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Visa, Mastercard, Stripe et eBay quittent le projet Libra de Facebook,
Laissant le projet naissant sans les sociétés de paiement majeures

Le , par Stan Adkens

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15  0 
La Libra Association de Facebook censée garantir l’évolution de la monnaie du géant des réseaux sociaux va-t-elle s’effondrer ? Visa, Mastercard, eBay, Stripe et Mercado Pago, membres fondateurs de l’association, ont annoncé vendredi qu’ils abandonnent le projet de cryptomonnaie, a rapporté Reuters. Cette nouvelle survient une semaine après l'annonce du retrait de PayPal, alors que les organismes de réglementation gouvernementaux continuent d'examiner minutieusement les plans de la nouvelle monnaie électronique.

Le retrait du projet des principales sociétés de paiement, dont Mastercard et Visa Inc., est un problème sérieux pour le projet naissant et les efforts ambitieux de Facebook Inc. pour établir une monnaie numérique d’envergure mondiale. Ces retraits signifient que La Libra Association ne peut pas compter sur ces processeurs de paiement américain majeurs pour aider les consommateurs à convertir leur monnaie en Libra et faciliter leurs transactions. Les autres membres de l'association, dont Lyft et Vodafone, sont principalement des sociétés de capital-risque, de télécommunications, de blockchain et de technologie, ainsi que des groupes sans but lucratif, a rapporté Reuters.


Dans un communiqué, un porte-parole de Visa a déclaré vendredi que la société « continuera à évaluer et notre décision finale sera déterminée par un certain nombre de facteurs, y compris la capacité de l'association à satisfaire pleinement toutes les attentes réglementaires requises. L'intérêt soutenu de Visa pour la Libra découle de notre conviction que des réseaux bien réglementés basés sur une blockchain pourraient étendre la valeur des paiements numériques sécurisés à un plus grand nombre de personnes et d'endroits, en particulier dans les marchés émergents et en développement ».

La société de paiement par internet pour les professionnels Stripe a donné une explication similaire pour son retrait. « Stripe soutient des projets qui visent à rendre le commerce en ligne plus accessible pour les gens du monde entier », a déclaré le porte-parole de la société. « La Libra a ce potentiel. Nous suivrons ses progrès de près et resterons ouverts à travailler avec La Libra Association à un stade ultérieur ».

eBay a abordé dans le même sens que les deux premières sociétés. « Nous respectons hautement la vision de la Libra Association », a déclaré la compagnie dans un communiqué. « Toutefois, eBay a pris la décision de ne pas aller de l'avant en tant que membre fondateur. En ce moment, nous nous concentrons sur le déploiement de l'expérience de paiement géré d'eBay pour nos clients », a-t-elle ajouté.


Ces décisions arrivent avant la réunion du Conseil d'association de la Libra prévue pour le 14 octobre. Cette réunion qui se tiendra à Genève aboutira probablement à des engagements plus spécifiques et définitifs de la part de tous les membres impliqués, ce qui pourrait avoir inspiré la récente série de défections de certains membres fondateurs. Néanmoins, les départs laissent le projet dans une situation précaire, alors que Facebook fait des efforts pour aller au-delà des critiques initiales du projet.

En réponse à ces retraits, Dante Disparte, responsable de la politique de la Libra Association, a, dans un communiqué, remercié les entreprises pour leur soutien continu à la mission de l'organisation.

« Nous sommes déterminés à aller de l'avant et à continuer de bâtir une association solide avec certaines des plus grandes entreprises, organisations d'impact social et autres parties prenantes du monde », a-t-il déclaré. « Bien que la composition des membres de l'Association puisse croître et changer au fil du temps, le principe de conception de la gouvernance et de la technologie de la Libra, ainsi que la nature ouverte de ce projet garantissent que le réseau de paiement de la Libra restera résilient ». « Nous attendons avec impatience la réunion inaugurale du Conseil d'Association de la Libra dans seulement 3 jours et l'annonce des premiers membres de l'association de la Libra », a ajouté Disparte.


Alors que la coalition originale de 28 entreprises soutenant la cryptomonnaie de Facebook semble s'amenuiser, Mark Zuckerberg, directeur général de la société, doit discuter du projet lorsqu'il témoignera devant le House Financial Services Committee des États-Unis le 23 octobre, d’après Reuters. Cette étape mettra davantage le projet Libra au centre de l'attention des législateurs américains.

David Marcus, qui dirige le projet Libra et qui était auparavant le président de PayPal, est intervenu sur Twitter quelques heures après les annonces. En réponse à la nouvelle, il a concédé que la nouvelle n'était pas « une bonne nouvelle à court terme », mais « libératrice » de « savoir que l'on est sur quelque chose quand tant de pression monte ». Marcus a également mis en garde « contre la lecture du sort de la Libra dans cette mise à jour ».


Les difficultés de Libra n’ont pas commencé avec ces derniers retraits annoncés vendredi

Libra est la nouvelle cryptomonnaie de Facebook basée sur la technologie de la blockchain et disposant de son propre portefeuille numérique. Elle est censée permettre d'acheter des biens ou d'envoyer de l'argent aussi facilement qu'un message instantané. Facebook l’a présentée en juin 2019, avec la participation de 28 autres sociétés des secteurs de la finance, du commerce électronique, des technologies et des télécommunications, y compris celles qui se sont retirées du projet. Ensemble, elles forment de la Libra Association, qui doit garantir l’évolution de la monnaie.

En partenariat avec les membres de l’association, Facebook a annoncé son intention de lancer la monnaie numérique en juin 2020. Mais des organismes de réglementation à l’échelle mondiale, qui ont déclaré que le projet soulevait une foule de questions graves auxquelles le groupe n'avait pas encore répondu, n’ont pas tardé à le soumettre à un examen minutieux continu.

En juillet dernier, Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale des États-Unis (FED), a déclaré que la « ;Libra soulève de nombreuses et sérieuses préoccupations en ce qui concerne la protection de la vie privée, le blanchiment d’argent, la protection des consommateurs et la stabilité financière ;» et ces inquiétudes doivent être traitées « ;en profondeur et publiquement avant d’aller de l’avant ;». Au cours du même mois, le président Donald Trump s'en est également pris à Facebook et d’autres cryptomonnaies en demandant aux entreprises de rechercher une charte bancaire et de se soumettre à la réglementation américaine et mondiale si elles souhaitaient « devenir une banque ».

