est juste et n’est pas anticoncurrentielle.

Sur une hypothétique situation dans laquelle la monnaie V-Bucks du jeu Fortnite était disponible à un prix plus bas sur le Web que dans l'application iOS elle-même, « Quel est le problème de permettre aux utilisateurs d'avoir le choix, en particulier dans un contexte de jeu, de trouver une option moins chère pour le contenu ? » a-t-elle demandé à Cook.

Il a répondu que « si vous autorisez les gens à établir un lien de ce type, vous renoncez essentiellement au rendement total de notre propriété intellectuelle ». Plus tôt dans son témoignage, Cook a déclaré, par analogie, que le fait de permettre aux applications de diriger les consommateurs vers des options d'achat sans commission en dehors de l'App Store « reviendrait à ce qu'Apple aille chez Best Buy, mette un panneau indiquant que vous pouvez aller de l'autre côté de la rue dans l'Apple Store pour acheter un iPhone. Si l'on s'efforce d'effectuer une transaction avec le client [dans l'application], il semble que cela doive se faire dans l'application ».

Selon Cook, les utilisateurs ont « un choix entre de nombreux modèles Android différents et un iPhone » s'ils recherchent un choix. « S'ils voulaient aller chercher un Battle Pass ou des V-Bucks moins chers, et qu'ils ne savent pas qu'ils ont cette option, quel est le problème si Apple leur donne cette option ? ». Les directives de l'App Store d'Apple interdisent aux développeurs d'informer les utilisateurs des options de paiement alternatives, bien que Cook ait clarifié que les développeurs peuvent demander l'adresse e-mail d'un utilisateur et lui vendre ces options par e-mail.

La sécurité mise en avant

Apple a fait valoir que le contrôle de son App Store, le seul moyen pour les consommateurs d'installer des logiciels sur les iPhone, est essentiel pour les promesses de sécurité et de confidentialité de l'entreprise à ses utilisateurs, et un gage de qualité sur un marché aussi concurrentiel. « Nous ne pourrions plus faire la promesse de confidentialité, de sûreté et de sécurité si Epic Games l'emporte », a déclaré Cook. De son côté, Epic Games soutient que la sécurité est une excuse pour prélever des frais et garder un contrôle sur les fabricants de logiciels.

Confronté à des questions sur le niveau de profit que l'App Store génère à partir des 30 % de commission qu'il prélève sur les ventes, il a déclaré : « Nous n'avons pas de compte de résultat séparé pour l'App Store ». Au lieu de cela, il a dit qu'il avait « le sentiment » que c'était rentable - mais qu'il ne pouvait pas partager les chiffres avec le tribunal.

Cook était interrogé sur sa surveillance des décisions de haut niveau concernant les politiques de l'App Store. La juge Yvonne Gonzalez Rogers a également interrogé Cook, posant des questions sur une enquête qui a montré que 39 % des développeurs sont insatisfaits de l'App Store. Cook a déclaré qu'il n'était pas familier avec l'enquête, mais a déclaré qu'il y avait une « friction » parce qu'Apple rejetait 40% des applications chaque semaine.

La juge lui a également demandé s'il était un joueur, ce à quoi il a répondu par la négative.

L'homologue de Cook dans l'affaire (le chef d'Epic Games, Tim Sweeney) était déjà passé à la barre dans les premiers jours de la longue bataille juridique.

Une décision qui est attendue dans quelques mois

Lundi, la juge a demandé à Epic s'il y avait un moyen de répondre à ses préoccupations sans forcer Apple à ouvrir l'iPhone aux magasins d'applications rivaux, comme Epic l'a proposé. Ce serait un changement radical et « les tribunaux ne dirigent pas les entreprises », a-t-elle déclaré. Elle a également noté l'aubaine qu'un changement signifierait pour Epic, dont les propres efforts pour démarrer une boutique d'applications payante concurrente ont été discutés au cours du procès.

« Soyons clairs. Epic est là parce que si une aide est accordée, elle passe d'une entreprise de plusieurs milliards de dollars à une entreprise de plusieurs billions de dollars. Mais elle ne le fait pas par bonté de cœur », a-t-elle déclaré.

L'avocat d'Epic, Gary Bornstein, a maintenu la demande d'Epic depuis le dépôt de l'affaire l'année dernière : forcer Apple à ouvrir l'iPhone aux magasins d'applications concurrents et l'empêcher d'exiger des développeurs qu'ils utilisent son système de paiement intégré. Gonzalez Rogers a déclaré que dans le cadre des changements proposés par Epic, il est probable que la société ne paierait rien à Apple, un fait qui l'a « préoccupée » tout au long du procès.

Le PDG d'Epic, Tim Sweeney, qui a dirigé la stratégie juridique de l'entreprise et a assisté à l'ensemble du procès, « attaque la manière fondamentale dont Apple génère des revenus », a déclaré Gonzalez Rogers. « Il y a un argument raisonnable selon lequel (Apple) utilise ces bénéfices au profit de l'ensemble de l'écosystème ».

À certains moments, Gonzalez Rogers a remis en question d'autres problèmes, comme une règle Apple interdisant aux développeurs d'utiliser les adresses e-mail collectées auprès des utilisateurs d'iPhone pour commercialiser des moyens d'éviter le système d'achat intégré d'Apple. « Le fait de cacher ces informations par Apple d'une manière qui ne soit pas directement reflétée au consommateur semble être anticoncurrentiel », a-t-elle déclaré.

Tout au long de la journée, les avocats d'Apple ont fait valoir que les demandes globales d'Epic mettraient Apple au même niveau que le système Android, ce qui réduirait essentiellement le choix des consommateurs. « Apple veut garder son produit différencié », a déclaré l'avocate d'Apple Veronica Moye. Quiconque veut des boutiques d'applications tierces "est libre de sortir et d'acheter un appareil Android. La demande est de forcer Apple à retirer un produit concurrent du marché ».

