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4 700 employés d'Amazon avaient un accès non autorisé aux données privées des vendeurs,
Une sécurité bâclée leur ayant permis d'utiliser les informations à leur avantage

Le , par Stan Adkens

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Amazon a longtemps défendu sa politique interdisant aux employés d'utiliser des données sur des vendeurs spécifiques pour aider à stimuler ses propres ventes. Mais selon un audit interne de 2015, le géant du commerce en ligne était bien conscient que ces données étaient utilisées par les employés pour booster les ventes de la société. Le rapport d'audit avait averti la direction d'Amazon que des milliers d'employés avaient un accès non autorisé aux données des vendeurs et qu'au moins dans un cas, ces données avaient été utilisées pour améliorer les ventes des marques privées d'Amazon, selon le rapport.

L’audit interne aurait averti les hauts dirigeants d'Amazon en 2015 que 4 700 de ses employés travaillant sur ses propres ventes avaient un accès non autorisé à des données sensibles de vendeurs tiers sur la plateforme. Depuis lors, des rapports sur des employés utilisant des informations sur des vendeurs tiers pour soutenir les ventes d'Amazon et des preuves de contrôles d'accès informatiques laxistes au sein de l'entreprise suggèrent que les efforts pour résoudre le problème ont été vains. Un rapport publié en avril 2020 a montré qu’Amazon aurait exploité les données de vendeurs tiers sur sa plateforme pour lancer des produits concurrents.


Cette révélation intervient à un moment où les régulateurs antitrust du monde entier examinent de près le double rôle d'Amazon en tant que place de marché et vendeur. En août dernier, la sous-commission antitrust de la Chambre des représentants des États-Unis a mis le géant du commerce électronique sur la sellette concernant son traitement des données des vendeurs tiers. La commission a cité de nombreux rapports qui accusaient Amazon d'abuser de sa position pour créer des produits concurrents, mais l'entreprise n'a rien concédé de tel. Le fondateur et PDG d'Amazon, Jeff Bezos, a déclaré à la commission que, bien que la société ait une politique interdisant aux employés d'accéder aux données des vendeurs tiers, il ne peut garantir que cette politique n'a jamais été violée.

Le même mois, la All India Online Vendors Association (AIOVA), un syndicat représentant les vendeurs en ligne du pays, a intenté une action antitrust contre Amazon Inde pour pratiques commerciales déloyales. Le gouvernement indien enquête actuellement sur ces allégations.

En novembre 2020, la Commission européenne a pris sa décision la plus ferme à l'encontre d'Amazon en accusant la société de « s'appuyer systématiquement sur les données commerciales non publiques » des vendeurs tiers à son propre avantage et a lancé une enquête sur les pratiques de la société en Allemagne et en France. Tout en reconnaissant que les données sur les vendeurs individuels font partie de l'enquête, la Commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, a déclaré, lors de l'émission des accusations, que son dossier contre Amazon « porte davantage sur le big data » – ou l'analyse par la plateforme de commerce électronique de grands ensembles de données pour guider la prise de décision.

À la question de savoir si l'exécutif européen avait examiné le rapport d'audit en question dans le cadre de son enquête sur les données d'Amazon, la Commission a répondu qu'elle « ne peut pas commenter les documents qui ont fuité » et que son « enquête est en cours ».

« C'est du carburant pour les soupçons que j'avais », a déclaré l'entrepreneur Internet néerlandais Peter Sorber après avoir entendu parler de l'audit interne. Sorber vendait des vêtements pour enfants sur Amazon, mais 18 mois après avoir mis en place sa boutique "Brandkids" sur la plateforme et saisi les données de vente requises, ses produits ont disparu des classements de recherche.

« Vous ne pouvez pas demander à un détaillant de montrer toute son histoire avec toutes les statistiques de vente et ensuite montrer cela à vos propres acheteurs. C'est pire que de ne pas le faire. C'est tout simplement de la concurrence déloyale », a déclaré Sorber.

Un porte-parole d'Amazon a dit dans une déclaration, suite à la divulgation de ces informations internes, que, comme toutes les entreprises, elle vérifie la conformité de ses politiques et apporte des améliorations en fonction de ses conclusions. « Cela inclut la politique interne d'Amazon en matière de protection des données des vendeurs, qui limite l'utilisation des données des vendeurs ».

Amazon a longtemps nié les rapports selon lesquels les employés accèdent aux données des vendeurs individuels pour développer des produits concurrents. Au lieu de cela, il dit qu'il utilise des données agrégées d'une manière qui est commune dans le commerce de détail.