En septembre, la France et l'Allemagne, qui n’ont pas été convaincues par le projet de cryptomonnaie de Facebook, se sont engagées à empêcher la Libra d'opérer en Europe et ont plutôt soutenu le développement d'une cryptomonnaie publique.

La semaine dernière, PayPal, Visa et Mastercard avaient commencé à reconsidérer leur soutien au projet Libra de Facebook, afin d’éviter d'attirer vers eux l'attention des régulateurs financiers. Ce qui a conduit au retrait de PayPal, le premier membre de l’association à quitter le projet. Mercredi dernier, deux sénateurs démocrates de haut rang ont écrit à Visa, Mastercard et Stripe pour leur dire de se méfier d'un « projet qui alimentera vraisemblablement la croissance des activités criminelles mondiales », a rapporté Reuters.

« Si vous vous y attelez, vous pouvez vous attendre à un niveau élevé d'examen de la part des régulateurs non seulement sur les activités de paiement liées à la Libra, mais sur toutes les activités de paiement », ont écrit la sénatrice Sherrod Brown et son collègue démocrate Brian Schatz dans ces lettres.

Brown a aussi dit dans une déclaration après les annonces de vendredi que les entreprises avaient été « sages pour éviter de légitimer la monnaie privée et mondiale de Facebook ».

Suite aux nouvelles des retraits, un utilisateur de Twitter s’est posé la question de savoir si « tout le monde s'est soudainement rendu compte que la Libra est une astuce pour enfermer le commerce dans un système économique contrôlé par Facebook ? »


Quel sort sera réservé à la monnaie électronique Libra si d’autres entreprises venaient à suivre celles qui se sont déjà retirées. Selon un commentaire du sujet, l'une des principales conditions de la confiance en cette monnaie est que la gouvernance et le fonctionnement seront assurés par un groupe d'entreprises puissantes et dignes de confiance. Mais plus les entreprises quittent l'initiative, plus elle devient centralisée et moins son modèle de confiance est valide, a écrit le commentateur. S'il ne reste que Facebook, ce n'est pas différent d'une simple monnaie virtuelle (comme les crédits Facebook abandonnés), a-t-il ajouté.

Sources : Reuters, Tweet

Et vous ?

Que pensez-vous de ces nouveaux retraits du projet Libra ?
Selon David Marcus, le retrait de vendredi « n’est pas une bonne nouvelle à court terme, mais dans un sens, c'est libérateur… ». Qu’en pensez-vous ?
Pensez-vous que d’autres sociétés vont suivre ce mouvement de retrait ?

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 16/10/2019 à 6:50
La Libra Association a tenu sa première réunion avec les 21 membres restants,
plus de 1500 entreprises auraient manifesté leur désir d'adhésion, mais seules 180 sont éligibles

Depuis l’an dernier, Facebook traverse des moments difficiles. En effet, le réseau social est accusé de n’avoir pas fait assez pour protéger les données personnelles des utilisateurs et d’avoir laissé les fausses nouvelles et la désinformation envahir sa plateforme. Au-delà du partage des données utilisateurs avec des entreprises tierces, Facebook a fait aussi l’objet d’attaques en 2018 comme le piratage de dizaines de millions de comptes, suscitant la colère des utilisateurs et des organisations de protection des droits sur Internet.

Toutefois, cette situation n’a pas empêché la plateforme de continuer à se projeter dans le futur. Après le développement de plusieurs services et produits, Facebook s'est intéressée à la cryptomonnaie. Le but est de permettre l’envoi d’argent en ligne via ses applications de messagerie instantanée (Messenger, WhatsApp et Instagram) qui sont susceptibles d'être bientôt unifiées pour fournir une expérience de type iMessage. Avec ses milliards d’utilisateurs, le calcul était vite fait : une opportunité de 19 milliards de dollars supplémentaires pour Facebook d'ici 2021 si ses plans fonctionnent bien. Les paiements pourraient alors aider Facebook à développer une toute nouvelle source de revenus en dehors de la publicité, quelque chose « dont l'entreprise a grandement besoin à ce stade de son histoire ».


Calibra, le porte-monnaie numérique pour gérer des Libra, sera opérationnel en 2020

Il a fallu attendre la mi-juin pour que Libra soit officiellement lancée. Libra doit offrir à partir du premier semestre 2020 un nouveau moyen de paiement en dehors des circuits bancaires traditionnels : elle se veut la pierre angulaire d'un tout nouvel écosystème financier sans la barrière des différentes devises. Les responsables du projet ont expliqué que les usagers disposeront sur leur smartphone d'un porte-monnaie numérique pour faire leurs achats, envoyer ou recevoir de l'argent. À cet effet, comme Alphabet, Facebook a décidé d’ouvrir une nouvelle filiale qui va s’occuper de fournir les différents services financiers autour de Libra. D'ailleurs, cette filiale a donné son nom au porte-monnaie numérique : Calibra.

« Nous partageons aujourd’hui les plans de Calibra, une nouvelle filiale de Facebook dont l’objectif est de fournir des services financiers qui permettront aux gens d’accéder au réseau Libra et de participer à ses activités. Le premier produit que Calibra introduira est un porte-monnaie numérique pour Libra, une nouvelle monnaie mondiale reposant sur la technologie blockchain. Le portefeuille sera disponible dans Messenger, WhatsApp et en tant qu'application autonome - et nous prévoyons le lancer en 2020.

« Dès le début, avec Calibra, vous pourrez envoyer Libra à quasiment tout le monde avec un smartphone, aussi facilement et instantanément que vous pourriez envoyer un message texte, sans frais. Et, avec le temps, nous espérons offrir des services supplémentaires aux particuliers et aux entreprises, comme payer des factures en appuyant sur un bouton, acheter une tasse de café avec le code d'un scanneur ou utiliser le transport en commun sans avoir à transporter du cash ou une carte de transport ».

Voici un aperçu de l’utilisation de Calibra:


Des dirigeants qui ne cachent pas leur inquiétude

Après l'annonce de Facebook, la France a manifesté son intention de veiller à ce que la communauté internationale fixe un cadre pour que la future cryptomonnaie de Facebook ne reste qu’un instrument de transaction sans devenir une monnaie souveraine par le biais du ministre des Finances.

« Que Facebook crée un instrument de transaction, pourquoi pas. En revanche, que ça devienne une monnaie souveraine, il ne peut pas en être question », a déclaré Bruno Le Maire sur Europe 1. Pour éviter une telle issue, « nous allons demander des garanties », notamment pour s’assurer que « cet instrument de transaction ne puisse être détourné par exemple pour du financement du terrorisme (...) pour le financement d’activités illicites », a-t-il ajouté.