Pour prendre sa décision, la juge devra parcourir 4500 pages de témoignages, un processus qui, selon elle, pourrait prendre des mois.

De quoi est-il question ?

Deux choses principales sont au centre de l'affaire : la commission de 30% qu'Apple prend sur les achats intégrés et le fait qu'aucun autre magasin d'applications n'est autorisé à exister sur l'iPhone et l'iPad pour offrir une alternative.

Epic's Fortnite est l'un des jeux les plus populaires au monde et gagne de l'argent grâce à des achats in-app de costumes de personnages et d'autres objets numériques. Une commission de 30 % sur des millions de ces achats représente beaucoup - mais les règles d'Apple interdisent à l'entreprise de contourner ses méthodes de paiement si une vente est effectuée dans l'application iPhone.

En août de l'année dernière, Fortnite a offert aux joueurs une réduction de 20 % s'ils payaient directement Epic Games, en violation directe des règles d'Apple. Apple a rapidement supprimé l'application de son magasin - tout comme Google, qui applique une politique similaire.

Epic s'était clairement attendu à ce que cela se produise. La firme a immédiatement lancé une guerre médiatique pour mobiliser ses fans et gagner du soutien, dépeignant Apple comme une force dominante qui supprime la liberté de choix. En quelques heures, Epic a déposé des plaintes juridiques préparées aux États-Unis contre Apple et Google.

Mais le débat va au-delà de la réduction de 30 %, évoquant des questions plus larges sur la compétitivité. Epic n'a pas caché le fait qu'il aimerait gérer ses propres magasins d'applications sur iOS et Android, en évitant complètement les systèmes de paiement et de livraison d'Apple et de Google.

Source : Procès antitrust Epic contre Apple

Et vous ?

Êtes-vous pour ou contre la possibilité d'ouvrir des vitrines concurrentes sur iOS ?
Êtes-vous pour ou contre la possibilité de procéder au paiement par son propre système de facturation et d'éviter ainsi de payer une commission à Apple ?
Le modèle commercial de l'App Store devrait-il être revu dans ces cas ?
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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 22/05/2021 à 15:51
Les bénéfices de l'App Store d'Apple semblent "disproportionnés", a déclaré un juge américain au PDG Cook,
Apple ne ressent aucune « pression ou concurrence » pour réduire le prix

Tim Cook a témoigné pendant plus de deux heures à Oakland, en Californie, en tant que témoin final de la défense d'Apple contre les accusations d'Epic selon lesquelles les contrôles et les commissions de l'App Store du fabricant de l'iPhone ont créé un monopole dont Apple abuse illégalement. En particulier, la juge semble préoccupée par la rigidité de la commission de 30 % et par les règles d'Apple interdisant aux développeurs de communiquer des moyens d'acheter des biens numériques hors plateforme. Elle a déclaré que les bénéfices qu'Apple tire des développeurs de jeux « semblent être disproportionnés ». Mais Cook répond en disant que les commissions sont un moyen de « fournir un retour sur investissement » et les règles visent à protéger les clients des logiciels malveillants.

Le fabricant de "Fortnite", un jeu en ligne qui oppose les joueurs dans une "bataille royale" animée jusqu'au dernier survivant, a mené ces derniers mois une campagne de relations publiques et juridique contre Apple. Epic a parodié la publicité emblématique d'Apple "1984" et a fait valoir devant les tribunaux que la société agit de manière anticoncurrentielle en n'autorisant que les applications approuvées sur le milliard d'iPhone dans le monde et en forçant les développeurs à utiliser le système de paiement in-app, qui prélève des commissions de vente pouvant atteindre 30 %.


Lors du 15e et dernier jour de témoignage, la juge Gonzalez, dans une longue série de questions, a interrogé le PDG d’Apple, Tim Cook, sur le modèle économique de l'App Store et sur la nature même de sa relation avec les développeurs, mettant Cook au pied du mur sur la concurrence de l'App Store. Au début de son interrogatoire, elle a fait admettre à Cook que les jeux, et en particulier les achats in-app pour les jeux mobiles sur l'iPhone, génèrent la majorité des revenus de l'App Store. À partir de là, Gonzalez Rogers a forcé Cook à répondre à une série de questions de plus en plus inconfortables sur la question de savoir si la conduite d'Apple à l'égard des développeurs de jeux est juste et non en fait anticoncurrentielle.

Sur une hypothétique situation dans laquelle la monnaie V-Bucks du jeu Fortnite était disponible à un prix plus bas sur le Web que dans l'application iOS elle-même, « Quel est le problème de permettre aux utilisateurs d'avoir le choix, en particulier dans un contexte de jeu, de trouver une option moins chère pour le contenu ? » a-t-elle demandé à Cook.

Il a répondu que « si vous autorisez les gens à établir un lien de ce type, vous renoncez essentiellement au rendement total de notre propriété intellectuelle ». Plus tôt dans son témoignage, Cook a déclaré, par analogie, que le fait de permettre aux applications de diriger les consommateurs vers des options d'achat sans commission en dehors de l'App Store « reviendrait à ce qu'Apple aille chez Best Buy, mette un panneau indiquant que vous pouvez aller de l'autre côté de la rue dans l'Apple Store pour acheter un iPhone. Si l'on s'efforce d'effectuer une transaction avec le client [dans l'application], il semble que cela doive se faire dans l'application ».