Que dit l'audit interne ?

L'audit a révélé que de nombreux dirigeants d'Amazon, dont Jeff Wilke, ancien PDG d'Amazon Worldwide Consume, et David Zapolsky, directeur juridique, savaient que les restrictions informatiques d’accès étaient insuffisantes, ce qui permettait à de nombreux employés d'utiliser les données des vendeurs tiers de manière inappropriée. L'audit a également révélé qu'un audit interne réalisé en 2010 avait fait des constatations similaires, mais que l'entreprise n'avait pas fait grand-chose pour rectifier la situation, selon le rapport.

À la suite de l'audit de 2015, Amazon a de nouveau entrepris de remédier aux problèmes. Mais un ancien employé à la sécurité de l'information a qualifié le suivi de "trouble" et a déclaré qu'un grand nombre des problèmes de contrôle d'accès ont duré jusqu'en 2018.


« Les autorisations ne sont pas suffisamment restreintes, ce qui permet à des utilisateurs non autorisés de consulter des informations spécifiques aux vendeurs, telles que l'historique des performances et les clés d'authentification, de modifier les niveaux d'inventaire et les prix, et de gérer les retours », selon l'audit interne d'Amazon de 2015.

« Nous avons identifié un "Vendor Manager" qui a examiné de manière inappropriée l'inventaire disponible d'un vendeur afin d'améliorer la probabilité et le moment où le "Vendor Manager" gagnait le buy-box », indique le rapport, en référence à un listing très convoité pour lequel les vendeurs de la plateforme se livrent une concurrence féroce puisqu'il génère 80 % des ventes.

L'audit a jeté davantage de lumière sur un outil appelé en interne "spoofer access" qui permettait aux employés de dissimuler leur identité et d'accéder aux comptes des vendeurs. Un tel outil aurait dû avoir un accès restreint, mais Amazon l'a laissé grand ouvert aux employés du monde entier, indique le rapport. Outre le fait que cet outil laissait peu de traces numériques, Amazon ne conservait les journaux d'activité que pendant trente jours, ce qui rendait plus difficile le suivi des abus. Cela suggère que l'abus réel de cet outil pourrait être plus répandu que le seul cas révélé par l'audit, a déclaré Politico qui a vu le rapport. Il n’est pas clair si l'outil "spoofer access" est toujours utilisé dans l'entreprise.

Dans ce rapport, un deuxième ancien employé de haut niveau en sécurité de l'information a décrit la qualité des contrôles d'accès mis en place par Amazon comme étant « épouvantable », et qu'ils « n'auraient pas passé l'épreuve de la plupart des auditeurs ». Un troisième insider a confirmé que des quantités d'informations personnelles étaient accessibles à des personnes qui n'avaient pas le rôle ou la responsabilité appropriés. Amazon a rejeté ces allégations.

« Tous les outils d'Amazon sont construits de manière à ce que vous puissiez les utiliser dans le but que vous souhaitez. C'est le principe de base qui a permis à Amazon de se développer aussi rapidement », a déclaré le premier employé cité.

Pas plus tard qu'en septembre 2020, les autorités américaines ont accusé des employés d'Amazon d'avoir fait fuir des rames de données, d'avoir fermé des comptes de vendeurs tiers et d'avoir manipulé des avis sur des produits en échange de pots-de-vin, dans le cadre d'un système qui a duré trois ans et entraîné des pertes d'environ 100 millions de dollars pour les vendeurs et l'entreprise.

Amazon n’est pas le seul géant de la technologie où les données tierces sont manipulées à l’avantage de l’entreprise. Google fait actuellement l'objet d'une action antitrust de la part d'un groupe de procureurs généraux d'État mené par le Texas, concernant sa technologie publicitaire et sa position dominante dans le secteur de la publicité. En avril, Google a fourni des documents en guise de réponse initiale à la plainte déposée en décembre. Selon ces documents, la société a mis en œuvre pendant des années un programme secret qui utilisait les données relatives aux offres passées sur le marché de la publicité numérique de la société pour donner à son propre système d'achat d'annonces un avantage sur ses concurrents.

Source : Rapport d'audit interne d’Amazon

Et vous ?