Deux jours seulement après la présentation officielle mi-juin, la commission sénatoriale sur la souveraineté numérique s'était saisie de Libra, car cette cryptomonnaie « pourrait bouleverser les conditions d’exercice de la souveraineté des États bien au-delà du domaine monétaire ».

Quelques jours après, c'était au tour de la Banque de France de monter au créneau, par l'intermédiaire de son gouverneur François Villeroy de Galhau, pour rappeler les règles du jeu au nouveau venu : « Si l’ambition du projet est vaste, il ne pourra exister qu’en respectant les règles qui valent pour tous ».

Début juillet, des députés demandaient ainsi à Facebook de « cesser immédiatement ses plans de mise en œuvre » à cause « de sérieuses préoccupations en matière de vie privée, de commerce, de sécurité nationale et de politique monétaire ».

Le même mois, les démocrates au Congrès ont étudié un nouveau projet de loi qui mettrait un terme aux ambitions de Facebook dans l’univers des cryptomonnaies. Le nouveau projet de loi, baptisé « ;Keep Big Tech Out of Finance Act ;» (ou loi pour tenir les géants de la Tech à l’écart de la finance), interdirait explicitement aux grandes entreprises d’Internet de fonctionner comme des institutions bancaires ou d’émettre des monnaies numériques. Cette proposition de loi viserait directement la firme de Menlo Park et son projet Libra.

En septembre, Bruno le Maire a déclaré : « Libra soulève aussi un risque systémique à partir du moment ou il y a deux milliards de consommateurs. Toute défaillance dans le fonctionnement de cette monnaie, dans la gestion de ses réserves pourraient créer des désordres financiers considérables ». Pour le ministre de l’Économie et des Finances, les griefs sont nombreux : risques d’abus de position et de souveraineté, aussi bien pour les consommateurs que les entreprises. « Toutes ces préoccupations sur Libra sont sérieuses, je veux dire donc avec beaucoup de clarté [que] dans ces conditions nous ne pouvons pas autoriser le développement de Libra sur le sol européen ».

Une pression énorme qui provoque des départs

Les effets de la pression se sont d'abord fait ressentir fin septembre par l'intermédiaire de Bertrand Perez, le directeur général de l’association Libra. En effet, alors que la date de lancement était prévue pour juin 2020, il indiquait qu'elle « pourrait glisser sans problème d’un ou deux trimestres », le temps de dialoguer avec les organismes. « L’important, c’est de nous conformer aux (exigences) des organes de tutelle [...] Nous savions qu’il allait falloir répondre à de nombreuses questions de la part des régulateurs des deux côtés de l’Atlantique et d’autres parties du monde », expliquait-il.

Mais un virage a eu lieu lorsque PayPal, la société américaine de traitement de paiements, a décidé de se retirer de la liste des entreprises qui soutenaient ce projet.

Ce retrait de PayPal a fait de la société le premier membre ayant quitté l’association Libra de Facebook. La société n’a pas donné de raisons particulières pouvant expliquer son retrait de ce projet. Mais d’après certains médias, PayPal avait déjà commencé à prendre ses distances avec ce projet à cause de certains points d’ordre règlementaire sur lesquels la société avait des inquiétudes. Notamment la manière dont la plateforme luttera contre le blanchiment d’argent, et la requête qu’elle a reçue du Trésor américain à ce sujet, a sans doute précipité sa décision.

Toutefois, la société PayPal a fait savoir que Facebook reste pour elle un partenaire stratégique et qu’à ce titre, elle continuera à le soutenir à divers titres. En réponse à tout ceci, Dante Disparte, responsable des politiques et des communications de l’Association Libra, a tout simplement fait savoir que l’association était consciente des défis qui l’attendent dans son projet de reconfiguration du système financier : « Le voyage sera long et difficile. Le type de changement qui reconfigurera le système financier en fonction des personnes, et non des institutions qui les servent, sera difficile. L'engagement dans cette mission est plus important pour nous que toute autre chose. Il vaut mieux connaître ce manque d'engagement maintenant plutôt que plus tard ».

D'autres ont suivi PayPal, notamment MasterCard, Visa, eBay, Stripe, Mercado Pago et enfin Booking. Soit un quart tout de même de l'ensemble des membres initiaux (7 sur 28). L'association Libra compte désormais 21 membres : Anchorage, Mercy Corps, Andreessen Horowitz, PayU, Bison Trails, Ribbit Capital, Breakthrough Initiatives, Spotify, Calibra, Thrive Capital, Coinbase, Uber, Creative Destruction Lab, Union Square Ventures, Farfetch UK, Vodafone, Iliad, Women's World Banking, Kiva Microfunds, Xapo Holdings et Lyft.

Il faut noter qu'une lettre a été envoyée par les sénateurs Brian Schatz et Sherrod Brown à Stripe, Visa et MasterCard pour les « mettre en garde » sur le projet Libra. « Vous devriez être inquiet que toute faiblesse dans le système de gestion des risques de Facebook devienne une faiblesse dans vos propres systèmes et que vous ne puissiez peut-être pas l'atténuer efficacement », indiquent les deux sénateurs. La missive est datée du 8 octobre, les défections ont été annoncées officiellement le 11.


Brian Armstrong, patron et cofondateur de Coinbase (qui fait partie des 21 membres restants de Libra), n'a pas apprécié cette lettre, évoquant une position « très antiaméricaine » : « Peu importe ce que vous pensez de Libra. Si ce n'est pas un outil ou une innovation utiles, les gens ne l'utiliseront pas. Pourquoi passer par la tactique de l'intimidation ? Cela s'appellerait un comportement anticoncurrentiel/monopolistique si une entreprise privée le faisait ».

Une première réunion dans un climat tendu

C'est dans ce contexte que s'est tenue lundi la première réunion des membres de l'association, ainsi que la première réunion du conseil de direction de Libra qui comprend cinq personnes élues : Matthew Davie (Kiva Microfunds), Patrick Ellis (PayU), Katie Haun (Andreessen Horowitz), David Marcus (Calibra/Facebook) et Wences Casares (Xapo Holdings Limited). Bertrand Perez (ancien de chez PayPal et directeur général de Libra depuis juin 2019) a de son côté été nommé secrétaire général du conseil des membres et du conseil de direction. Il est secondé par Dante Disparte dans les deux cas.