Selon Cook, les utilisateurs ont « un choix entre de nombreux modèles Android différents et un iPhone » s'ils recherchent un choix. « S'ils voulaient aller chercher un Battle Pass ou des V-Bucks moins chers, et qu'ils ne savent pas qu'ils ont cette option, quel est le problème si Apple leur donne cette option ? ». Les directives de l'App Store d'Apple interdisent aux développeurs d'informer les utilisateurs des options de paiement alternatives, bien que Cook ait clarifié que les développeurs peuvent demander l'adresse e-mail d'un utilisateur et lui vendre ces options par e-mail.

Les commissions sont un moyen de « fournir un retour sur investissement », selon Cook

Sous l’avalanche des questions de Rogers lors de l’interrogatoire, Cook a fini par déclarer que les commissions d'Apple ne sont « pas des frais de traitement des paiements », mais plutôt un moyen de « fournir un retour sur investissement » pour les milliards de dollars de recherche et de développement qu'Apple consacre chaque année au matériel de l'iPhone et au développement d'applications. Le système d'achat in-app (IAP) lui-même, a déclaré Cook, est simplement le moyen le plus efficace de percevoir une commission de 15 à 30 % sur chaque vente in-app. « Sans l'IAP, nous devrions trouver un autre système pour facturer les développeurs. Ce serait le bazar ».

Dans ses questions directes, cependant, le juge Rogers a suggéré que la situation était de la propre conception d'Apple, et que la société pourrait décider de monétiser sa propriété intellectuelle de l'App Store différemment. En l'état actuel des choses, a déclaré Rogers, « l'industrie du jeu semble générer des sommes d'argent disproportionnées par rapport à la propriété intellectuelle que vous lui donnez et à celle de tous les autres. Ils semblent subventionner tous les autres ».

Des banques comme Wells Fargo et Bank of America, par exemple, ne versent aucune commission à Apple pour les achats ou les affaires effectués sur ces applications, a souligné Rogers. « Vous faites payer les joueurs pour subventionner Wells Fargo », a-t-elle dit. « Cela semble disproportionné ».


Cook a reconnu que la majorité des applications gratuites de l'App Store bénéficient d'une certaine subvention de la part des applications qui paient des commissions. Mais il a suggéré que les applications gratuites contribuent également à « augmenter considérablement le trafic sur la boutique », apportant ainsi un public potentiel plus large aux applications payantes. « Il existe d'autres moyens de monétisation, mais nous avons choisi celui-là parce que nous pensons que c'est le meilleur », a-t-il déclaré.

La juge a déclaré qu'elle pouvait comprendre l'argument selon lequel Apple contribuait à attirer un public vers les jeux et méritait une redevance de plateforme pour ce service. Mais après cette première introduction, dit-elle, « les développeurs gardent les clients dans le jeu. Apple ne fait que profiter de cela, il me semble ». Le patron d’Apple n'était pas du même avis, disant qu'Apple « crée essentiellement la totalité du commerce sur la boutique, et nous le faisons en créant la plus grande audience là-bas ».

La juge a également martelé Cook sur la réduction de la commission de l'App Store l'année dernière, dans le cadre de son nouveau programme pour les petites entreprises, en disant qu'elle « semblait être le résultat de la pression que vous ressentez des enquêtes, des poursuites, et non de la concurrence », et elle s'est également opposée à ce dont Cook se défile en utilisant le marché des consoles de jeux. « Lorsque les autres magasins ont réduit leur prix, Steam a réduit son prix, vous n'avez ressenti aucune pression pour réduire votre prix », a-t-elle contré.

Dans sa conclusion générale, Gonzalez Rogers, a exprimé un profond scepticisme à l'égard des affirmations d'Apple selon lesquelles l'App Store est exploité comme il l'est par pure bonté d'âme. Elle a ajouté : « Il ne me semble pas que vous ressentiez une quelconque pression ou concurrence pour changer votre façon d'agir afin de répondre aux préoccupations des développeurs ».

La défense de la vie privée et de la sécurité

Dans son premier tour de parole le vendredi, Cook a été interrogé par l'avocat de sa propre société. Face un doux et paisible interrogatoire, le PDG d’Apple a présenté à un moment donné une façade d'ignorance innocente lorsqu'il a été interrogé sur les chiffres de la R&D d'Apple. Plus précisément, Cook a déclaré qu'Apple ne pouvait pas estimer la part de cet argent consacrée à l'App Store, car « nous ne procédons pas à cette répartition », c'est-à-dire que les budgets de recherche pour les produits individuels ne sont pas séparés du reste. Même s'il n'est pas possible de ventiler parfaitement ces dépenses pour les produits et la recherche, l'entreprise doit savoir dans une certaine mesure comment ses ressources sont déployées et à quel effet.

Ensuite, Cook n’a abordé que les ventes nettes totales, qui s'élevaient à environ 275 milliards de dollars avec une marge bénéficiaire de 21 %, en précisant qu'Apple n'évalue pas les revenus de l'App Store comme une activité autonome. On peut certes soutenir que l'App Store est un élément étroitement intégré dans une structure commerciale plus vaste. Mais l'idée qu'il ne puisse pas être évalué comme une activité autonome paraît ridicule.

Avant l'interrogatoire direct de la juge Rogers, Cook a déclaré qu'une défaite d'Apple dans le procès « serait terrible pour l'utilisateur » si elle conduisait à l'introduction d'options de magasins d'applications concurrentes sur iOS. Cook a déclaré que cela était dû au fait que les autres magasins d'applications ne seraient pas tenus de suivre les directives d'Apple en matière de sécurité et de confidentialité ni d'exécuter le processus d'examen humain des applications qui contribue à l'application de ces politiques.