Que pensez-vous de ce rapport d’audit ?
Un rapport de 2010 avait révélé l’utilisation des données des vendeurs tiers. Selon vous, pourquoi Amazon ne parvenait-il pas à mettre fin à cette pratique ?
Que pensez-vous de l’utilisation des données des vendeurs tiers par les propriétaires de plateforme de vente en ligne ?

Voir aussi :

Avec 100 000 $ de pots-de-vin versés à des employés Amazon, des vendeurs ont fait rétablir leurs comptes précédemment suspendus, suspendre les comptes des concurrents et ont gagné 100 millions $
Amazon accusé de violation des règles antitrust de l'UE concernant les données du marché, une deuxième enquête va déterminer si la société accorde un traitement préférentiel à ses propres offres
Amazon aurait exploité les données de vendeurs tiers sur sa plateforme pour lancer des produits concurrents, une pratique qui va à l'encontre des politiques de l'entreprise
Face au Congrès américain, Jeff Bezos déclare qu'il ne peut pas garantir que les employés d'Amazon n'ont pas accès aux données des vendeurs tiers, pour favoriser les produits de son entreprise

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 14/10/2021 à 16:08
Amazon aurait copié des produits et truqué ses résultats de recherche pour promouvoir ses propres marques,
selon des documents internes.

Amazon.com Inc a été accusé à plusieurs reprises d'avoir détourné des produits qu'il vend sur son site Web et d'exploiter sa vaste mine de données internes pour promouvoir sa propre marchandise aux dépens d'autres vendeurs. La société a nié les accusations. Pourtant, des milliers de pages de documents internes d'Amazon examinés par les médias (y compris des e-mails, des documents de stratégie et des plans d'affaires) montrent que l'entreprise a mené une campagne systématique de création de contrefaçons et de manipulation des résultats de recherche pour stimuler ses propres gammes de produits en Inde, l'une des plus fortes croissances de marchés de l'entreprise.

L'année dernière, d'anciens employés d'Amazon et des documents internes ont indiqué que la grande enseigne de la vente en ligne Amazon utilise des informations sur des vendeurs tiers pour concevoir et vendre des produits concurrents sous ses marques maison. Cette pratique non autorisée va à l'encontre des politiques d'Amazon et entre même en conflit avec ce que la société a déclaré au Congrès américain. « Nous n'utilisons pas directement les données des vendeurs individuels pour faire concurrence aux entreprises sur notre plateforme » avait déclaré Nate Sutton, un avocat général adjoint d'Amazon aux législateurs en juillet.

La société, qui a fait l'objet d'un examen minutieux de la part du gouvernement américain notamment en matière de concurrence, a déclaré que les employés qui s'appuient sur les données de ses vendeurs indépendants pour lancer des produits de marque maison compétitifs violaient ses politiques, a rapporté le Wall Street Journal.

Un porte-parole d'Amazon a ajouté dans une déclaration qu'il est « incorrect de dire qu'Amazon a intentionnellement induit en erreur dans notre témoignage » au Congrès. « Nous interdisons strictement aux employés d'utiliser des données non publiques spécifiques au vendeur pour déterminer les produits de marque privée à lancer », a assuré un porte-parole.

Et d’ajouter que bien que la société ne pense pas que les affirmations soient exactes, « nous prenons ces allégations très au sérieux et avons lancé une enquête interne ».

Pourtant, plusieurs éléments, aussi bien dans leur nature que dans la chronologie, ont apporté du crédit aux propos apportés par d'anciens employés.

Des victimes se font de plus en plus nombreuses

La situation n'est pas observable uniquement aux États-Unis. En effet, des documents révèlent comment l'équipe des marques privées d'Amazon en Inde a secrètement exploité les données internes d'Amazon.in pour copier des produits vendus par d'autres sociétés, puis les proposer sur sa plateforme. Les employés ont également alimenté les ventes de produits de marque privée Amazon en truquant les résultats de recherche d'Amazon afin que les produits de l'entreprise apparaissent, comme le dit un rapport stratégique de 2016 pour l'Inde, « dans les 2 ou trois premiers… résultats de recherche » lorsque les clients faisaient leurs achats sur Amazon.in.

Parmi les victimes de la stratégie : une marque de chemises populaire en Inde, John Miller, qui appartient à une entreprise dont le PDG est Kishore Biyani, connu comme le « roi du commerce de détail » du pays. Amazon a décidé de « suivre les mesures » des chemises John Miller jusqu'au tour de cou et à la longueur des manches, indique le document.