Représentée par Patrick Ellis, PayU est la seule entreprise de paiement conventionnelle à rester dans l’Association Libra après le départ de fournisseurs de paiement plus connus tels que Visa et Mastercard. Libra va devoir interagir avec le système financier traditionnel, ce qui sera beaucoup plus facile avec l’aide active des sociétés financières conventionnelles. Les entreprises de paiement conventionnelles sont dépendantes des régulateurs financiers. Elles ont donc une raison particulière d'éviter de participer à un projet qui risquerait d’irriter les décideurs politiques.

Officiellement, Facebook, via sa filiale de cryptomonnaie Calibra, n’est que l’un des 21 membres de l’association, chacun disposant du même droit de vote. Facebook a déclaré qu'il espérait élargir le nombre de membres de l'organisation à plus de 100 organisations d'ici le lancement du réseau de paiement Libra en 2020.


En France, Iliad est la seule société partenaire de Libra pour ce lancement. Face aux réticences des régulateurs, Xavier Niel a estimé que « Libra existera comme les 1 600 autres monnaies virtuelles d'ores et déjà disponibles en France, c'est inéluctable, avec ou sans nous, que les États le souhaitent ou pas ».

Et de préciser que « Libra est simplement une proxi-monnaie, c'est-à-dire une monnaie qui repose sur des devises déjà existantes au prorata de leur usage dans le commerce mondial. Ce système est structurellement plus stable, une valeur refuge dans de nombreux pays en cas d'instabilité monétaire ». S'il reconnaît que les inquiétudes sont légitimes, « il faut y apporter des réponses, sans tenter de l'interdire, sans même en mesurer les avantages pour tous. La prudence ne signifie pas la défiance ».

Enfin, il affirme que « Libra est un projet fiable, constructif, exigeant et conforme aux intérêts de notre pays. Ce n'est pas la monnaie de Facebook, mais la monnaie d'acteurs qui se sont réunis autour d'une grande idée ».

Lundi, l'association Libra a affirmé que 1 500 organisations avaient manifesté leur intérêt pour l'adhésion. Le groupe affirme qu'environ 180 de ces sociétés répondent aux critères d'adhésion de la Libra Association. Ces critères varient en fonction du type d'organisation, mais ils incluent la capitalisation boursière (pour les entreprises), le montant des dépôts financiers (pour les institutions financières) et le budget annuel (pour les organisations à but non lucratif).

Les membres devraient chacun contribuer 10 millions de dollars pour soutenir le développement de Libra. Il n'est pas clair si les organisations ont apporté leurs contributions à la réunion de lundi ou si cela se produira à une date ultérieure.

Sources : Libra, Brian Armstrong

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Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 14/10/2019 à 15:20
Open Libra, un fork du projet Libra, se présente comme une alternative « non gérée par Facebook »
qui va rester compatible avec Libra sur le plan technique

Visa, Mastercard, eBay, Stripe et Mercado Pago, membres fondateurs de la Libra Association, ont annoncé vendredi qu’ils abandonnent le projet de cryptomonnaie Libra. Cette nouvelle est survenue une semaine après l'annonce du retrait de PayPal, alors que les organismes de réglementation gouvernementaux continuent d'examiner minutieusement les plans de la nouvelle monnaie électronique.

Le retrait du projet des principales sociétés de paiement, dont Mastercard et Visa Inc., est un problème sérieux pour le projet naissant et les efforts ambitieux de Facebook Inc. pour établir une monnaie numérique d’envergure mondiale. Ces retraits signifient que la Libra Association ne peut pas compter sur ces processeurs de paiement américain majeurs pour aider les consommateurs à convertir leur monnaie en Libra et faciliter leurs transactions. Les autres membres de l'association, dont Lyft et Vodafone, sont principalement des sociétés de capital-risque, de télécommunications, de blockchain et de technologie, ainsi que des groupes sans but lucratif.

Dans un communiqué, un porte-parole de Visa a déclaré vendredi que la société « continuera à évaluer et notre décision finale sera déterminée par un certain nombre de facteurs, y compris la capacité de l'association à satisfaire pleinement toutes les attentes réglementaires requises. L'intérêt soutenu de Visa pour la Libra découle de notre conviction que des réseaux bien réglementés basés sur une blockchain pourraient étendre la valeur des paiements numériques sécurisés à un plus grand nombre de personnes et d'endroits, en particulier dans les marchés émergents et en développement ».

La société de paiement par internet pour les professionnels Stripe a donné une explication similaire pour son retrait. « Stripe soutient des projets qui visent à rendre le commerce en ligne plus accessible pour les gens du monde entier », a déclaré le porte-parole de la société. « La Libra a ce potentiel. Nous suivrons ses progrès de près et resterons ouverts à travailler avec La Libra Association à un stade ultérieur ».

eBay a abordé dans le même sens que les deux premières sociétés. « Nous respectons hautement la vision de la Libra Association », a déclaré la compagnie dans un communiqué. « Toutefois, eBay a pris la décision de ne pas aller de l'avant en tant que membre fondateur. En ce moment, nous nous concentrons sur le déploiement de l'expérience de paiement géré d'eBay pour nos clients », a-t-elle ajouté.


La solution se trouve-t-elle dans OpenLibra ?

Trente sociétés de blockchain et organisations à but non lucratif différentes envisagent de lancer un fork du projet Libra de Facebook, pour créer leur propre version sans autorisation baptisée OpenLibra. Alors que la cryptomonnaie à venir Libra de Facebook lutte pour plaire à ses partenaires et aux régulateurs, cette alternative espère pouvoir remédier à certaines de ses lacunes potentielles.

Annoncé lors de la conférence Devcon 5 de la fondation Ethereum à Osaka, au Japon, OpenLibra est décrit comme une « plateforme ouverte pour l'inclusion financière », avec une touche particulière : « Non gérée par Facebook ».

« OpenLibra est une plateforme technologique et une devise d'inclusion financière. Une alternative à la Libra de Facebook, qui met l'accent sur la gouvernance ouverte et la décentralisation économique. Le projet OpenLibra est un collectif informel d'individus. Nous n'avons ni "membres d'association", "partenaires", ni "employés" ni "leaders". Nous appartenons à des projets de blockchain et à des fondations à but non lucratif parmi les meilleurs de notre catégorie et travaillons sur une solution crypto-native concernant la Libra.