« Si vous regardez aujourd'hui, nous examinons 100 000 applications par semaine et en rejetons 40 000 pour une raison ou une autre », a déclaré Cook. « Vous pouvez imaginer que si nous désactivions la révision de l'App Store, cela deviendrait une sorte de désordre ».

Le témoignage de Cook a réitéré un thème commun aux témoins d'Apple tout au long du procès, à savoir que le contrôle étroit qu'Apple exerce sur le marché des applications iOS vise à protéger les utilisateurs (et la réputation de sécurité d'iOS) plutôt qu'à protéger strictement les finances de l'entreprise. « La boutique doit être un endroit sûr et fiable où les clients veulent venir et faire confiance à leurs transactions », a déclaré Cook.

Il a également dit qu'il pense que l'App Store intégré d'Apple peut offrir une meilleure sécurité et une meilleure confidentialité que la concurrence. « Nous nous concentrons de manière maniaque sur l'utilisateur et sur le fait de faire la bonne chose pour le client », a déclaré Cook. « La sûreté et la sécurité sont les fondements sur lesquels la vie privée est construite. La technologie a la capacité d'aspirer toutes sortes de données des gens, et nous aimons fournir aux gens des outils pour contourner cela ».

En contre-interrogatoire, cependant, l'avocat d'Epic a suggéré qu'Apple n'a jamais mis cette proposition à l'épreuve en permettant aux utilisateurs d'iOS de télécharger des applications provenant d'autres app stores qui ne disposent pas de ces protections. Dans un monde avec des boutiques d'applications iOS concurrentes, l'avocat a suggéré que les personnes qui apprécient la sélection d'Apple « pourraient toujours faire leurs achats chez Apple [et son App Store] ».

Epic ne sert que « de cheval de bataille à Microsoft »

La rivalité entre Apple et Microsoft s'est intensifiée en raison du procès, Apple suggérant que le fabricant de Fortnite agissait comme un cheval de Troie pour Microsoft Corp. et retenait des preuves. Ces accusations sont intervenues mercredi soir dans un document d’Apple demandant à un juge d'émettre un avis défavorable sur la crédibilité de Lori Wright, un cadre de Xbox qui a témoigné dans le procès au nom d'Epic. Cela signifierait que le juge pourrait ignorer son témoignage.


Apple a fait cette demande plus tôt, mais a renforcé ses accusations dans le nouveau dépôt. « Un observateur raisonnable pourrait se demander si Epic ne sert pas de cheval de bataille à Microsoft », a déclaré Apple. « Microsoft s'est protégé de toute découverte significative dans ce litige en n'apparaissant pas comme partie ou en n'envoyant pas de représentant de l'entreprise pour témoigner ».

Selon Apple, Epic a fait appel à autant de témoins associés à Microsoft au cours du procès qu'à ses propres témoins, dont Susan Athey de l'Université de Stanford. Athey, qui a témoigné pour Epic le 11 mai, a été interrogée par les avocats d'Apple sur son travail de consultante pour Microsoft. Elle a déclaré qu'elle s'était abstenue d'examiner les documents confidentiels soumis par Apple dans l'affaire en raison de ce travail.

« Apple tente de détourner l'attention des préoccupations légitimes de nombreuses entreprises du secteur concernant les politiques et pratiques de l'App Store, notamment son refus d'autoriser le streaming de jeux dans l'App Store d'Apple », a déclaré Microsoft dans un communiqué jeudi. « Epic parle et agit en son nom, et Microsoft et de nombreuses autres entreprises ont fait part de leurs préoccupations par leurs propres voix, y compris directement auprès d'Apple lui-même ». « Il est clair qu'Apple n'aime pas le témoignage de Wright », a ajouté Microsoft. « Qu'Apple n'ait aucune base pour contester la substance de son témoignage est tout aussi clair ».

Attendons de voir la suite de ce procès, qui pourrait très bien se terminer en faveur d'Apple, ou se traduire par un ajustement plutôt mineur des directives de l'App Store, ou peut-être même en quelque chose qui va toucher tous les propriétaires des app stores. Mais gagnant ou perdant, Epic peut attendre la revanche dans l’Union européenne ou en Grande-Bretagne.

Source : Procès antitrust Epic contre Apple

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Les commissions sont un moyen de « fournir un retour sur investissement », selon Cook. Quel commentaire en faites-vous ?
Que pensez-vous des accusations d’Apple selon lesquelles Fortnite agissait comme un cheval de Troie pour Microsoft ?

Voir aussi :

Epic Games Store pourrait représenter 35 à 50 % du marché des jeux sur PC d'ici 2024, selon la société Epic Games
L'App Store avait des bénéfices de près de 78 % au cours de l'exercice 2019, selon le témoignage d'un expert-comptable en faveur d'Epic Games Inc
Un cadre d'Apple avait suggéré de réduire la commission de l'App Store à 20 % dès 2011, Apple devrait modifier sa structure tarifaire « en position de force plutôt que de faiblesse »
Epic a « abandonné » 73 millions d'utilisateurs jouant à Fortnite uniquement sur iOS pour lutter contre Apple, voici quelques statistiques étonnantes provenant des documents judiciaires
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Avatar de Stéphane le calme
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Le 12/05/2021 à 16:43
Apple accusé d'avoir enfreint la loi britannique sur la concurrence en provoquant la surfacturation des applications
1,5 milliard de livres sterling de dommages-intérêts sont demandés

Un recours collectif a été lancé contre Apple en Grande-Bretagne. L'entreprise est accusée d'avoir enfreint la loi sur la concurrence en surfacturant les applications sur l'App Store UK, ce qui concernerait près de 20 millions de clients. Plus particulièrement, les éléments mis en cause sont le montant de la commission sur les ventes d'applications ainsi que l'utilisation obligatoire du système de traitement des paiements, qui génère « des niveaux de profit illégalement excessifs ». Les plaignants demandent une indemnisation des utilisateurs britanniques d'iPhone et d'iPad, avec des dommages-intérêts pouvant atteindre 1,5 milliard de livres sterling, soit environ 1,74 milliard d'euros.