Les documents internes montrent également que les employés d'Amazon ont étudié des données exclusives sur d'autres marques sur Amazon.in, y compris des informations détaillées sur les retours des clients. L'objectif : identifier et cibler les produits - qualifiés de produits « de référence » - et les « répliquer ». Dans le cadre de cet effort, le rapport interne de 2016 exposait la stratégie d'Amazon pour une marque créée à l'origine par la société pour le marché indien, appelée « Solimo ». La stratégie de Solimo, est-il déclaré, était simple : « utiliser les informations d'Amazon.in pour développer des produits, puis tirer parti de la plateforme Amazon.in pour commercialiser ces produits auprès de nos clients ».

Le projet Solimo en Inde a eu un impact international : des dizaines de produits de santé et ménagers de marque Solimo sont désormais proposés à la vente sur le site Web américain d'Amazon, Amazon.com.

Le document de 2016 montre en outre que les employés d'Amazon travaillant sur les propres produits de l'entreprise, connus sous le nom de marques privées, prévoyaient de s'associer aux fabricants des produits ciblés pour la copie. C'est parce qu'ils ont appris que ces fabricants utilisent des « processus uniques qui ont un impact sur la qualité finale du produit ».

Le document, intitulé « India Private Brands Program », déclare : « Il est difficile de développer cette expertise à travers les produits et donc, pour nous assurer que nous sommes en mesure de faire correspondre pleinement la qualité avec notre produit de référence, nous avons décidé de nous associer uniquement avec les fabricants de notre produit de référence. Il a qualifié cette expertise de fabricant de « connaissance tribale ».

Il s'agit du deuxième d'une série d'histoires basées sur des documents internes d'Amazon qui fournissent un regard rare et sans artifices, selon les propres mots de l'entreprise, sur les pratiques commerciales qu'elle a niées pendant des années.

Amazon a déjà été accusé par des employés qui travaillaient sur des produits de marque privée d'exploiter les données exclusives de vendeurs individuels pour lancer des produits concurrents et de manipuler les résultats de recherche pour augmenter les ventes de ses propres produits.


La réaction d'Amazon

Mais les documents internes consultés montrent pour la première fois que, du moins en Inde, la manipulation des résultats de recherche pour favoriser les propres produits d'Amazon, ainsi que la copie des produits d'autres vendeurs, faisaient partie d'une stratégie formelle et clandestine chez Amazon - et que des cadres de haut niveau en ont été informés. Les documents montrent que deux dirigeants ont examiné la stratégie indienne – les vice-présidents seniors Diego Piacentini, qui a depuis quitté l'entreprise, et Russell Grandinetti, qui dirige actuellement les activités internationales de consommation d'Amazon.

Dans une réponse écrite aux questions posées pour ce rapport, Amazon a déclaré : « Comme ces documents n'ont pas été partagé avec nous et leur provenance ne nous a pas été divulgué, nous ne sommes pas en mesure de confirmer la véracité ou non des informations et des allégations telles qu'elles sont indiquées. Nous pensons que ces affirmations sont factuellement incorrectes et non fondées. » La société ne s'est pas exprimée davantage sur ce point. La déclaration ne répondait pas non plus aux questions sur les preuves contenues dans les documents selon lesquelles les employés d'Amazon copiaient les produits d'autres sociétés pour ses propres marques.

La société a déclaré que la façon dont elle affiche les résultats de recherche ne favorise pas les produits de marque privée. « Nous affichons les résultats de recherche en fonction de la pertinence de la requête de recherche du client, que ces produits aient ou non des marques privées proposées par les vendeurs », a déclaré Amazon.

Amazon a également déclaré qu'il « interdisait strictement l'utilisation ou le partage de données non publiques et spécifiques au vendeur au profit de tout vendeur, y compris les vendeurs de marques privées », et qu'il enquêtait sur les rapports de ses employés violant cette politique.

Amazon fait déjà l'objet de plusieurs enquêtes antitrust

L'année dernière, Amazon a fait l'objet d'une enquête par le plus haut responsable de l'application des lois antitrust de l'Union européenne, qui a déclaré qu'il examinait le double rôle de la société : vendre des produits de marque maison et exploiter un marché tiers en même temps. Des membres du Congrès, ainsi que des fonctionnaires du ministère de la Justice et de la Federal Trade Commission, mènent également des enquêtes antitrust sur Amazon et d'autres grandes entreprises technologiques.

Les enquêtes sur Amazon visent spécifiquement à déterminer si l’entreprise utilise sa taille et sa plateforme comme un avantage qu’elle prendrait sur les fournisseurs de son site. La société a contesté cette hypothèse.