OpenLibra vise à être compatible avec Libra sur le plan technique, ce qui signifie que toute personne créant une application sur la plateforme Libra devrait également pouvoir la déployer facilement dans OpenLibra. La valeur du jeton OpenLibra sera indexée sur la valeur du jeton Libra. « Notre stratégie consiste à exploiter les atouts de la Libra, mais à l’étendre là où cela est nécessaire. OpenLibra se veut techniquement et financièrement compatible, embrassant ce qui est puissant ».


Quels sont les problèmes avec l'approche de Facebook ?

Facebook et ses partenaires créent un écosystème bancaire et monétaire numérique qui atteindra 4 milliards d'humains. Leur objectif est de remplacer l'infrastructure financière existante et de concurrencer les banques traditionnelles (et les banques centrales) du monde entier.

Les éditeurs notent que, telle que conçue, la plateforme Libra :
  • sera distribuée, mais non décentralisée ;
  • nécessite des autorisations pour une interaction avec elle ;
  • n'aura pas de garanties de confidentialité ;
  • sera dirigée par une ploutocratie (gouvernement par les plus fortunés).

Les éditeurs notent qu'un certain nombre de caractéristiques de la Libra sont utiles et peuvent même transformer les plus vulnérables. Mais leurs plans déclarés peuvent conduire à des résultats inquiétants :
  • Le jeton Libra serait régi par un groupe fermé de sociétés. Les gens du monde entier, même s'ils ne sont pas des utilisateurs de Facebook, feront partie du réseau Libra, mais n'auront aucun recours direct aux politiques de l'association. Si la Libra devient la banque centrale de l’Internet, il devient urgent de mettre en place une forme de gouvernance plus inclusive.
  • La valeur revient aux fondateurs. La valeur créée au sein de l'écosystème de la Libra sera capturée par les quelques sociétés qui font déjà partie du consortium. À ce jour, Facebook n'a pas l'intention d'inclure plus de partenaires dans le consortium ou de redistribuer les recettes avec plus d'acteurs au sein de leur réseau.
  • Le financement de la surveillance. La capacité d'une personne à s'engager financièrement (par exemple, emprunter en Libra) sera potentiellement déterminée par son graphique social et son activité en ligne.

« Malgré les oppositions des États-nations, nous pensons que Facebook atteindra probablement son objectif. Les gouvernements des pays de l’OCDE se concentreront sur leurs propres résultats et n’ont en réalité que peu de pouvoir législatif pour s’opposer à une force transnationale telle que la Libra de Facebook. Pour cette raison, nous créons OpenLibra ».


Alors que Libra sera une blockchain autorisée (ce qui signifie en gros que seules les parties autorisées pourront exécuter un nœud Libra), OpenLibra sera sans permission dès le début. Il y a aussi une différence importante dans la gouvernance. La Libra sera initialement gérée par une fondation comprenant jusqu'à 100 sociétés et organisations à but non lucratif. La manière dont OpenLibra sera gouvernée n’est pas tout à fait claire, mais l’équipe principale du projet, composée de 26 personnes, comprend des personnes liées à des projets de cryptomonnaies tels qu'Ethereum et Cosmos.

Lucas Geiger, cofondateur de la startup crypto Wireline (et membre de l'équipe principale mentionnée ci-dessus), a dévoilé mardi le projet OpenLibra sur la scène de Devcon. Selon CoinDesk, il a déclaré que les personnes et les organisations exploitant OpenLibra avaient « moins de responsabilités réglementaires que Facebook », et que les membres étaient décentralisés « non seulement géographiquement, mais aussi politiquement et économiquement ».

En ce qui concerne le financement, Geiger indique que les dépenses du projet sont initialement couvertes par une subvention de la Fondation Interchain, qui soutient les développeurs de Cosmos, et que d’autres subventions seront versées.

Jusqu'à présent, le projet OpenLibra a publié une version sans autorisation de la machine virtuelle Libra sur GitHub. Contrairement à la Libra de Facebook, les calculs de code sur OpenLibra, appelés « MoveMint », s’exécutent sur un logiciel blockchain Tendermint spécialement conçu pour être utilisé sur des plateformes publiques blockchain telles que Cosmos.

« Vous pouvez simplement faire un glisser-déposer sur OpenLibra de tout ce qui fonctionne sur la Libra de Facebook. Les finances fonctionneront de la même manière. Le code fonctionnera de la même manière », a déclaré Geiger. Ce dernier a précisé que l'idée de la Libra et de sa technologie était non seulement brillante, mais « susceptible de devenir la monnaie de l'internet ». Il a résumé en cette expression : « en Libra nous avons confiance, en Facebook non » (« In Libra we trust, in Facebook we don’t »).

Source : OpenLibra, déclarations de Geiger

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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 07/02/2020 à 12:25
MasterCard a quitté Libra en raison de ses préoccupations concernant la conformité, la monétisation et l'ingérence de Facebook dans les transactions,
selon Ajay Banga, PDG de MasterCard

MasterCard, Visa et Stripe ont quitté le projet Libra de FACEBOOK en octobre dernier. L'initiative de cryptomonnaie de FACEBOOK s’est très vite retrouvée sans les principaux cadors de la finance qui le soutenaient au début. Quelques mois plus tard, dans une interview accordée au média britannique Financial Times, le PDG de MasterCard, Ajay Banga, a déclaré qu’il s’est retiré du projet Libra de FACEBOOK principalement à cause de ses inquiétudes sur la conformité de la monnaie virtuelle, la fabrication d’argent ainsi que les portefeuilles.

Après le retrait des plus grandes sociétés de paiement comme Visa ou PayPal du projet Libra, beaucoup d’entre elles n’ont pas fourni d’explications sur ce qui a motivé leur départ du projet. Mais cette semaine, Ajay Banga est passé aux aveux et a livré au Financial Times pourquoi sa société et lui se sont retirés. Il s'est retiré parce que les dirigeants de Libra ne voulaient pas s'engager à respecter les lois. Il ne voyait pas comment Libra pourrait rapporter de l'argent, et il s’est dit choqué par le projet de FACEBOOK de stocker les pièces dans ses portefeuilles numériques Calibra.