Apple fait face à une demande se chiffrant en milliard de livres d'indemnisation des consommateurs dans le cadre d'un procès britannique qui accuse l'entreprise de surfacturer les utilisateurs avec la taxe de 30% prélevée pour les achats in-app réalisés sur son App Store.

L'affirmation fait valoir que les politiques restrictives d'Apple, qui obligent les développeurs d'applications à utiliser les propres systèmes de paiement de l’entreprise, génèrent des bénéfices « excessifs » pour l'entreprise et conduisent les consommateurs à payer plus qu'ils ne le feraient autrement. En tant qu'action collective, elle cherche à représenter les près de 20 millions de personnes au Royaume-Uni qui ont dépensé de l'argent sur l'App Store et réclame des dommages-intérêts pouvant atteindre 1,5 milliard de livres sterling.

Apple a estimé que cette action est « sans fondement ».

Le Dr Rachael Kent, expert en économie numérique et conférencier au King's College de l'Université de Londres, a déclaré : « l'App Store était une passerelle brillante pour une gamme de services intéressants et innovants que des millions d'entre nous trouvent utiles, moi-même inclus. Mais 13 ans après son lancement, il est devenu la seule porte d'entrée pour des millions de consommateurs. Apple garde jalousement l'accès au monde des applications et facture des frais d'entrée et d'utilisation totalement injustifiés.

« C'est le comportement d'une entité abusant de sa situation de monopole et c'est inacceptable.»

L'utilisation des applications se développe, et l'année dernière en particulier a vu augmenter la dépendance aux smartphones. Kent a déclaré qu'Apple n'avait pas le droit de facturer une taxe de 30 % pour les transactions sur les téléphones – en particulier lorsque Apple lui-même, selon elle, bloquait notre accès aux plateformes et aux développeurs proposant de meilleures offres.

Si l'action en justice aboutit, la cagnotte sera partagée entre chaque utilisateur britannique propriétaire d'un iPhone ou d'un iPad qui a acheté des applications payantes, des abonnements payants ou d'autres achats intégrés dans l'App Store britannique à tout moment depuis 2015.

Dans un communiqué, Apple a déclaré qu'il « se félicite de l'opportunité de discuter avec le tribunal de notre engagement indéfectible envers les consommateurs et des nombreux avantages que l'App Store a apportés à l'économie de l'innovation du Royaume-Uni ».

Apple a ajouté : « La commission facturée par l'App Store est très proche de celle facturée par tous les autres marchés numériques. En fait, 84 % des applications de l'App Store sont gratuites et les développeurs ne paient rien à Apple. Et pour la grande majorité des développeurs qui paient une commission à Apple parce qu'ils vendent un bien ou un service numérique, ils ont droit à un taux de commission de 15 %. »

L'accusation selon laquelle Apple abuse de sa situation dominante sur les iPhone pour facturer des frais excessifs n'est pas nouvelle

Apple a retiré Fortnite de l’App Store depuis le 13 août dernier après qu’Epic ait lancé une mise à jour du jeu comportant son propre système de paiement in-app.

Le système de paiement d’Epic lui permettait d’éviter de payer les 30 % de commissions exigées par Apple lors des achats dans les applications. L’éditeur du jeu Fortnite a alors demandé une ordonnance dans le but d’obliger Apple à remettre le jeu dans sa boutique jusqu’à la fin de la bataille judiciaire. Mais la juge a estimé que le développeur de jeu a rompu son contrat en tout état de cause et était donc en train d’en subir les conséquences.

« Epic savait qu'il violait les termes de son contrat avec Apple lorsqu'il a publié la mise à jour, mais il l'a quand même fait », a déclaré Rogers, accusant la société de malhonnêteté. « Vous avez fait une chose, vous avez menti par omission, par manque de franchise », a rappelé Rogers à Epic. « Il y a beaucoup de gens dans le public qui vous considèrent comme des héros pour ce que vous avez fait, mais vous ne procédez pas de la façon la plus honnête ».

Ainsi, le refus d’accorder l'ordonnance à Epic signifie que la situation dans laquelle Epic est interdit de publier de nouveaux jeux sur iOS et ne peut pas distribuer Fortnite sur l'App Store sous sa forme actuelle restera en place pendant la durée du procès, à moins qu'Epic ne décide de supprimer son propre système de paiement in-app qui a déclenché l'amère querelle juridique en août.

Cela n’a pas empêché Epic de porter plainte contre Apple pour abus de position dominante aux États-Unis, devant la Commission européenne, en Australie et au Royaume-Uni :

« Ce qui est en jeu ici, c'est l'avenir même des plateformes mobiles », a estimé le fondateur et PDG d'Epic Games, Tim Sweeney. « Les consommateurs ont le droit d'installer des applications à partir des sources de leur choix et les développeurs ont le droit de rivaliser sur un marché équitable. Nous ne resterons pas les bras croisés et ne laisserons pas Apple utiliser sa domination de plateforme pour contrôler ce qui devrait être un terrain de jeu numérique égal. C'est mauvais pour les consommateurs, qui paient des prix gonflés en raison du manque total de concurrence entre les magasins et du traitement des paiements via l'application. Et c'est mauvais pour les développeurs, dont les moyens de subsistance dépendent souvent de l'entière discrétion d'Apple quant à savoir qui autoriser sur la plateforme iOS et à quelles conditions ».


