Nombreux sont les sites pornographiques qui sont injectés de traceurs issus d'entreprises technologiques
Comme Facebook et Google

Le , par Stéphane le calme

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Des traceurs d'entreprises technologiques comme Google et Facebook enregistrent vos informations de navigation les plus personnelles, selon une étude au cours de laquelle ont été numérisés 22 484 sites Web pornographiques. La destination finale de ces données n’est pas toujours claire.

« Ces sites pornographiques doivent réfléchir davantage aux données qu’ils détiennent et à leur sensibilité au même titre qu’à des informations de santé », a déclaré Elena Maris, chercheuse postdoctorale et auteure principale de l’étude. « La protection de ces données est cruciale pour la sécurité de ses visiteurs. Et ce que nous avons vu suggère que ces sites Web et plateformes n’auraient peut-être pas pensé à tout cela comme ils auraient dû le faire ».

Les autres auteurs de l’étude, Jennifer Henrichsen, candidate au doctorat à l’Université de Pennsylvanie, et Tim Libert, enseignant en informatique à Carnegie Mellon, ont découvert que 93% des sites Web pornographiques analysés avaient envoyé des données à une moyenne de sept domaines tiers. Les auteurs ont utilisé webXray, un outil open source qui détecte et met en correspondance des données tierces. La plupart de ces informations (79% des sites Web qui ont transmis des données d'utilisateurs) ont été envoyées via des cookies de suivi provenant d'entreprises externes.

Le pistage varie sur le Web. Les utilisateurs sont fréquemment suivis via des cookies, qui sont des morceaux de texte téléchargés par votre navigateur Web lorsque vous visitez un site. D'autres fois, les traceurs se présentent sous la forme de pixels incorporés invisibles sur votre écran. Dans la plupart des cas, ces outils aident les sites à identifier et à classer les visiteurs assidus. Ils peuvent vous aider à rester connecté à un site, enregistrer vos préférences et aider à gérer vos profils de publicité.


L'étude a révélé que Google (ou l'une de ses filiales à l'instar de la plateforme publicitaire DoubleClick) disposait de traceurs sur 74% des sites pornographiques. Les traceurs de l'éditeur de logiciels Oracle sont apparus sur 24% des sites, et Facebook, qui n'autorise ni contenu pornographique ni nudité sur aucune de ses plateformes, avait des traceurs sur 10% des sites de sexe analysés par l'étude.

Maris a déclaré que « le fait que le mécanisme de suivi des sites pour adultes ressemble à celui du commerce de détail en ligne, par exemple, devrait être un énorme drapeau rouge ». Et d'ajouter : « ce n’est plus comme choisir un pull et vous voir proposer de tels choix sur le Web. C'est tellement plus spécifique et profondément personnel ».

L'étude a révélé que seuls 17% des 22 484 sites analysés étaient chiffrés, ce qui suggère que les fichiers de données d'utilisateurs pourraient être vulnérables au piratage ou à des violations.

Pourquoi les traceurs de ces entreprises figurent sur ces sites ?

Il convient de se demander la raison pour laquelle les traceurs de ces entreprises figurent sur ces sites. Le code tiers intégré à ces sites Web est actuellement une pratique courante dans le secteur de l'édition. Plusieurs éditoriaux intègrent des traceurs similaires et collectent, utilisent et partagent des données sur les lecteurs dans le cadre de leurs pratiques commerciales. Certains traceurs, tels que ceux de Google Analytics, fournissent des données de trafic banales au site. DoubleClick et d'autres fournissent l'infrastructure permettant de diffuser des publicités.

En échange, ces sociétés tierces reçoivent des données des visiteurs du site. Les annonceurs et les plateformes soutiennent que ces données sont anonymes. Et même si certaines sont basiques (type d’appareil), d’autres informations (votre adresse IP ou le numéro d’identité publicitaire de votre téléphone) peuvent être utilisées pour procéder à un reverse engineering de votre identité et vous mettre en correspondance avec des profils marketing existants.

Ce que ces sociétés pourraient faire avec les données de navigation sur des sites pornographiques est un mystère. Oracle pourrait, par exemple, ajouter des données collectées par les traceurs avec ses profils actuels. Dans les cas de Google et de Facebook, qui refusent d’héberger des contenus sexuels pornographiques sur un certain nombre de leurs plateformes, il n’est pas toujours clair pourquoi ils collectent des informations aussi sensibles, même involontairement.


Google et Facebook veulent rassurer les internautes

Toutefois, Facebook et Google ont assuré que les informations potentielles recueillies par leurs traceurs sur des sites pornographiques n’ont pas été utilisées pour créer des profils marketing destinés à la publicité pour des particuliers.

« Nous n'autorisons pas les annonces Google sur les sites Web avec du contenu réservé aux adultes et interdisons la publicité personnalisée et les profils publicitaires basés sur les intérêts sexuels de l'utilisateur ou les activités associées en ligne », a déclaré une porte-parole de Google dans un communiqué. « De plus, les métadonnées de nos services de publicité ne transmettent jamais des informations personnellement identifiables à Google ».

Un porte-parole de Facebook a donné une explication similaire, notant que les directives de la société en matière de communauté interdisaient aux sites Web à caractère sexuel d’utiliser les outils de suivi de la société à des fins commerciales, telles que la publicité. Bien que le logiciel de suivi des pixels de Facebook puisse être installé par un tiers sur son site Web (vous n'avez pas besoin de l'autorisation de Facebook pour l'intégrer), la société a affirmé qu’elle bloque les sites pornographiques et, dans ces cas, ne collecte pas d'informations de ces propriétés. Le porte-parole a laissé entendre que, lorsque l’entreprise est au courant que des sites Web consacrés au sexe utilisent cet outil, Facebook prend rapidement des mesures.

Source : étude

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