Selon ses explications, sa société et lui ne sachant pas de quelle façon Libra leur rapportera de l’argent, il était inquiet de gagner de l’argent par des moyens peu scrupuleux. « Quand vous ne comprenez pas comment l'argent se fait, il se fait d'une manière que vous n'aimez pas », a-t-il déclaré. Banga a également nourri d’inquiétude sur la façon dont FACEBOOK comptait stocker les pièces des utilisateurs. Pourquoi garder les pièces dans son portefeuille numérique, Calibra, alors qu’il présente Libra comme un réseau décentralisé alimenté par divers partenaires ?


« Il est passé de cette idée altruiste à son propre portefeuille », a déclaré Banga au journal. « Je me suis dit : ça ne sonne pas bien ». Banga s'est demandé comment le réseau pourrait être financièrement inclusif si les personnes qui sont payées en pièces de monnaie en Libra doivent les stocker dans des portefeuilles en Calibra avant de les reconvertir en dollars pour acheter des marchandises. « Je ne comprends pas comment cela fonctionne », a-t-il déclaré. Les plans de FACEBOOK concernant la Balance ont fait l'objet d'un examen approfondi ces derniers mois.

En effet, Libra, la monnaie virtuelle de FACEBOOK a été dévoilée au grand public en juin 2019. À la longue, elle est censée permettre d'acheter des biens et services ou bien d'envoyer de l'argent aussi facilement qu'un message instantané. Mais très vite, les instances de réglementation aux USA et à l'international s’en sont mêlées et le projet a été comme remis au placard pour le moment. Libra a soulevé plusieurs inquiétudes quant à sa stabilité financière, le blanchiment d'argent, la protection de la vie privée ou encore la confidentialité des utilisateurs.

Selon Jerome Powell, le président de la FED (la Réserve fédérale des États-Unis), ces inquiétudes doivent être bien traitées avant d’aller plus loin. Le président Donald Trump a aussi attaqué FACEBOOK et d’autres cryptomonnaies en demandant aux entreprises de rechercher une charte bancaire et de se soumettre à la réglementation dans le pays et dans le monde si elles souhaitent « devenir une banque ». Le ministre français de l’Économie, Bruno le Maire, a lui déclaré que Libra ne remplit pas les conditions nécessaires pour être une monnaie courante dans le pays.

Les régulateurs de la concurrence de l'UE analysent Libra. Dans le pays d’origine de la monnaie, les législateurs américains ont interrogé le PDG Mark Zuckerberg en octobre sur des sujets tels que le traitement des données financières par FACEBOOK, sa coopération avec les régulateurs et les raisons pour lesquelles il veut développer un substitut au dollar. Au cours de l'audience, Mark Zuckerberg a tout simplement déclaré que « FACEBOOK ne lancera pas de cryptomonnaie dans le pays tant que les régulateurs n'auront pas donné leur approbation ».

Source : Financial Times

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Que pensez-vous des raisons avancées par Ajay Banga ?

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« Les conditions ne sont pas remplies pour que la France accepte l'utilisation de Libra », a déclaré Bruno Le Maire
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Avatar de ddoumeche
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 28/11/2020 à 12:21
J'attend patiemment de voir le premier péquin venu se faire confisquer ses libras pour un commentaire désobligeant sur une photo quelconque. Déjà on lui clôturera son compte, donc son portefeuille, d'un claquement de doigt.
Et il s'agit bien là d'argent de monopoly saisissable instantanément, et pour lequel vous n'avez aucun recours juridique.
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Avatar de pierre-y
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 27/11/2020 à 19:32
On n'a plus le droit de battre notre monnaie mais une entreprise elle le peut...
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 02/12/2020 à 19:48
La Libra Association change de nom et devient la Diem Association « qui marque un nouveau jour pour le projet »,
elle voudrait travailler son image avant le lancement de la cryptomonnaie de Facebook prévu pour janvier 2021

En juin 2019, Facebook a lancé officiellement Libra, une cryptomonnaie censée permettre d'acheter des biens ou d'envoyer de l'argent aussi facilement qu'un message instantané. En s'attaquant au domaine des cryptomonnaies, Facebook s'est lancé un défi de taille, tant il fait lui-même l'objet d'une grave crise de confiance après une série de scandales autour de sa gestion des données personnelles.

Libra était présentée comme une cryptomonnaie libérée des États, des banques centrales et du système financier traditionnel. Une monnaie universelle et décentralisée, portée par le plus grand réseau social au monde, soutenue par de grands acteurs du paiement (PayPal, Visa, MasterCard…), accessible — aussi — à ceux qui n'ont pas accès aux banques.

Il est convenu que la monnaie sera gérée par la Libra Association, une fondation sans but lucratif dont Facebook ne sera qu'une des organisations cofondatrices.

La Libra Association est une association indépendante à but non lucratif composée au départ de 28 membres et basée à Genève, en Suisse. Elle supervisera les décisions majeures concernant la cryptomonnaie. Les membres fondateurs incluent Mastercard Inc (MA.N), Visa Inc (VN), Spotify Technology SA (SPOT.N), PayPal Holdings Inc (PYPL.O), eBay Inc (EBAY.O), Uber Technologies Inc (UBER.N). et Vodafone Group Plc (VOD.L), ainsi que les sociétés de capital-risque Andreessen Horowitz et Thrive Capital. Il faut investir au minimum 10 millions de dollars, à l'exception des membres à but non lucratif tels que le groupe d'inclusion financière Kiva. L'association vise à avoir 100 membres par lancement. Chacun aura un vote sur des questions importantes. Facebook sera membre via Calibra, une filiale nouvellement créée qui offrira un portefeuille numérique pour Libra.

Seulement, les obstacles se font de plus en plus haut ; dans le sillage des scandales éclaboussant Facebook, des craintes des régulateurs qui ont exigé des garanties sur la provenance des fonds, la stabilité financière ou la protection des données personnelles, certains membres quittent le navire. En effet, sept des membres les plus importants du projet Libra, dont PayPal, Stripe, Visa, eBay et Mastercard, se sont retirés du projet au fur et à mesure des déclarations des régulateurs financiers de nombreux pays.

Le bout du tunnel semble de plus en plus loin pour Facebook et la date de lancement s'éloigne de plus en plus des prévisions de départ.


Comme une éclaircie, le Financial Times a rapporté fin novembre que la cryptomonnaie de Facebook devrait être lancée en janvier 2021, mais dans une version limitée pour commencer (elle ne devrait donc être accepté que par un nombre restreint de partenaires parmi lesquels Uber et Spotify en tant que membre de l'association). Ce sera une stablecoin adossée au dollar (1 Libra dollar vaudra 1 dollar). Il ne manquerait plus, en réalité, que l'accord de la Swiss Financial Market Supervisory Authority (le siège de la Libra Association étant installé à Genève), pour que la cryptomonnaie puisse être opérationnelle.