Le mois dernier, la Commission européenne a accusé Apple d'abuser de sa position dominante sur le marché du streaming musical avec les règles de l'App Store sur les paiements in-app, après une plainte de Spotify. Le régulateur a fait valoir qu'Apple privilégiait son propre service de streaming Apple Music en imposant des frais à la concurrence.

L'UE s'est concentrée sur deux règles qu'Apple impose aux développeurs : l'utilisation obligatoire du système d'achat in-app d'Apple (pour lequel Apple prélève une commission de 30 %) et une règle interdisant aux développeurs d'applications d'informer les utilisateurs des autres possibilités d'achat en dehors des applications. « Les règles d'Apple mettent à mal la concurrence sur le marché des services de streaming musical en augmentant les coûts pour les développeurs d'applications de streaming de musique concurrentes. Il en résulte une hausse des prix pour les consommateurs pour leurs abonnements musicaux en ligne sur les appareils iOS », indique la Commission.

Le nœud central de cette affaire est la part de 30 % qu'Apple prélève sur les abonnements. Des sociétés telles que Netflix et Spotify s'y opposent depuis longtemps, mais Apple a fait valoir que ces recettes contribuent aux coûts de maintenance de l’App Store et à l'application de ses diverses politiques en matière de contenu, de confidentialité et de sécurité.

En Europe, Apple risque désormais une amende pouvant aller jusqu'à 10 % de son chiffre d'affaires annuel. Cela pourrait représenter jusqu'à 27 milliards de dollars si l'on se base sur le chiffre d'affaires annuel d'Apple qui était de 274,5 milliards de dollars l'année dernière. L’entreprise pourrait en sus être contrainte de modifier son modèle commercial, ce qui a des effets plus dommageables et durables qu'une amende.

Spotify affirme qu'Apple utilise son App Store pour étouffer l'innovation et limiter le choix des consommateurs en faveur de son propre service Apple Music. Rakuten allègue qu'il est anticoncurrentiel pour Apple de prendre une commission de 30 % sur les livres électroniques vendus sur l'App Store tout en promouvant son propre service Apple Books.

Source : Competition Appeal Tribunal

Et vous ?

Quelle lecture faites-vous de cette situation ?
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Avatar de darklinux
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 08/06/2021 à 2:02
Quand je pense qu ' Epic était vu comme quantité négligeable , vu par la presse comme le " créateur de Fortnite " et c 'est tout , négligeant l ' Unreal Engine et ces apports . Et que voie t'on que ce Don Quichotte ,qui ose embêté sa magnificence Apple , entreprise ayant pris le plis Oracle , mais version grand public , risque de voir son image de marque degradé et de perdre son impot de fait , Epic a reussi à faire saigné Apple , va t on vers une remise en cause a terme de Tim Cook ?
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Avatar de Bruno
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 05/05/2021 à 10:41
Epic Games Store pourrait représenter 35 à 50 % du marché des jeux sur PC d'ici 2024,
selon la société Epic Games

En conflit avec Apple, donc les politiques obligent les développeurs à utiliser son système de paiement, qui prélève une commission de 15 à 30 %, Epic Games, le développeur de Fortnite, qui a également développé le moteur de jeu Unreal Engine, a lancé en 2018 sa propre plateforme de distribution de jeux. Son argument de vente pour attirer les développeurs : prélever 12 % seulement des revenus de ventes sur la plateforme, ce qui laisse effectivement 88 % aux gens qui bossent dur pour développer les jeux. Epic révèle que l’Epic Games Store (EGS) pourrait être responsable de 35 à 50 % du marché des jeux sur PC d'ici 2024.

Les chiffres publiés par la société en 2020 suggèrent que l'EGS pourrait croître beaucoup plus rapidement que prévu. Les chiffres publiés par la société révèlent que l'EGS pourrait être responsable de 35 à 50 % du marché des jeux sur PC d'ici 2024. Ce qui serait un énorme succès, si l'on considère que Steam détient actuellement environ 75 % de ce marché. « Étant donné que nous sommes nous-mêmes développeurs, nous avons toujours voulu une plateforme avec une bonne économie qui nous met directement en relation avec nos joueurs », a expliqué Tim Sweeney, le PDG d'Epic Games. « Grâce au succès de Fortnite, nous avons cela désormais et nous sommes prêts à le partager avec les autres développeurs ».


Au cours des 10 premiers mois d'existence de l'EGS, Epic a dépensé environ 11,6 millions de dollars pour distribuer un peu plus de 104 millions de copies gratuites de 42 titres différents. Le "prix d'achat" payé par Epic à l'éditeur pour chaque titre individuel varie, mais la moitié médiane des titres a coûté entre 80 000 et 350 000 dollars chacun. Deux des jeux gratuits de ce groupe valaient au moins 1 million de dollars pour Epic – Mutant Year Zero (1 million de dollars) et Subnautica (1,4 million de dollars), tandis que l'offre de copies gratuites des trois jeux collectés de Batman : Arkham a coûté à Epic 1,5 million de dollars au total.

Epic mesure le nombre de téléchargements individuels que chaque jeu gratuit a attiré, mais la véritable mesure du succès de l'entreprise pour un jeu gratuit semble être le nombre de nouveaux comptes Epic qui sont venus sur le service pour ce jeu. Epic a lié 5 millions de nouveaux comptes à son programme de jeux gratuits jusqu'en septembre 2019, ce qui signifie qu'elle a dépensé environ 2,37 $ par nouveau compte. Des jeux comme ceux de la série Batman : Arkham et Subnautica ont été sans surprise de gros attracteurs pour les nouveaux utilisateurs d'EGS, mais des titres comme Slime Rancher, Overcooked, Hyper Light Drifter et World of Goo ont également apporté un nombre étonnamment élevé de nouveaux utilisateurs d'EGS.