Amazon assure avoir des règles empêchant les dirigeants de marques maison d'exploiter ses données de vendeur indépendant. Mais d'anciens employés et un travailleur actuel ont déclaré au Wall Street Journal que ces règles n'étaient pas appliquées de manière uniforme.

Dans un témoignage sous serment devant le Congrès américain en 2020, le fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, a expliqué que le géant du commerce électronique interdit à ses employés d'utiliser les données sur les vendeurs individuels pour aider son entreprise de marque privée. Et, en 2019, un autre dirigeant d'Amazon a déclaré que la société n'utilisait pas ces données pour créer ses propres produits de marque privée ou modifier ses résultats de recherche pour les favoriser.

Pourtant, les anciens employés ont déclaré qu'il existait des moyens de contourner les règles et qu'il était même courant de discuter de l'utilisation des données lors des réunions auxquelles ils assistaient.

« Nous savions que nous ne devrions pas », a déclaré un ancien membre du personnel qui avait accès aux données. « Mais en même temps, nous fabriquons des produits de marque Amazon et nous voulons qu'ils se vendent ».

Certains dirigeants auraient eu accès à des données contenant des informations exclusives qu'ils ont utilisées pour rechercher les articles les plus vendus contre lesquels ils pourraient vouloir rivaliser, y compris sur des vendeurs individuels sur le site Web d'Amazon. S'ils se voyaient refuser l'accès, les dirigeants pouvaient demander un rapport contenant les informations aux analystes de l'entreprise, expliquent les anciens travailleurs.

D'autres fois, les données agrégées d'un vendeur individuel pouvaient être utilisées, avancent d'anciens employés. Selon Amazon, les données agrégées proviennent de deux vendeurs ou plus. En raison de l'ampleur du marché d'Amazon, certains produits peuvent avoir plusieurs fournisseurs.

Amazon a déclaré que les employés peuvent consulter les données collectées lorsqu'un produit n'a qu'un seul vendeur et que le détaillant vend des versions retournées ou endommagées du produit en liquidation

Des documents qui pourraient donc renforcer les actes d'accusation dans de nombreux pays

L'aperçu non filtré que les documents offrent sur l'utilisation agressive par Amazon de son pouvoir de marché pourrait intensifier la pression juridique et réglementaire à laquelle l'entreprise est confrontée dans de nombreux pays.

Amazon fait l'objet d'une enquête aux États-Unis, en Europe et en Inde pour des pratiques anticoncurrentielles présumées qui nuisent à d'autres entreprises. En Inde, les allégations incluent le fait de favoriser injustement ses propres produits de marque.

Jonas Koponen, avocat antitrust chez Linklaters LLP à Bruxelles, a déclaré que les conclusions sur les pratiques d'Amazon en Inde intéresseraient probablement la Commission européenne, qui cherche à savoir si la société a utilisé des données de vendeur non publiques pour stimuler son propre commerce de détail. L'Inde a conclu des accords de coopération avec les États-Unis et la Commission européenne pour échanger des informations relatives à l'application des lois antitrust.

« Lorsqu'une autorité de la concurrence examine certains aspects du comportement de l'une de ces organisations présentes dans le monde, elle sera certainement intéressée à comprendre quelles preuves existent dans d'autres parties du monde et dans quelle mesure ces preuves sont liées aux pratiques qu'elles enquêtent eux-mêmes », a déclaré Koponen.

Les documents soutiennent également les critiques d'Amazon formulées par Lina Khan, la nouvelle présidente de la Federal Trade Commission des États-Unis, ou FTC. Khan a publié un article en 2017 qui soutenait que l'activité de marque privée d'Amazon soulevait des problèmes anticoncurrentiels.

« Ce sont les vendeurs tiers qui supportent les coûts initiaux et les incertitudes lors de l'introduction de nouveaux produits ; en les repérant simplement, Amazon ne peut vendre des produits qu'une fois que leur succès a été testé », a-t-elle écrit. « Les implications anticoncurrentielles ici semblent claires ».

Amazon a déposé une pétition en juin auprès de la FTC demandant à Khan de se retirer de toutes les questions liées à l'entreprise en raison de « ses proclamations répétées selon lesquelles Amazon a violé les lois antitrust ».

Et vous ?

Cela vous semble-t-il crédible ?
Si oui, qu'en pensez-vous ?
Sinon, dans quelle mesure ?

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