Le groupe américain veut lancer ensuite les autres déclinaisons de sa monnaie adossées aux grandes monnaies comme l'euro, yen ou livre sterling. Il couvrira ainsi tous les grands marchés. Il avait renoncé à son projet initial ambitieux d'avoir une seule crypto adossée à un panier de devises (euro, dollar, yen…).

Nouveau départ pour la Libra Association ?

Le timing de l'annonce peut ressembler à un soupir de soulagement et à un désir de prouver au public que l'association voudrait s'éloigner le plus possible du regard de suspicion porté à Facebook quant à son entrée dans cette industrie. La Libra a décidé de changer son nom de baptême.

Dans un billet de blog, elle avance :

« L'Association Libra annonce l'adoption d'un nouveau nom et le recrutement de cadres clés, renforçant son indépendance organisationnelle. Passant maintenant au nom "Diem", qui marque un nouveau jour pour le projet, l'Association Diem continuera à poursuivre une mission de construction d'un système de paiement sûr, sécurisé et conforme qui autonomise les personnes et les entreprises du monde entier. L’Association s’est attachée à faire en sorte que le projet soit conçu pour répondre aux attentes réglementaires, conformément aux principes directeurs de l’Association en matière d’innovation, d’inclusion et d’intégrité ».

« Le projet Diem fournira une plateforme simple pour que l’innovation fintech prospère et permette aux consommateurs et aux entreprises de mener des transactions instantanées, peu coûteuses et hautement sécurisées », a déclaré Stuart Levey, PDG de Diem Association. « Nous nous engageons à le faire de manière à promouvoir l'inclusion financière - en élargissant l'accès à ceux qui en ont le plus besoin et en protégeant simultanément l'intégrité du système financier en dissuadant et en détectant les comportements illicites. Nous sommes ravis de présenter Diem - un nouveau nom qui marque la maturité et l'indépendance croissantes du projet ».

Dans le cadre des efforts visant à obtenir l'approbation réglementaire et à progresser vers le lancement, Diem a récemment attiré un groupe de professionnels de classe mondiale pour aider à diriger l'Association et Diem Networks, la filiale qui est l'opérateur du système de paiement réglementé. Cela comprend la nomination de Dahlia Malkhi en tant que chef de la technologie de l’association, Christy Clark en tant que chef de cabinet, Steve Bunnell en tant que chef des affaires juridiques et Kiran Raj en tant que vice-président exécutif pour la croissance et l’innovation et avocat général adjoint.

En outre, Diem Networks a récemment annoncé la nomination de James Emmett en tant que directeur général, Sterling Daines, en tant que chef de la conformité, Ian Jenkins en tant que directeur financier et des risques, et Saumya Bhavsar en tant que directeur juridique. « Il s'agit d'un groupe exceptionnel de cadres et la mise en place du Comité exécutif de Diem Networks aux côtés des dirigeants et collègues existants est une étape cruciale pour que Diem fonctionne avec une autonomie appropriée », a déclaré Levey.

Avec l'équipe désormais en place, l'Association Diem donne la priorité à la préparation technologique et opérationnelle pour le lancement. « L'évolution du projet résulte d'un engagement continu constructif avec les gouvernements, les régulateurs et d'autres parties prenantes clés », a déclaré Levey. Il existe un consensus croissant dans le monde entier sur la nécessité de moderniser l'infrastructure financière et les cadres réglementaires pour répondre aux demandes changeantes des consommateurs et suivre le rythme de l'innovation mondiale dans les paiements numériques. L'Association s'est engagée à ne procéder qu'après avoir reçu l'approbation réglementaire, y compris une licence de systèmes de paiement pour la filiale opérationnelle de l'Association de la FINMA. Le processus d'autorisation est en cours et la filiale opérationnelle de l'Association entretient un dialogue actif et productif avec la FINMA.


Un changement de nom qui fait suite au changement du nom de la filiale de Facebook

Ce n’est plus Calibra qui sera propriétaire du wallet, la compagnie ayant subi un procès pour contrefaçon de marque avec son logo trop similaire à Current. Le 26 mai 2020, Facebook a annoncé que Calibra devenait Novi :

« Aujourd'hui, nous sommes ravis de présenter Novi, le nouveau nom et la nouvelle marque du portefeuille numérique qui aideront les gens à envoyer et à conserver des devises numériques Libra. Bien que nous ayons changé le nom de Calibra, nous n’avons pas changé notre engagement à long terme à aider les gens du monde entier à accéder à des services financiers abordables. Que vous envoyiez de l'argent à la maison pour soutenir les membres de votre famille qui vous ont soutenu ou que vous receviez de l'argent de vos amis, où qu'ils se trouvent, le portefeuille Novi fera que l'argent fonctionne mieux pour tout le monde.

« Novi a été inspiré par les mots latins "novus" pour "nouveau" et "via" pour "chemin". C’est une nouvelle façon d’envoyer de l’argent, et la nouvelle identité visuelle et le design de Novi représentent le mouvement fluide des monnaies numériques. Nous avons également inclus un clin d'œil à l'icône Libra dans le logo de la marque pour souligner notre engagement envers le réseau Libra.

« Avec Novi, envoyer de l'argent sera aussi simple que d'envoyer un message. Vous pourrez utiliser Novi en tant qu'application autonome, ainsi que dans Messenger et WhatsApp. Il n'y aura pas de frais cachés pour ajouter, envoyer, recevoir ou retirer de l'argent et vos transferts arriveront instantanément. Tous les clients Novi seront vérifiés à l'aide d'une pièce d'identité émise par le gouvernement et des protections contre la fraude seront intégrées dans toute l'application. Et, chaque fois que vous en avez besoin, vous aurez accès 24h / 24 et 7j / 7 à notre équipe d'assistance et de service client par chat.

« Notre espoir est de présenter une première version de Novi lorsque le réseau Libra sera disponible. Nous allons le déployer dans un premier ensemble de pays, avec des fonctionnalités qui rendront les transferts d'argent transfrontaliers instantanés, sécurisés et sans frais cachés ».

Source : Diem, Facebook (Novi)

Et vous ?