Au cours des dix premiers mois d'existence de l'EGS, la grande majorité des utilisateurs venus chercher des jeux gratuits sur la boutique étaient des personnes qui ne dépensaient pas un centime sur la boutique. Mais environ 291 000 d'entre eux (5,34 %) sont devenus des clients payants, et ceux qui l'ont fait ont dépensé en moyenne 36,30 $ chacun sur l'Epic Games Store au cours de cette période. Si l'on additionne le tout, on obtient environ 10,6 millions de dollars de recettes EGS qui sont directement attribuables aux jeux "gratuits".


Vu à court terme, toute l'idée des jeux gratuits semble être une affaire horrible pour Epic. Jusqu'en septembre 2019, la société a essentiellement payé 11,6 millions de dollars pour des jeux gratuits et n'a obtenu que 10,6 millions de dollars de revenus provenant des nouveaux utilisateurs attirés par ces jeux. L'échange semble encore pire si l'on considère qu'Epic ne conserve que 12 % de ces dépenses, soit environ 1,3 million de dollars.

Les jeux gratuits ne sont pas la seule façon dont Epic essaie d'attirer de nouveaux utilisateurs sur sa boutique. L'entreprise verse également des millions de dollars en "garanties minimales" pour attirer en exclusivité des jeux sur sa boutique. Borderlands 3 montre également que ce type d'accords exclusifs n'est pas forcément coûteux pour Epic à long terme. En effet, les garanties de revenus minimums ne sont là que comme un filet de sécurité si le jeu ne rapporte pas autant d'argent en ventes par lui-même. Si le jeu se vend bien, Epic utilise ces revenus EGS pour récupérer l'argent garanti qu'il a payé d'avance et se retrouve en tête du jeu.

Dans le cas de Borderlands 3, les 80 millions de dollars de ventes garantis par Epic ont déjà été récupérés au cours des deux premières semaines de vente, ce qui a permis à Epic d'être à nouveau au complet assez rapidement (bien qu'Epic ait payé 35 millions de dollars supplémentaires en marketing et autres frais non récupérables). En fait, Epic a gagné 9,2 millions de dollars sur sa part habituelle de 12 % des revenus au cours des deux premières semaines de vente de Borderlands 3 et a attiré environ 800 000 nouveaux utilisateurs sur la boutique EGS.

Bien sûr, tous les jeux exclusifs ne peuvent pas être Borderlands 3. En 2019, par exemple, Epic a payé environ 542 millions de dollars en garanties minimales pour attirer des titres exclusifs qui, selon ses prévisions, ne rapporteraient que 336 millions de dollars en revenus récupérables au cours de leur durée de vie. La différence de 206 millions de dollars entre ces deux chiffres correspond aux dépenses réelles d'Epic pour ces exclusivités.

Et vous ?

Que pensez-vous d'Epic Games Store ?

Avez-vous déjà téléchargé un ou plusieurs jeux sur cette plateforme ? Lesquels ? Quelle est votre expérience client ?

Seriez-vous tenté de recommencer l'expérience avec cette plateforme ?

Quels jeux aimeriez-vous découvrir sur Epic Games Store ?

Voir aussi :

« Epic Games va cesser de faire des exclusivités si Steam offre aux développeurs plus d'argent », a annoncé Tim Sweeney, PDG d'Epic Game

Epic Games dépose une plainte contre Apple auprès du régulateur britannique, pour cause Apple oblige à utiliser son système de paiement qui prélève des commissions de 15 à 30 %

Epic Games Store est lancé avec une sélection très limitée de jeux, certains titres seront disponibles à la fin de ce mois

Epic Games dépose une plainte contre Apple auprès du régulateur britannique, pour cause Apple oblige à utiliser son système de paiement qui prélève des commissions de 15 à 30 %
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Avatar de Uther
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 05/05/2021 à 16:09
Bien sur mais Steam, GoG, Humble, itch.io, ... proposent au moins les jeux existant sous Linux. GoG a une époque packagé certains vieux jeux pour Linux. Et Steam integre un outil qui permet de faire fonctionner certains jeux Windows plutôt bien sur Linux.
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Avatar de Kannagi
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 05/05/2021 à 19:26
Citation Envoyé par blbird Voir le message
Il y a effectivement beaucoup de jeux de Steam qui tournent déjà sous Linux : je crois qu'on était pas loin de 70% voir même plus.
Effectivement , il y'a un an on était à 10 000 jeux jouables , maintenant à 14 000.
Bref je pense que c'est bien parti pour que ça soit une bonne alternative : https://www.protondb.com/
Surtout que les GPU sur Linux fonctionne de mieux en mieux.
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Avatar de air-dex
Membre expert https://www.developpez.com
Le 06/05/2021 à 1:10
Le problème de l'Epic Games Store est qu'il est pour le moins incomplet face à ses concurrents Steam et GOG. Les deux ont déjà un écosystème complet au service du joueur, notamment Steam (parce que Steam Play et l'écosystème y est aussi porté sur Linux, contrairement à GOG qui ne propose sur Linux que ses installateurs sans DRM). Ils proposent aussi des versions Linux que l'EGS ne propose pas, même quand elles existent déjà. Le site est également très utile, là où celui de l'EGS relève plus du banal site e-commerce que d'un portail de plateforme. Rien que le fait de devoir aller dans l'historique de ses commandes pour connaître ses jeux Epic prouve les limitations.

Perso je me contente d'ajouter les jeux gratuits à mon compte. Si je veux investir je le fais chez Steam ou GOG, mais pas chez eux. Et ce pour les raisons citées ci-dessus.

Citation Envoyé par LittleWhite Voir le message
C'est aussi ma plus grosse attente. Toutefois, cela serait un coup de couteau dans le dos pour tous les développeursqui ont permis à Epic Games d'offrir leur jeu chaque semaine. Je veux dire par là, que Epic Games a signé un chèque pour le développeur afin de pouvoir proposer un jeu gratuitement. Le chèque semble être déjà léger, d'après les informations que l'on peut apprendre au cours de ce procès, si en plus on dit à ces développeurs : vous savez quoi, pour le chèque que l'on vous a trop peu payé, bah finalement, on offre aussi la version Linux (et mac).
Autrement dit, le chèque aurait du être plus gros, pour des produits multiplateformes (clients potentiels plus important, travail de portage à rentabiliser...).
Il me semble que le cross-buy est une règle tacite sur PC. Acheter un jeu PC, c'est acheter ses versions Windows, macOS et Linux (selon les versions disponibles). Ce qui est d'ailleurs le cas sur l'EGS avec les versions Windows et macOS. Pourquoi Linux se la jouerait vilain petit canard ?

Citation Envoyé par Bousk Voir le message
Pour qu'un jeu soit disponible sous Linux, il faut commencer par le développer pour Linux.
Le store ne peut pas arbitrairement décider de fournir un jeu sur un OS.
Certains jeux sur l'Epic Game Store ont des versions Linux natives partout ailleurs : Dead Cells, Celeste, Hyper Light Drifter, Civilization VI, FTL : Faster Than Light... Beaucoup de jeux vidéo ont des versions Linux natives, principalement des jeux indépendants. Il y en a beaucoup plus qu'on ne le croit, surtout hors jeux grand public (où là c'est rare en effet).

Les versions Linux natives existaient déjà quand beaucoup de ces jeux ont débarqué sur l'EGS. Ce n'est donc pas un problème de développement de version Linux du jeu, puisque le logiciel existait déjà. Le problème ne peut donc venir que d'Epic Games. Soyons réalistes : l'Epic Games Store se fiche purement et simplement des versions Linux, probablement pour des raisons de parts de marché trop faibles. Tout simplement.

Citation Envoyé par Bousk Voir le message
Steam avait tenté un système pour ça, je sais pas ce que c'est devenu.
Steam avait créé sa propre distribution "SteamOS" optimisée pour le jeu sur Linux, mais celle-ci ne serait plus développée. Par contre le client Linux (pour ne pas dire le client Ubuntu) existe toujours et est encore bien supporté par Steam.
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Avatar de LittleWhite
Responsable 2D/3D/Jeux https://www.developpez.com
Le 06/05/2021 à 18:25
Voilà, les autres participants ont répondu à Bousk avant que je n'arrive et ont donné la réponse que j'avais en tête :
Je ne parle pas de porter des jeux spécifiquement sous Linux pour mon plaisir, je parle bien que les jeux sur l'EGS ne sont disponibles que pour Windows, alors même que les portages existent déjà sur Steam. En bref, pour un Linuxien, il est évident que EGS est en retard, car ne propose rien sous Linux
Steam avait créé sa propre distribution "SteamOS" optimisée pour le jeu sur Linux, mais celle-ci ne serait plus développée. Par contre le client Linux (pour ne pas dire le client Ubuntu) existe toujours et est encore bien supporté par Steam.
En effet, il y a eu SteamOS qui est arrêté. Les Steam Machines (des machines sous Debian, dédiée au jeu au travers de Steam) qui ont été abandonnée. Peut être car c'était trop tôt.
Du coup, la solution actuelle, c'est Proton, une couche permettant de "convertir" les appels Dx12 en appel Vulkan. Et Wine, qui permet de convertir les appels aux API Windows, en appel Linux.

Après, on pourrait aussi parler des développeurs, utilisant Unity ou Unreal Engine et qui ne font pas d'export Linux, alors que je pense (peut être à tort) que c'est simple, surtout lorsque l'on utilise un moteur de jeux vidéo.

Il me semble que le cross-buy est une règle tacite sur PC. Acheter un jeu PC, c'est acheter ses versions Windows, macOS et Linux (selon les versions disponibles). Ce qui est d'ailleurs le cas sur l'EGS avec les versions Windows et macOS. Pourquoi Linux se la jouerait vilain petit canard ?
Ce que je voulais dire, c'est que Epic fait un chèque aux développeurs en disant : voilà, la semaine prochaine, on proposera votre jeu gratuitement. Epic ajoute : on estime qu'il y aura 100 000 téléchargement/ajout sur le compte. Du coup, on vous fait un chèque de 150 000 $, vu que votre jeu il est ancien... blah blah blah.
Si les jeux étaient proposées en multiplateforme, alors l'estimation du nombre de téléchargement/ajout seraient plus grande, donc le chèque plus important et le développeur recevrait donc plus.

Maintenant, disons que l'accord est passé, mais que après coup, l'EGS propose la version Linux du jeu. Et bien, le développeur aurait été lésé du potentiel nouveau marché de joueurs.

Bref, deux choses que l'on peut conclure c'est : mettre à dispo les jeux multiplateformes fera augmenter la valeur des chèque d'Epic Games, en bref, c'est pas intéressant (enfin, c'est très short sighted comme façon de voir).
De deux, en écrivant, je me suis rendu compte que ma réflexion était biaisée, car même le jeu n'est proposé qu'une semaine gratuitement. Du coup, si le portage Linux est dispo, il entrainera surement des ventes, car les linuxiens ne s'intéresse pas encore vraiment à cette boutique (à part pour faire comme la majorité des utilisateurs : ajouter un jeu dans une bibliothèque virtuelle pour ne jamais y jouer).
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