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Avatar de Axel Lecomte
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 04/03/2020 à 15:07
Libra : Facebook révise ses plans pour lancer sa cryptomonnaie
malgré les critiques qui s'abattent sur la société depuis le lancement du projet

Le projet de monnaie numérique de Facebook ne cesse de rencontrer des obstacles. Le dernier en date : l'annonce faite par la société américaine indiquant que Libra ne sera pas, pour l'instant, disponible sur ses propres services, suite aux pressions des régulateurs.

Toutefois, Facebook ne veut pas abandonner son objectif de lancer la nouvelle monnaie numérique. Et en attendant, il cherche des solutions pour atteindre ce but dans le cadre d'un examen réglementaire.

En effet, si le site The Information a révélé, après s'être entretenu avec « trois personnes connaissant bien le sujet », que Facebook envisagerait pour l'instant de proposer des versions numériques de monnaies soutenues par les gouvernements comme l'euro ou le dollar, Dante Disparte, responsable du projet, a rapidement réagi dans une déclaration relayée par la BBC, en affirmant que Facebook « reste pleinement engagé dans le projet ».

Dante Disparte ajoute également que « la Libra Association n'a pas modifié son objectif de construire un réseau de paiement mondial conforme à la réglementation, et les principes de conception de base qui soutiennent cet objectif n'ont pas été modifiés ni le potentiel de ce réseau pour favoriser l'innovation future ».


Lancé en juin 2019, le projet a suscité des critiques de toute part. Juste un mois après, c'est Donald Trump qui a par exemple annoncé son opposition à Libra. « Si Facebook et d'autres entreprises veulent devenir une banque, elles doivent rechercher une nouvelle charte bancaire et être soumises à toutes les réglementations bancaires, à l'instar des autres banques, nationales et internationales », a alors affirmé le président américain sur Twitter.

D'ailleurs, le président de la réserve fédérale des États-Unis (FED), Jerome Powell, avait demandé en juillet dernier à Facebook de suspendre le projet en attendant la dissipation des inquiétudes des régulateurs du marché financier. « Libra soulève de nombreuses et sérieuses préoccupations en ce qui concerne la protection de la vie privée, le blanchiment d'argent, la protection des consommateurs et la stabilité financière », a-t-il affirmé.

Si au début, le projet avait regroupé 28 organisations, Mastercard a été la première à se retirer, le 4 octobre dernier, suivie par cinq autres le 11 octobre (Visa, Mastercard, Stripe, Ebay et Mercado Pago), Booking holdings le 14 octobre et récemment Vodafone le 23 janvier.

Le 24 octobre, face aux élus américains de la commission parlementaire des services financiers, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook avait déclaré : « la Libra Association est séparée de Facebook. Si je vois que nous n'arrivons pas à continuer en accord avec les principes que j'établis, alors Facebook se retirera du projet ».

En Europe, Bruno Le Maire, ministre français de l'économie avait notamment annoncé le 18 octobre dernier que la France, l'Italie et l'Allemagne sont en train de mettre au point plusieurs mesures afin d'interdire la Libra dans le Vieux Continent. « Nous n'accepterons pas qu'une entreprise multinationale privée ait la même puissance monétaire que les États souverains qui sont soumis au contrôle démocratique, car la grande différence entre Facebook et les États, c'est que nous sommes soumis au contrôle démocratique, c'est-à-dire au contrôle du peuple », a-t-il avancé.

Sources : The Information, BBC

Et vous ?

Est-ce que Libra pourrait voir le jour d'après vous ? Si oui, comment ?

Voir aussi :

MasterCard a quitté Libra en raison de ses préoccupations concernant la conformité, la monétisation et l'ingérence de Facebook dans les transactions, déclare Ajay Banga, PDG de MasterCard
Libra : Facebook renonce à sa vision ambitieuse sur la cryptomonnaie, suite aux pressions des régulateurs
Le président de la FED appelle Facebook à suspendre le projet Libra jusqu'à ce que les inquiétudes des régulateurs du marché financier se dissipent
Les Européens veulent interdire Libra, la monnaie numérique de Facebook, la monétaire ne devrait pas être aux mains d'une multinationale privée comme Facebook, d'après Bruno Le Maire
Cryptomonnaies : Trump s'en prend au Bitcoin et à la Libra de Facebook,
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Avatar de Mingolito
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 24/10/2019 à 16:06
De toute façon c'est pas gagné, les USA et l'Europe sont contre, et c'est pas le moment de faire le malin pour Zuckerberg, Facebook est sous le coup d'une enquête antitrust aux USA, et plusieurs politiques US veulent clairement démanteler son empire.
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Avatar de spyserver
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 24/10/2019 à 16:14
Ok pour le danger de Libra qui revient à faire un système centralisé mais le fait de l'interdire par des lois va empêcher tout autre projet de crypto futur plus sain (comme open libra par ex) et cela va laisser un boulevard aux banques qui vont s'en frotter les mains car elles sont déjà fragilisées par les taux bas mais avec l'avènement d'une cryptomonnaie mondiale, ça n'arrange aucun des acteurs historiques (les banques, les plateformes de paiement VISA,Mastercard et cie) et ça enfonce encore plus le clou, mais par contre en principe nous les utilisateurs on est gagnant si le système est ouvert.
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Avatar de Voyvode
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 28/12/2019 à 23:34
Citation Envoyé par calvaire Voir le message
Mais ne soyons pas dramatique car si nous vivions dans un tels monde es ce que se serait pire pour nous ? par sur... les dirigeants sont déjà plus ou moins esclave des grands groupes et en France on vote déjà des lois liberticide comme la loi Avia récemment alors...
Bah voyons, entre se faire pousser dans le trou ou y sauter de soi-même, quelle différence ?

La grosse différence entre un homme politique et un homme d'affaires, c'est que l'homme politique est chargé d'une mission d'État, alors que l'homme d'affaires s'occupe d'abord d'un profit personnel. Bien sûr, cette distinction n'est pas aussi nette dans la réalité (elle est même largement bafouée) mais ce n'est pas une raison pour s'en débarasser. L'intérêt collectif et l'intérêt personnel sont deux choses différentes, même s'ils sont entremêlés.

Citation Envoyé par calvaire Voir le message
Au final entre voter pour un président ou un PDG quel différence aujourd'hui ?
D'un côté, tu votes parce que tu es citoyen. C'est un droit, et il est le même pour tous.
De l'autre côté, tu votes parce que tu es actionnaire. C'est une richesse, et plus tu es un gros actionnaire, plus tu es favorisé.

Confondre les deux, c'est faire un grand bond en arrière.
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